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Porté par un stade en fusion, l’OL bascule d’un irrationnel à l’autre

OL-OGC Nice : D’un irrationnel à l’autre, ce Lyon porté par un stade en fusion « peut faire des choses extraordinaires »

FOOTBALLL’Olympique Lyonnais a totalement inversé sa spirale négative en Ligue 1 en février, comme le prouve le précieux succès (1-0) arraché contre l’OGC Nice vendredi
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • L’Olympique Lyonnais vient d’enchaîner vendredi une troisième victoire consécutive en Ligue 1, en venant à bout de Niçois deuxièmes du championnat (1-0).
  • De Pierre Sage à l’intégration des recrues, en passant par l’excellente prestation de Maxence Caqueret face au Gym, la dynamique est désormais idéale pour l’OL, en train de sereinement sauver sa peau dans l’élite.

Au Parc OL,

Et si Clinton Mata s’était précipité, la semaine passée, en affirmant qu’une qualification européenne passerait forcément par une victoire finale en Coupe de France pour l’OL cette saison ? Au vu du rythme effréné affiché par l’OL, avec à la clé, vendredi contre l’OGC Nice (1-0), une sixième victoire sur les huit derniers matchs de Ligue 1, on se demande où s’arrêtera ce groupe, qui était encore lanterne rouge mi-décembre et 16e début février. Désormais 11e avec un matelas provisoire de six points sur l’actuel barragiste Lorient, la bande à Pierre Sage a par exemple grignoté huit points sur son rival marseillais rien qu’en février, en attendant Brest-OM dimanche soir. Si bien qu’à douze matchs de la fin, l’OM (8e) n’est qu’à cinq longueurs, et la zone Europe à dix.

« Aujourd’hui, on est clairement ambitieux », assume le défenseur lyonnais Clinton Mata, sans se hasarder à fixer un objectif de classement défini. « L’OL n’est bien entendu toujours pas à la place qui devrait être la sienne, explique à ce propos Nemanja Matic. On est là pour faire remonter le club pas à pas et on est sur le bon chemin. » Un chemin de fortune inespéré vu comme rien n’allait depuis l’été dernier, et les passages désastreux de Laurent Blanc et de Fabio Grosso sur le banc de touche. Angoissés à l’idée de sombrer en Ligue 2, après 35 saisons consécutives dans l’élite, les supporteurs lyonnais ont eu le mérite de ne pas déserter le Parc OL. Et les joueurs leur donnent enfin satisfaction dans ce mois de février idyllique.

« Le public a été extraordinaire ce soir »

« Les supporteurs ont parfois été durs et ils en avaient le droit, rappelle Clinton Mata. Mais ils ont toujours été là derrière nous et ça nous a beaucoup aidés. » Et comment, ils étaient plus de 48.000 vendredi dans un stade qui a retrouvé, en fin de rencontre, l’atmosphère des matchs couperets de l’époque des courses au podium avec Bruno Genesio. « Le public a été extraordinaire ce soir, confirme Pierre Sage, le coach du renouveau depuis sa prise de fonction inattendue en décembre. C’est beau de voir les gens heureux. Charge à nous de faire durer la fête un maximum de temps. Là, les supporteurs ont rappelé les joueurs plus de 40 minutes après la fin du match. »

Et cinq d’entre eux, Rayan Cherki (au micro), Saïd Benrahma, Orel Mangala, Ainsley Maitland-Niles et Clinton Mata sont retournés jouer les prolongations avec des Bad Gones survoltés. Peu de temps avant, l’atypique Gift Orban célébrait ce nouveau succès référence (après ceux contre l’OM et le Losc) en secouant comme un fou furieux les filets d’un but. Et dans le même temps, 250 autres supporteurs de l’OL reproduisaient le rituel d’après-match de Saël Kumbedi dans un bar parisien.

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Le retour au premier plan de Maxence Caqueret

Oui, une ferveur rafraîchissante est partout autour de l’Olympique Lyonnais cet hiver. « C’est vraiment un tout, estime Clinton Mata. Le coach a mis sa patte, il y a son staff qui travaille très dur et tous les gens autour du club. Un joueur en confiance peut faire des choses extraordinaires, et aujourd’hui on voit une équipe de l’OL en confiance. » Et donc par rebond des joueurs « extraordinaires », alors que certains étaient des morts-vivants sur le terrain il y a encore quelques semaines. On pense en premier lieu à Maxence Caqueret, monstrueux d’activité et de justesse contre l’OGC Nice. Ce mercato hivernal de dingo avec sept recrues n’est sans doute pas pour rien dans le retour du Caqueret prime du Final 8 de Lisbonne en 2020.

« Les recrues au mercato ont donné un petit boost à l’équipe, approuve le milieu international belge Orel Mangala, auteur de son premier but avec l’OL dès sa première titularisation. On essaie de former un groupe. L’état d’esprit est très bon et les joueurs se battent les uns pour les autres. » Ce qui ressemble à un cliché de vie de groupe est pourtant bien un constat qui ressort des trois récentes fins de matchs à Décines, lorsque Alexandre Lacazette et les siens ont dû se dépouiller défensivement pour conserver leur court avantage et battre l’OM (1-0), Lille (2-1) et donc Nice (1-0).

Les sourires sont de retour à Lyon pour Pierre Sage, Ernest Nuamah, Maxence Caqueret et tout l'OL.
Les sourires sont de retour à Lyon pour Pierre Sage, Ernest Nuamah, Maxence Caqueret et tout l'OL. - JEFF PACHOUD / AFP

« On provoque notre réussite »

« C’est un cercle vertueux que les joueurs entretiennent, indique Pierre Sage. Les joueurs font les efforts et ils sont récompensés en gagnant les matchs. Un jour, cette bonne série s’arrêtera et il faudra voir quelle sera la réaction de l’équipe. » En attendant, les Lyonnais restent sur leur nuage. Une entame cata contre un Gym deuxième de Ligue 1 ? Pas de souci, le poteau d’Anthony Lopes repousse le lob de Mohamed-Ali Cho (0-0, 9e). 20 tirs à 9 en faveur des Aiglons, ça va forcément craquer ? Mais non, Anthony Lopes livre (enfin) un match costaud et Orel Mangala marque sur le seul tir cadré du match côté OL. Duje Caleta-Car et Nicolas Tagliafico sont à l’extrême limite sur des interventions dans la surface ? Clément Turpin et le VAR se montrent d’une étonnante passivité sur le coup en ne sifflant rien, ce qui a d’ailleurs fait dégoupiller Jean-Pierre Rivère et l’OGC Nice en après-match.

NOTRE DOSSIER SUR L'OL

Une série qui s’ajoute à la frappe clutchissime du gauche en barre rentrante de Maxence Caqueret à Montpellier dimanche (1-2, 90e), au lob magique dès le coup d’envoi du Marseillais Amine Harit repoussé par la transversale d’Anthony Lopes, ou encore au sauvetage miraculeux de Maitland-Niles sur sa ligne face à Aubameyang dans ce même match (1-0). Quand l’irrationnel de la lose fin 2023 se transforme en irrationnel (très) heureux. Tout en louant « l’humilité et le travail » de ce groupe, Clinton Mata poursuit : « Quand on se souvient d’où on vient… On a eu une période difficile, on se faisait critiquer partout. On avait des doutes mais on a toujours cru en nous. On a pu inverser la tendance, on provoque notre réussite ». Tout en bénéficiant en février d’une bonne étoile non négligeable.