OL-OGC Nice : « A quoi sert le VAR ? »… Le Gym dénonce « l’arbitrage scandaleux » de Clément Turpin
FOOTBALL•Le président de l’OGC Nice Jean-Pierre Rivère et le gardien des Aiglons Marcin Bulka estiment que Clément Turpin a oublié « au moins deux penaltys », vendredi lors du succès lyonnais (1-0) en Ligue 1Jérémy Laugier
L'essentiel
- L’Olympique Lyonnais a remporté le premier match de la 22e journée de Ligue 1, vendredi en battant l’OGC Nice (1-0) grâce à un but d’Orel Mangala.
- Cette rencontre a été marquée par plusieurs situations litigieuses dans la surface lyonnaise, mais sans que l’arbitre Clément Turpin ni le VAR ne signale de penalty.
- Extrêmement remontés par l’arbitrage du soir, cinq jours seulement après avoir subi l’expulsion contestable de Dante dans un derby perdu (2-3), Jean-Pierre Rivère et Marcin Bulka ont dénoncé à Lyon « un arbitrage scandaleux ».
Au Parc OL,
Le trophée UNFP du meilleur cascadeur en interview d’après-match mériterait être créé cette saison spécialement pour récompenser Jean-Clair Todibo. Petit élément de contexte : on se trouve moins de deux minutes après le coup de sifflet final de Clément Turpin, ce vendredi. L’OGC Nice poursuit sa série noire à l’extérieur (4 défaites et 2 nuls) depuis fin octobre avec un revers (1-0) à Lyon, et tout le camp niçois est essentiellement remonté contre plusieurs décisions arbitrales litigieuses en sa défaveur. La question du journaliste de Prime Video est la suivante : « Qu’est-ce qui vous a échappé ce soir ? ». Le capitaine du Gym prend pas moins de quinze secondes (montre en main) pour répondre, après s’être raclé la gorge et avoir souri (jaune). Le tout avant de lâcher un poncif (« on a manqué de réalisme ») auquel il ne croit guère.
Quelques secondes plus tard, en prenant soin de ne pas se réfugier derrière la polémique facile du soir, Jean-Clair Todibo a tout de même glissé : « Je pense qu’on aurait pu gratter un ou deux penaltys sur Evann Guessand et Jordan Lotomba ». Quelques secondes plus tôt, son président Jean-Pierre Rivère était beaucoup moins mesuré, en suivant Clément Turpin en direction des vestiaires, tout en lui partageant son coup de gueule. « Pour moi, il y a au moins deux penaltys », a lancé un peu plus tard face aux médias Jean-Pierre Rivère. Evacuons d’emblée les situations qui auraient selon les Aiglons mérité un penalty ce vendredi.
- 17e : Morgan Sanson arme une frappe qui trouve le pied de Duje Caleta-Car… puis le bras décollé de Maxence Caqueret. Si Jean-Pierre Rivère ne faisait plus référence à cette situation après le match, le gardien du Gym Marcin Bulka ne comprenait pas l’absence de coup de sifflet pour cette main. Comme Clément Turpin l’a expliqué au directeur sportif niçois Florent Ghisolfi à la mi-temps, le règlement est clair dans pareille configuration : le ballon dévié dans un premier temps par un partenaire rend la sanction impossible, next.
- 45e : Evann Guessand hérite d’un centre de Mohamed-Ali Cho. Après un contrôle de la poitrine (a priori sans l’aide du bras), il subit un contact très rugueux de Duje Caleta-Car, qui n’hésite pas à sortir son coude droit au niveau du menton de l’attaquant du Gym. Déjà proche de bénéficier d’un penalty (qu’il n’a pas réclamé) pour un tacle à la limite de Clinton Mata (6e), Evann Guessand semble ici balancé, sans que Clément Turpin, proche de l’action, ou le VAR ensuite, n’intervienne.
- 82e : Jordan Lotomba dispute un ballon dans la surface avec Nicolas Tagliafico. Après un mini-mouvement de bras du Niçois, le latéral lyonnais tombe et retient Lotomba, à la fois avec son pied et en lui tirant le maillot. C’est l’action qui a le plus fait dégoupiller le Gym, qui avait là sa meilleure opportunité d’égaliser, dans une fin de match haletante. Mais là non plus, ni Clément Turpin, ni les arbitres chargés du VAR, Cyril Gringoire et Stéphane Bré, n’ont réagi.
