OL-Losc : De Pierre Sage à Michel Sardou, le renouveau lyonnais est bluffant
FOOTBALL•A 200 m d’un improbable concert de la tournée d’adieu de Michel Sardou, l’Olympique Lyonnais a confirmé sa belle dynamique mercredi en battant le Losc (2-1) pour se hisser en quarts de finale de la Coupe de FranceJérémy Laugier
L'essentiel
- En nette amélioration en Ligue 1, l’Olympique Lyonnais (15e) s’est qualifié pour les quarts de finale de la Coupe de France mercredi en battant (2-1) le redoutable Losc (4e du championnat).
- Le renouveau de l’OL est symbolisé par cette série de sept succès lors des neuf derniers matchs officiels disputés avec Pierre Sage sur le banc.
- La programmation, dans la foulée de ce match, d’un concert de la tournée d’adieu de Michel Sardou à 200 m de là, dans la LDLC Arena, a inspiré 20 Minutes (désolé).
Au Parc OL,
Hasard du calendrier, pour la première fois de sa jeune histoire, la LDLC Arena de Décines a dû cohabiter mercredi soir avec son aîné et prestigieux voisin du Parc OL. D’un côté, on avait donc droit à 18h30 au huitième de finale de la Coupe de France entre l’Olympique Lyonnais et le Losc (29.085 spectateurs). A 200 m de là, à 20 heures, se déroulait le concert de la tournée d’adieu de l’inimitable Michel Sardou, devant quasiment 10.000 fans. Tout un programme, et certains Lyonnais se sont vraiment offert le combo (true story), bien aidés par l’absence de tirs au but pour l’OL, vainqueur 2-1.
Comme il n’y a pas eu 12.000 histoires autour de cette qualif de la bande à Pierre Sage pour les quarts de finale de la Coupe de France, et qu’on s’est bien marrés en découvrant la programmation de ce légendaire Michel dans cette salle multifonction flambant neuve, autant vous faire part de certains chants lancés entre les deux enceintes durant la soirée. Il se pourrait qu’il y ait un brin de fiction là-dedans, vous ne nous en voudrez pas.
- « C’est peut-être pas la vraie de vraie, la java de Bradley, oui mais c’est elle qui plaît »
Les supporteurs de l’OL, qui n’avaient d’yeux que pour les déboulés de Bradley Barcola il y a un an, se sont régalés mercredi en découvrant la véritable première titularisation à domicile de Malick Fofana (18 ans). Oubliez sa mi-temps cata comme piston contre Rennes (2-3), le jeune espoir belge a cette fois été déroutant, à un poste d’ailier gauche qui lui va bien mieux. Juteux à souhait, l’ancien de La Gantoise a fait souffrir la défense lilloise, et la verticalité de son jeu a parfois pu rappeler la belle période dans ce stade de l’actuel attaquant du PSG.
- « Ne m’appelez plus jamais Franz. Franz il m’a laissé tomber. Ne m’appelez plus jamais Franz, c’est ma dernière volonté »
Lancé à tue-tête par de solides rouquins portant le maillot lyonnais floqué du numéro 12 de Jake O’Brien, ce refrain trollant le regretté Kaiser Franz Beckenbauer est avant tout un hommage à l’improbable défenseur irlandais de l’OL. Débarqué de Molenbeek avec des milliards de doutes entourant sa venue, y compris de la part de Laurent Blanc, Jake O’Brien a encore prouvé mercredi qu’il était bluffant. Sans fioriture, ultra-fiable, et même précis sur les ballons longs, le roc de Cork s’est vite imposé comme l’un des joueurs les plus attachants de l’effectif, avec un impact réel sur la bonne passe du club.
- « Là-bas, Ernest Nuamah, on dit que la vie, c’est une folie. Et que la folie, ça se danse »
La véritable folie, trois jours après l’Olympico remporté (1-0), était de voir les trois meilleurs Lyonnais du match (Lacazette, Matic et surtout Nuamah) débuter sur le banc de touche contre le Losc. Un pari réussi pour Pierre Sage, qui a montré qu’il allait faire jouer la concurrence, notamment devant où cohabitent désormais six talents pour trois places, entre Malick Fofana, Saïd Benrahma (qui sera seulement qualifié à partir de dimanche à Montpellier), Alexandre Lacazette, Gift Orban (auteur de son premier but avec l’OL mercredi), Ernest Nuamah et Rayan Cherki (un but et une passe décisive face à Lille). Un potentiel offensif probablement jamais vu pour un 15e de Ligue 1.
Quand Pierre Sage « s’était un peu éloigné » avec Rayan Cherki
« La concurrence, c’est bien, ça va me faire de bons casse-tête, explique Pierre Sage. Maintenant pour jouer, il va falloir chercher les choses. Je suis impatient de voir les prochains entraînements. » Le jeune entraîneur lyonnais a même osé lancer mercredi le géant brésilien Lucas Perri (1,97 m) à la place d’Anthony Lopes. Ses débuts réussis (« il a fait des arrêts décisifs et il ne s’est pas affolé ») montrent à l’emblème du club que sa place de titulaire n’est plus si évidente, pour la première fois depuis onze ans.
De même, après avoir laissé un Rayan Cherki, si souvent irritant depuis le début de la saison, sur le banc tout le match face à l’OM, Pierre Sage lui a confié les clés du côté droit mercredi, pour son meilleur match depuis six mois. Non sans une passionnante explication à la clé : « C’est un talent particulier, un joueur que je dois considérer dans sa singularité. Je m’efforce à le faire et j’espère qu’il va m’accompagner dans ce projet avec la franchise, la tolérance et la patience nécessaires. On s’était un peu éloigné depuis un match, mais ça va un peu mieux, sauf quand il sort. Mais des fois, le plus est l’ennemi du bien, donc je pense qu’il valait mieux arrêter là ». Et si le songwriter le plus talentueux était davantage au Parc OL qu’à la LDLC Arena mercredi ?


















