Ligue 2 : « Retourne-toi, sale arabe »… Des soupçons d’insultes racistes envers un arbitre à Bastia
FOOTBALL•A la fin du match entre Bastia et Quevilly Rouen Métropole le 16 décembre, un arbitre de touche aurait été insulté par un supporteur du club corseAntoine Huot de Saint Albin
La commission de discipline de la LFP a préféré, jeudi, mettre le dossier en instruction et ne rendra sa décision que le 17 janvier, « au regard de la gravité des faits ». Les faits en question : des « propos racistes envers le corps arbitral ayant entraîné une interruption momentanée de la rencontre » de Ligue 2 entre Bastia et Quevilly Rouen Métropole, disputée le 16 décembre dernier à Furiani.
En toute fin de match, dans le temps additionnel, l’arbitre de touche aurait reçu plusieurs insultes, dont une raciste : « "Retourne-toi, sale arabe, retourne-toi", nous détaille ce samedi Olivier Lamarre, le président du syndicat des arbitres du football d’élite (Safe). Il y a eu plusieurs insultes, mais l’insulte raciste est encore plus inacceptable que les autres. On ne peut pas avoir ça sur un terrain de football, quel que soit le niveau. Si on ne dénonce pas cela, on perd nos valeurs. »
Match arrêté et message aux supporteurs
Immédiatement, la rencontre a été interrompue, et le speaker, protocole oblige, a passé le message : « Il est demandé au public de la tribune Sud de ne plus insulter le juge de touche », rapporte France Bleu RCFM. « Le message sono appelait les supporteurs à arrêter d’insulter l’arbitre, donc il n’y a aucune ambiguïté sur le fait que le match était arrêté par rapport à ce qui a été dit à l’arbitre », indique Olivier Lamarre, alors que certains supporteurs corses estimaient que l’arrêt était dû aux fumigènes craqués en tribune.
L’arbitre assistant a fait part de ces insultes dans un rapport, transmis à la commission de discipline, qui s’est donc réunie jeudi. Après avoir eu connaissance de cette situation, le club corse, joint par nos soins, indique ce samedi ne pas souhaiter faire de commentaires et renvoie à son communiqué publié jeudi, dans lequel il dit avoir appris « avec surprise que des propos racistes ont été rapportés ». Le SCB affirme bien que « le racisme et la xénophobie n’ont pas leur place à Furiani et sont des sujets sérieux », avant de critiquer le match de l’arbitre.
« « Se réfugier derrière cela pour masquer une prestation arbitrale que chacun aura pu juger et que tous les observateurs ont pu constater, n’est pas digne, indique le Sporting. Nous ne demandons qu’une seule chose : être arbitrés et jugés comme les autres. Le club espère que les différentes autorités saisies feront toute la lumière sur ces étonnants faits. L’institution Sporting Club de Bastia, dans toutes ses composantes, sera défendue à chaque fois que nécessaire et placée au-dessus de tout et de tous. » »
« Un communiqué a minima maladroit »
Un communiqué qui ne plaît pas du tout au syndicat des arbitres du football d’élite. « Il est a minima maladroit, et on se trompe de combat, réagit Olivier Lamarre. Le combat est de dire non au racisme, non aux discriminations, et oui aux valeurs du football. Jamais, au rugby, un club n’aurait chargé l’arbitre dans ce type de situations. Quand on communique comme ça, on ne défend pas le football, on ne défend pas ses valeurs. Et à chaque fois qu’on fait ça au niveau professionnel, on donne un très mauvais exemple au niveau amateur. »
Il déplore également que le Safe n’ai reçu aucune nouvelle du SCB. Olivier Lamarre attend maintenant que la commission de discipline de la LFP « juge en son âme et conscience, à partir des faits. Si elle considère que les faits sont inacceptables, qu’elle ne les accepte pas et qu’elle le fasse savoir ».


















