Mardi gras : Pourquoi mange-t-on des beignets, des bugnes ou autres oreillettes ?
CARNAVAL DE SAVEURS•Le Mardi Gras, héritage de la Rome antique, servait à écouler les réserves d’hiver, notamment beurre et œufsFostine Carracillo pour 20 Minutes
L'essentiel
- Le Mardi Gras, héritage de la Rome antique, célébrait la transition vers les premiers jours de mars, marquant la fin de l’hiver. Cette journée servait aussi à écouler les réserves d’hiver, notamment beurre et œufs, instaurant ainsi la tradition des crêpes, gaufres et beignets.
- Bugnes, croustillons, pets-de-nonne ou crottes d’âne, ces délices de Mardi Gras portent des noms aussi variés que pittoresques selon les régions. Leur point commun ? La friture dans l’huile bouillante et l’enrobage de sucre glace.
- En Provence et en Corse, les oreillettes, parfois croustillantes, parfois moelleuses, dévoilent la subtilité de la fleur d’oranger et du zeste de citron. À Lyon, Mardi Gras s’illumine avec les bugnes, des délices en losange, drapés de sucre.
Dans l’effervescence des carnavals, Mardi Gras se révèle bien plus qu’une simple date sur le calendrier. C’est une symphonie de saveurs grasses, une danse culinaire où beignets, bugnes, crêpes et gaufres rivalisent de gourmandise. Mais au-delà des plaisirs de la table, cette fête, au calendrier mouvant mais toujours un mardi, rythme le quotidien de petits et grands, marquant 47 jours avant Pâques.
Mardi Gras, entre traditions païenne et chrétienne
Au cœur de la Rome antique, Mardi Gras trouve ses racines dans une fête païenne célébrant la transition vers les premiers jours de mars, signe de la fin de l’hiver et du début du printemps. Ce moment, empreint de transgressions, était marqué par le port de déguisements et des banquets d’envergure.
La coutume de Mardi Gras a ensuite progressivement trouvé refuge dans les croyances chrétiennes, marquant l’avènement du Carême, période de jeûne débutant dès le lendemain, baptisé « Jour des Cendres », et s’achevant à Pâques. Cette journée sonnait la fin du Carnaval, dérivant du latin « carnelevare », littéralement « ôter la viande ». En outre, elle servait aussi à écouler les réserves d’hiver, notamment beurre et œufs, instaurant ainsi la tradition des crêpes, gaufres et beignets.
Une coutume qui a traversé les siècles
Mardi Gras s’est mué au fil des temps. Aujourd’hui, cette fête s’est répandue à travers le globe, devenant un événement festif où les déguisements transcendent les âges. À l’instar de la Chandeleur, célébrée le 2 février, les crêpes demeurent un symbole indéfectible de Mardi Gras. Bien que le jeûne du Carême soit désormais rare, la tradition de consommer des douceurs en abondance perdure. Autres stars en cette journée de célébration : les beignets.
Tour de France des beignets de carnaval
Bugnes, croustillons, pets-de-nonne ou même crottes d’âne selon les terroirs… Des appellations aussi variées que curieuses pour évoquer ces délices emblématiques de Mardi Gras. Leur dénominateur commun ? L’immersion dans l’huile bouillante et la pluie de sucre glace.
En Provence et en Corse, les oreillettes, tantôt croustillantes, tantôt moelleuses, exhalent la douceur de la fleur d’oranger et du zeste de citron. Lyon célèbre Mardi Gras avec ses bugnes en losange, une débauche de saveurs enrobées de sucre, tandis qu’en Franche-Comté, beugnets et pets-de-nonne rivalisent, l’un à la pomme, l’autre dans la délicatesse de la pâte à choux. Du Sud-Ouest aux contrées septentrionales, une palette de plaisirs sucrés, entre merveilles variées et gaufres artisanales, célèbre la fête gourmande.
Le Shrove Tuesday ou Pancake Day
Cette journée est le pendant anglo-saxon de Mardi Gras. Elle est ainsi célébrée dans les nations de la couronne britannique. En Grande-Bretagne, les courses de crêpes campent une tradition, héritage d’une époque où une femme, distraite en préparant ses crêpes, a donné naissance à cette course effrénée vers l’église.
Autrefois, le Pancake Day était un jour quasi férié au Royaume-Uni. Dès 11 heures du matin, le carillon des cloches sonnait la fin du travail, annonçant le coup d’envoi de ces emblématiques « pancake races ». Cette tradition, maintenue depuis le milieu du XVe siècle, consiste à faire sauter une crêpe tout en courant. Le premier à franchir la ligne d’arrivée remporte la course.



















