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Les parathlètes étudiants en difficulté financière

Jeux paralympiques de Paris 2024 : Les parathlètes étudiants peinent à sortir la tête de l’eau

PRÉCARITÉSe lancer dans la compétition lorsqu’on est parathlète et étudiant n’est pas une mince affaire
Salomée Tafforeau

Salomée Tafforeau

L'essentiel

  • Les jeux paralympiques 2024 se dérouleront du 28 août au 8 septembre 2024 en France.
  • Depuis le Covid-19, la précarité étudiante ne cesse d’augmenter et ce fléau n’épargne ni le monde du sport ni celui du handisport. Même au plus haut niveau.
  • Le triple champion du monde de paranatation, Axel Portal et la championne de tennis fauteuil, Charlotte Fairbank, nous confie leur retour d’expérience.

«Cette année, la priorité est à ma saison paralympique ! » À 21 ans, Alex Portal est triple champion du monde de paranatation et étudiant en école d’ingénieur. Entre les deux, pas facile de trouver l’équilibre. Voire impossible quand on se heurte au manque d’inclusivité du système universitaire. « La fac n’était adaptée ni à mon handicap (un albinisme oculaire) ni à ma pratique sportive. »

L’athlète se tourne donc vers le privé. « Maintenant, je bénéficie d’équipements pour connecter mon ordinateur au tableau et voir les cours. Et comme ils sont enregistrés, je peux les rattraper quand je suis en déplacement. » Certains athlètes reprennent le chemin des études. C’est le cas de la championne de tennis fauteuil Charlotte Fairbank. Diplômée en droit de l’université de Southampton (Angleterre), elle décroche son barreau grâce à des cours en ligne étalés sur deux ans tout en jouant à l’international. Chapeau.

La quête de sponsors

Une saison sur le circuit coûte 80.000 euros : où trouver tout cet argent quand on est étudiant ? « La vérité est que tout athlète peut être exposé à la précarité, déclare Guislaine Westelynck, présidente de la Fédération française handisport. Mais pour un para-athlète, il faut compter en plus le matériel, les assistants de vie, les véhicules aménagés… » La Fédération prend en charge une partie de ces coûts. Pour le reste, mieux vaut attirer les sponsors. C’est le cas de nos deux champions (Charlotte Fairbank est soutenue par Natixis, Alex Portal par la FDJ), ce qui n’empêche pas le cadet de se faire du souci pour l’avenir. « Les financements dont bénéficient les para-athlètes ne sont pas suffisants pour se projeter sur le long terme. Ça m’oblige à avoir un plan B… »

La plus grande attente en matière d’avenir, c’est son aînée qui la formule : « Que les gens nous voient enfin comme des athlètes à part entière ! » En les voyant à l’œuvre, nul doute que le public sera convaincu.