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France-Irlande : La France roule vers l’Euro 2024, même si « on peut toujours faire la fine bouche » selon DD
FOOTBALL•Les Bleus ont facilement disposé de l’Irlande, jeudi, au Parc des Princes, et se dirigent à grands pas vers une qualification à l’Euro 2024. Même si, dans le jeu, il reste encore pas mal de progrès à faireAymeric Le Gall
L'essentiel
- Sans forcer, l’équipe de France a battu l’Irlande jeudi soir dans un Parc des Princes ravi de retrouver les Bleus.
- Avec cinq victoires en autant de matchs, l’équipe de France a fait un énorme pas vers la qualification pour le prochain Euro de foot, en Allemagne, l’été prochain.
- Si l’impression d’ensemble ne fut pas non plus phénoménale, les hommes de DD réalisent tout de même une année 2023 spectaculaire en termes de résultat.
Au Parc des Princes,
Il faudra s’y habituer mais, aussi bizarre que cela puisse paraître, cette saison, c’est avec le PSG qu’il faut avoir rencard pour prendre du plaisir à regarder un match de foot au Parc des Princes. Exceptionnellement délocalisés - pour cause de France-All Blacks au Stade de France vendredi soir - dans l’enceinte des Rouge et Bleu, les Bleus tout court ont battu l’Irlande deux buts à rien et caracolent en tête de leur groupe de qualifications à l’Euro 2024.
Cinq victoires en autant de matchs, douze buts marqués et zéro encaissé, la bande à Deschamps avance dans ces éliminatoires comme elle se baladerait sur la promenade des Anglais un soir d’été, en short et claquettes, décontractés comme jamais. Mais pour le spectacle et le beau jeu, on serait plutôt dans une ruelle sombre d’un quartier mal famé de Soweto. Vous nous trouvez sévères ? On l’est toujours avec ceux qu’on aime. Surtout quand ceux-ci nous ont emmenés si haut dans les émotions pas plus tard qu’il y a six mois, à Doha.
Une équipe d’Irlande pas simple à manœuvrer
Il faut dire que les Irlandais n’ont pas fait grand-chose pour aider au spectacle. Venus dans l’idée de… Mais de faire quoi, au juste ? Si ce n’est de jouer en bloc bas, sans tenter quoi que ce soit les rares fois où ils récupéraient le ballon. A leur décharge, nos amis venus du nord étaient privés de Fergusson, leur seul véritable étoile pour briller. Pourtant, à l’aller, les Irishmen avaient donné du fil à retordre à nos Bleus, sauvés par celui qu’Antoine Griezmann qualifiait mercredi en conférence d’avant-match de « grand Mike ». Alors, pour contourner le bunker, l’équipe de France s’en est souvent remise à l’explosivité d’Ousmane Dembélé côté droit, alors que Mbappé devait trouver le temps long à l’opposé, même s’il faut dire qu’après quelques « ich-ich » dont il a le secret, le Parisien nous a paru manquer de jus et de justesse.
Le problème avec Dembouz, c’est qu’il est aussi fort dans ces débordements qu'il est pataud, et le mot est faible, dans le dernier ou l’avant-dernier geste. On ne compte plus le nombre de centres ratés ou de passes en retrait mal assurées jeudi soir. C’est donc à un Aurélien Tchouaméni très « Paul Pogbesque » jeudi soir, monstrueux à tous les niveaux, que les Bleus ont donné consigne de faire péter le verrou vert. Comment ? Facile, d’une frappe de l’extérieur de la surface, pas sans nous rappeler son scud face aux Anglais en quart de finale du Mondial qatari. Un bijou de maîtrise du tir, du plat du pied, sans même forcer, en se servant de la force de la balle sur la belle remise en retrait de Mbappé pour aller chatouiller le petit filet opposé du pauvre Banuzu.
Une première pour Marcus Thuram
« On est content parce qu’on avait à cœur de continuer sur notre lancée, c’est chose faite ce soir, on est satisfait. Je me suis bien senti, je monte en puissance depuis le début de la saison. Le coach me fait confiance, il m’a donné des consignes que j’ai respectées, il y a ce but aussi qui est la cerise sur le gâteau, a-t-il commenté dans les travées du Parc des Princes. Le staff a bien analysé le jeu de l’équipe adverse, on savait que ça allait être un bloc vraiment regroupé, il fallait donc tenter des frappes de loin, c’est ce que j’ai fait, la mienne est rentrée, je suis content. »
Une fois fait le plus dur, les vices champions du monde ont beaucoup ronronné en première période, avant d’enfin se secouer un peu les puces au retour des vestiaires. On retiendra notamment ce superbe but en pivot de Marcus Thuram, option patatas sous la barre, son premier en Bleu, en début de seconde période. Le nouvel attaquant de l’Inter avait la joie communicative, lui qui avait remplacé un Giroud blessé en première période. « C’était une grande fierté et une grande satisfaction de marquer, en plus dans un stade comme le Parc des Princes, a-t-il déclaré au micro de TF1 après le match. J’aurais pu en mettre deux, j’espère que ce sera pour les prochains matchs. »
Deschamps applaudit la perf' de ses joueurs
En tant que grand frère, Dayot Upamecano, l’un des rares Bleus à se présenter en zone mixte (avec Tchouaméni) après la rencontre, a préféré retenir son raté – cette tête à bout portant passée à côté on ne sait comment – inratable. « Je l’ai félicité pour son but mais il aurait dû en mettre deux (rires) !, s’est marré le défenseur du Bayern. Je lui ai dit qu’il aurait dû la mettre, mais il a dû fermer les yeux ». Pour le reste, on n’est pas novice au point d’être surpris par le rendu global de l’équipe de Didier Deschamps, pour qui le résultat comptera toujours plus que la manière. Et avec cinq victoires en cinq matchs et une (quasi) qualification actée pour l’Euro 2024 en Allemagne – même si le sélectionneur continuera de nous prévenir que tant que rien n’est fait, rien n’est fait. Et on continuera de ne pas le croire – difficile de faire la fine bouche.
C’est peu ou prou ce que disait Deschamps en conf d’après-match. « On peut toujours faire la fine bouche mais on a fait tout ce qu’il fallait pour gagner ce match. On s’est créé énormément d’occasions. On avait en face un bloc très compact. En première période, on aurait pu mettre plus de vitesse dans les transmissions mais on marque deux buts et ça fait cinq matchs que l’on n’en prend pas, a-t-il noté. Cela nous fait avancer encore un peu plus vers l’objectif qui est le nôtre. Le regret c’est d’avoir eu un grand nombre d’occasions et de n’avoir marqué que deux buts. On a eu beaucoup de tirs de loin mais globalement je suis satisfait et fier de ce qu’ont fait les joueurs. C’est un pas important. On a fait un parcours idéal jusqu’à maintenant mais on ne va pas s’endormir là-dessus. » Prochain rendez-vous en éliminatoires, le 13 octobre prochain, aux Pays-Bas.


