« Je trouve que M.Turpin a fait un très mauvais match »
On a donc vu débouler en zone mixte un Jean-Pierre Rivère bien chaud sur le dossier de l’arbitrage vidéo : « On est en colère : on finance le VAR pour un peu plus de justice. On se dote d’outils pour équilibrer des décisions. Mais à quoi sert le VAR ? S’il ne sert à rien, il va falloir se poser les bonnes questions ». Considérez cela comme une mise en bouche. Deuxième constat général de la part du président niçois dans la foulée : « En treize ans, je crois que je ne suis jamais venu me plaindre de l’arbitrage. Mais là, les fautes d’arbitrage s’accumulent au fil des journées, donc il faut dire stop ».
Sentez-vous gentiment le coup de gueule glisser vers quelqu’un en particulier, en l’occurrence le si clivant Clément Turpin ? Sans trucage, l’enchaînement de la réplique suivante est savoureux : « Je ne critique pas les arbitres, c’est un des métiers les plus difficiles… Mais ce soir, je trouve que M.Turpin a fait un très mauvais match ». Sic et re-sic. Jean-Pierre Rivère est d’autant plus remonté que cinq jours plus tôt, Clément Turpin était l’arbitre VAR du bouillant derby perdu pr le Gym (2-3 face à Monaco). Il s’était distingué en incitant l’arbitre Eric Wattellier à revoir une intervention de Dante sur Minamino, alors que celui-ci n’avait rien sifflé sur le coup. Quelques secondes plus tard, le défenseur brésilien était exclu pour ce tacle non maîtrisé, dès la 54e minute de jeu. « Ah oui, ce choix de mettre M.Turpin à Lyon m’a interpellé, reconnaît Jean-Pierre Rivère. En voyant M.Turpin ce soir, j’avais beaucoup d’appréhension… »
« Deux matchs avec des décisions injustes, et avec le même arbitre »
Et celui qui réclame « un peu de pédagogie et de compréhension » n’a pas été déçu. Et encore, la sortie en zone mixte du président des Aiglons était très édulcorée par rapport à son intervention sur Prime Video quelques minutes plus tôt, où ça tirait à balles réelles. Morceaux choisis : « Le VAR doit quand même interpeller M.Turpin, même si c’est notre meilleur arbitre et qu’on n’ose peut-être pas trop contrarier ses décisions. A un moment, il faut que M.Turpin se remette en question. Formidable M.Turpin, c’est une personne arrogante, intouchable. On se fait plomber le match ».
Si l’OL a aussi de son côté des antécédents tenaces avec l’arbitre natif d’Oullins dans le Rhône (ce qui a alimenté la légende du #PenaltyPourLyon), comme le penalty à retirer pour Ibrahimovic contre Lopes en 2015, un penalty injustement sifflé contre Malo Gusto dans un duel avec Neymar en 2021, et un but de Lucas Paqueta valable mais annulé contre le Losc en 2022, il se trouvait donc dans le camp de l’équipe sauvée par quelques décisions vendredi. Et le gardien de but du Gym Marcin Bulka, logiquement révolté par le temps additionnel minimaliste accordé (trois minutes), ne l’a pas davantage épargné que son président.
« Il y a beaucoup d’occasions où on pouvait au moins prendre 30 secondes pour regarder les images, afin de prendre la bonne décision derrière. On enchaîne deux matchs avec des décisions injustes, et avec le même arbitre. Celles-ci ont changé le match. On ne cherche pas d’excuse mais c’est un arbitrage scandaleux. J’ai le sentiment qu’on s’est fait voler ». D’ailleurs, le compte X du club s’est fait plaisir en postant, juste après la défaite à Lyon (1-0), une vieille Une de L’Equipe (datant de septembre 2008), titrée « Nice volé à Lyon ». Le gegenpressing contre Clément Turpin pouvait difficilement être plus intense.



















