Newcastle - PSG : « Le public nous a aidés à presser »… Face à Paris, St James' Park dans tous ses états
FOOTBALL•Les supporteurs de Newcastle ont joué un rôle important dans la victoire du Toon contre le Paris Saint-Germain. Manuel Ugarte souligné la qualité du public des MagpiesWilliam Pereira
L'essentiel
- Newcaste a été porté par son public lors de la large victoire face au PSG mercredi soir lors de la 2e journée de C1 (4-1).
- Arpès 20 ans de disette à très haut niveau, la « toon army » n'a jamais lâché ses joueurs, encourageant notamment chaque phase de pressing en début de match. Une ferveur qui a provoqué indirectement le premier but d'Almiron et le déluge qui s'en est ensuivi.
De notre envoyé spécial à Newcastle,
Même dans leurs rêves les plus fous, ils n’osaient y croire. Croisé devant l’entrée du stade à la veille de la déculottée infligée au Paris Saint-Germain, George, 53 ans, prédisait « une victoire 3-1 » de Newcastle avant de demander, sait-on jamais, si on n’avait pas une place à lui offrir pour le match.
Accompagné de ses trois marmots, dont deux sont d’immenses fans… du PSG (l’un de Mbappé, l’autre de Donnarumma, pour être exact), ce fan de longue date des Magpies était à St James’Park en 1997 quand Faustino Asprilla avait terrassé le grand Barça (3-2) et se voyait bien revivre un moment d’histoire, mercredi soir. C’est finalement dans un pub qu’il s’égosillera devant l’exploit de Newcastle, de retour en Ligue des champions vingt ans après le dernier but d’Alan Shearer en C1.
Au fond, on est un peu tristes pour lui, car ça valait le coup d’assister à la symbiose entre le Toon et son public en feu, galvanisé dès l’échauffement des joueurs d’Eddie Howe. « Il y a une vraie histoire à Newcastle entre St James’Park et son public, nous avait prévenus Laurent Robert avant la rencontre. Il y a une symbiose et une relation de confiance entre les deux. Pendant les matchs, les supporteurs sont présents et sentent les moments où il faut appuyer et donner de la voix. »
Le public a aidé à presser les Parisiens
Comme le 12e homme a bien pris la mesure de l’événement, il a pesé de tout son poids sans discontinuer pendant quatre-vingt-dix minutes. L’intensité des matchs de Ligue des champions, ça vaut aussi en tribunes. « On devait rendre la vie dure au PSG, les empêcher de partir de très bas, on a fait ça par le pressing, a déclaré l’entraîneur Eddie Howe après la victoire. Le public nous y a aidés. »
Manuel Ugarte, l’une des victimes de la soirée, peut en témoigner. « L’ambiance conditionne toujours un match, et Newcastle est fort à domicile, ils ont de très bons supporteurs. » « Ce public est spécial, ajoute Laurent Robert. Quand tu es joueur, tu les entends communiquer avec toi, on te prévient si un joueur arrive si tu n’as pas pris l’info avant. Tu les entends parler, c’est extraordinaire. » Pas dit que les Gordon, Isak et Almiron aient entendu grand-chose dans le chaos ambiant, mais le public a fait son effet, c’est bien là le principal. Eddie Howe confirme :
« L’ambiance était incroyable, ça l’est toujours, mais là c’était encore un autre niveau. Je n’aime pas dire que c’était une des meilleures soirées de Newcastle, car beaucoup d’autres défis nous attendent. Mais bien sûr c’était une soirée très spéciale pour moi, les joueurs, Newcastle et les supporteurs. » »
Peut-être plus encore pour Sean Longstaff, le local de l’étape. Celui que peu de monde voyait survivre au changement de dimension du club, consécutif à la reprise des Magpies par le fonds souverain saoudien, relégué sur le banc en début de saison à cause de l’arrivée de Sandro Tonali, s’est offert un bain de foule après avoir inscrit le 3e but en début de seconde période. Le genre d’histoire d’amour un peu niaise que l’on serait toutefois bête de refuser dans un foot en mal de romantisme.
Après la victoire, Newcastle envahit les pubs
Comme celle du fils Trippier qui réconcilie les deux camps opposés hier soir. Fier de papa et heureux d’avoir enfin pu récupérer le maillot de l’idole Mbappé. Le plus grand vainqueur du soir, c’est lui, à égalité avec les gérants des pubs de la ville, où les supporteurs ont très vite afflué après la rencontre, avant de filer en boîte.
On pense alors aux anecdotes de Laurent Robert sur la vie nocturne agitée de ce peuple enthousiaste. « Avec tous les joueurs, on sortait après les victoires. Les pubs, les boîtes fermaient à 2 heures du matin, on mangeait, on allait boire un coup et à minuit, 1 heure on rentrait chez nous. Et oui, bien sûr il nous arrivait de ressasser les matchs avec les supporteurs. C’était un partage extraordinaire. » Que Paris se console. En s’inclinant à St James’Park, il a fait le bonheur de toute une ville.


















