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L’Algérie et Djamel Belmadi jouent déjà gros dans cette CAN 2024

CAN 2024 : Fin de l’état de grâce et choix discutables, l’Algérie de Djamel Belmadi joue déjà gros

FOOTBALLAprès son nul contre l’Angola (1-1) pour son premier match de cette CAN 2024, l’Algérie de Djamel Belmadi est déjà sous pression avant d’affronter le Burkina Faso ce samedi (15 heures)
Adrien Max

Adrien Max

L'essentiel

  • L’Algérie de Djamel Belmadi est déjà sous pression avant d’affronter le Burkina Faso ce samedi (15 heures), quelques jours après le nul concédé face à l’Angola (1-1) pour leur premier match de cette CAN 2024, lundi.
  • Depuis le titre remporté lors de la CAN 2019 et la série de 35 victoires qui en a suivi, Djamel Belmadi bénéficie d’une cote de sympathie très élevée en Algérie.
  • Mais l’élimination au premier tour de la CAN 2021, disputée en 2022, et celle en barrage de la Coupe du monde 2022 quelques semaines plus tard, ont égratigné son image.

One, two, three, au placard Belmadi ? L’Algérie est déjà sous pression avant d’affronter le Burkina Faso ce samedi (15 heures) pour le deuxième match de cette CAN 2024. Les Fennecs ont concédé le match nul pour leur entrée dans la compétition lundi face à l’Angola (1-1), et le sélectionneur Djamel Belmadi est déjà sous le feu des critiques.

Après une bonne première mi-temps et la rapide ouverture du score de Baghdad Bounedjah (18e), l’Algérie s’est complètement arrêtée de jouer. Au point de concéder l’égalisation de l’Angola sur penalty (78e) dans une deuxième période absolument pas maîtrisée. « On aurait dû faire le break, être plus tueur. On a eu un moment faible qui n’a pas duré mais qui a suffi à nous faire mal. J’explique ce résultat par notre moment faible, on s’est fait punir », s’est contenté de débriefer Djamel Belmadi, alors que ses changements tardifs interrogent.

Un sélectionneur presque intouchable

Pour Mohamed, fondateur de la page Algérie Football Media réunissant plus de 70.000 supporteurs des Fennecs sur X, la responsabilité est sans aucun doute du ressort du sélectionneur : « Belmadi a voulu commencer trop fort et trop vite pour faire passer un message, mais il s’est trompé sur les intentions. Il faut savoir gérer une compétition sur la durée et à la mi-temps la majorité des joueurs était cramée. Ça, c’est la faute de Belmadi. Comment il n’a pas pu voir que Bennacer était cuit physiquement, que Bentaleb n’en pouvait plus ? Il n’a réagi qu’après l’égalisation. Il pourrait au moins faire les bons choix. »

Des critiques à l’encontre d’un sélectionneur presque intouchable il y a encore quelques mois, auréolé du titre surprise de champion d’Afrique en 2019, et d’une série record de 35 victoires de suite. Qui avait replacé l’Algérie sur la carte de l’Afrique du foot, et redonné de la fierté au peuple algérien après des années de galère sous Madjer, le précédent sélectionneur. Un état de grâce qui avait perduré malgré l’élimination au premier tour de la CAN 2021, et la défaite contre le Cameroun en barrage de la Coupe du monde 2022 au Qatar.

« Le vent est en train de tourner »

« Je pense clairement que le vent est en train de tourner, Belmadi ne pourra plus bénéficier de sa victoire en 2019 éternellement. Il a mis l’Algérie sur le toit de l’Afrique, il est arrivé avec un état d’esprit auquel les Algériens pouvaient s’identifier. Mais au bout d’un moment il faut se ressaisir, ça ne suffit plus de passer des messages en conférence de presse. Il faut que les résultats suivent », estime Mohamed.

« Malgré ces déceptions, Belmadi reste l’entraîneur le plus populaire d’Algérie. Il a soutenu le peuple lors du Hirak de 2019 pour le départ de Bouteflika juste après avoir remporté la CAN. Même après l’élimination en barrage de Coupe du monde, il a tout mis sur le dos de l’arbitre Gassama plutôt que d’assumer sa responsabilité. C’est assez dingue parce qu’ici en Algérie, dans n’importe quel club quand tu perds un ou deux matchs tu es tout de suite remis en cause », rappelle le journaliste Mounir Ouassel, directeur du média Le Score.

Conscient de la fin de son état de grâce et que son crédit s’amenuise, le sélectionneur algérien semble faire évoluer sa façon de faire. Comme pour la préparation de cette CAN 2024, effectuée au Togo. A la différence de 2021, lorsqu’il avait autorisé ses joueurs à rejoindre la sélection au compte-gouttes, cette fois tout le monde a été logé à la même enseigne. Il a également engagé une refonte de son effectif, avec l’apport de sang neuf. Même si pour Mounir Ouassel, Belmadi « est en train de faire du neuf avec du vieux », à l’image de la sélection de Youcef Belaïli.

Un sélectionneur toujours aussi clivant

Mais s’il y a un point sur lequel Djamel Belmadi reste le même, c’est bien son tempérament. « Il est toujours sur la défensive, on le sent dans ses rapports avec la presse. A aucun moment il ne donne l’impression d’être serein, il préfère toujours chercher des justifications à ses piètres prestations. Et il reste toujours aussi clivant, mais c’est son tempérament, son caractère. Surtout depuis l’élimination de la CAN 2021, il est un peu tombé de son nuage et il s’en prend à tout. Le problème est qu’il transmet cet énervement à ses joueurs, plutôt que de garder son calme », estime Mounir Ouassel.

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Comme lorsqu’il a reçu des critiques sur son choix de jouer à huis clos les matchs de préparation. Si son argument était de mieux se protéger d’éventuels espions d’autres nations, il a surtout frustré journalistes et supporteurs, contraints de suivre la rencontre sur un Facebook live.

Besoin de se réinventer

C’est finalement sur le plan tactique que l’ancien joueur de l’Olympique de Marseille joue gros, d’autant que l’Algérie a un profond besoin de renouvellement après l’effet de surprise de 2019. « Je ne remets pas en question le mérite du titre de 2019. Mais après, il faut se réinventer. Il y a une nouvelle génération, plus de solution et d’alternatives mais il continue de reposer la même ossature », pointe Mounir Ouassel.

« On l’attend sur ses choix tactiques, Belmadi doit montrer qu’il est un grand entraîneur et que la victoire en 2019 n’est pas le fruit du hasard. Si Mahrez n’est pas bon, rien ne t’oblige à le laisser 90 minutes. Peu importent les statuts, il doit faire des choix et mieux gérer la manière d’aborder les matchs », ajoute Mohamed. La première mi-temps face à l’Angola incite tout de même le supporteur à rester optimiste : « Elle me rassure. Si l’équipe est capable de réitérer la même qualité de jeu et que Belmadi fait les bons choix pour tenir 60-70 minutes, alors l’Algérie peut regarder n’importe qui dans les yeux. »

Malgré l’enjeu, l’avenir de Djamel Belmadi ne semble toutefois pas devoir être remis en question. En tout cas, pas pour le moment. Même en cas de nouvelle contre-performance dans cette CAN 2024, un départ du sélectionneur semble écarté. « Même si Algérie est éliminée à la fin du premier tour, l’objectif numéro 1 reste la Coupe du monde 2026 avec Djamel Belmadi », avance Mounir Ouassel. Le sélectionneur a d’ailleurs été prolongé jusqu’en 2026 juste avant le début de la compétition.