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Faut-il commencer à claquer des mollets pour les Bleus, à 5 mois du Qatar ?

France - Croatie : Faut-il commencer à claquer des mollets après cette nouvelle défaite des Bleus ?

FOOTBALLMalgré de nombreuses circonstances atténuantes, l’équipe de France a montré un visage préoccupant à seulement cinq mois de la Coupe du monde au Qatar
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Les Bleus ont à nouveau perdu à la maison, lundi soir, face aux vices champions du monde croate.
  • La campagne de Ligue des nations du mois de juin s’achève avec un triste bilan de deux défaites et deux nuls.
  • Derniers de leur groupe, les Bleus n’ont donné aucun gage de satisfaction à seulement cinq mois de la Coupe du monde au Qatar.

Au Stade de France,

On ne pensait pas qu’on en arriverait un jour à dire ça (et promis c’est la première et la dernière), mais merci à celles et ceux qui ont voté pour donner l’organisation du Mondial 2022 au Qatar, et donc pour repousser l’échéance de cinq mois et des brouettes. Car vu la forme actuelle de ce groupe, quand bien même le sort nous a offert un tirage plus que clément en phase de poule, pas sûr qu’on aurait vu la queue d’un huitième de finale cet été.

Battue pour la première fois de son histoire par la Croatie, lundi, l’équipe de France termine cette campagne de Ligue des nations avec le bonnet d’âne sur la tête et un zéro pointé dans le carnet. Incapables de gagner le moindre match en quatre sorties, les Bleus sont derniers de leur groupe et d’ores et déjà certain de ne pas voir la couleur du Final Four de Ligue des nations. Ça encore, vous nous direz, on devrait vite s’en remettre.

Ha ben regardez, ça y est, on s’en est remis !

Non, ce qui nous préoccupe un peu plus, c’est que le Mondial est (presque) demain et que les Bleus n’ont pas donné la sensation d’avoir avancé d’un iota depuis le dernier rassemblement. Après avoir remisé son système à trois derrière au placard à cause de la défaite inaugurale face au Danemark et testé un 4-4-2 à plat en Croatie (1-1) et en Autriche (1-1), Didier Deschamps a opté lundi soir pour un 4-3-3 que les Bleus n’avaient plus pratiqué depuis le début du Mondial en Russie, avec le résultat qu’on connaît. En première période, les Français ont livré une prestation indigente et ce n’est qu’au moment où ils sont repassés avec deux pointes qu’ils ont un peu rallumé la lumière. Et encore…

Joueurs rincés, cadres absents, difficile de tirer un vrai bilan

En conférence de presse, « DD » n’a pas cherché à esquiver, parlant de la nécessité d’une « remise en cause » de tout le groupe lors du prochain rassemblement. Mais pour lui, impossible de ne pas parler de la fatigue générale de ses troupes. « L’énergie est tellement supérieure chez l’adversaire et cela fait que c’est dur de lutter. On n’avait certainement pas les moyens sur ce match. On prend un but sur penalty au tout début, ça les met dans le confort et nous dans la difficulté. Mais c’est à l’image de ce rassemblement, où les organismes sont très sollicités. On a manqué de force, d’énergie, de caractère. Il faut l’accepter, même si ça fait mal de ne pas avoir été capable de gagner un match. Ces rassemblements de juin sont compliqués depuis que je suis là. Cette fois il l’est encore plus. »

Si l’excuse de la fatigue est recevable, avec quatre matchs en onze jours pour ponctuer une saison longue déjà bien longue, elle n’explique pas tout. C’était aussi le cas en face pour les Croates et ils ne nous ont pas paru autant à la ramasse. Alors, faut-il commencer à se ronger les ongles, alors qu’il ne reste plus qu’un seul rassemblement, fin septembre, avant le grand départ pour Doha ? Un peu quand même, oui. La team des éternels optimistes pourra toujours nous dire qu’il est bien trop tôt pour s’alarmer, que le Mondial n’est que dans cinq mois, que de toute façon ces matchs de fin de saison n’ont jamais été couronnés de succès pour l’équipe de France, qu’il manquait cinq titulaires (Lloris, Varane, Lucas Hernandez, Pogba, Kanté et Griezmann) au coup d’envoi vendredi, il n’empêche.

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Une concurrence, quelle concurrence ?

Bien sûr que l’état de forme du gros des troupes n’aura rien à voir d’ici novembre, après une coupure estivale, des vacances au soleil, quelques mojitos et une bonne préparation physique d’avant-saison. Et peut-être même que Griezmann​ aura retrouvé des couleurs d’ici là, qui sait, mais ces quatre matchs ont tout de même révélé plus de problèmes que d’accoutumée. En l’absence de certains cadres, on aurait pensé voir émerger quelques têtes sur le banc histoire de mettre un peu de concurrence dans le groupe. Pourtant, mis à part Nkunku, Maignan et éventuellement Tchouaméni, les autres ont perdu plus de points qu’ils n’en ont gagnés.

A commencer par la paire de milieu def’Kamara-Guendouzi, hors sujet face aux Croates, à laquelle on ajoute l’énigmatique Adrien Rabiot, toujours là sans qu’on sache réellement pourquoi, et qui ne font que rendre l’absence de Camavinga de cette liste d’autant plus incompréhensible. On en voudra moins à Koundé, à nouveau trimballé sur la droite de la défense vendredi, lui, le défenseur central, ou à Clauss, laissé sur le banc toute la soirée, et qui n’aura finalement pas eu beaucoup d’occasions de montrer lors de ce rassemblement ce qu’il pourrait apporter à cette équipe. Quant à Ben Yedder, les rassemblements se suivent et se ressemblent pour le buteur monégasque, tueur sur le Rocher mais chaton chez les Bleus.

Le verre au quart plein

« Je préfère garder le verre à moitié plein, même si là, il n’est plein qu’à un quart, a tenté de se convaincre Deschamps, sans grande réussite. Ce rassemblement m’a permis de donner du temps aux jeunes pour s’aguerrir, quitte à faire des erreurs qui se payent cash. Il y a toujours des réponses, des données supplémentaires par rapport à certains joueurs, la concurrence qu’il peut y avoir. Il y a du plus, du moins… Là, il y avait quatre matchs, ça amène forcément des éléments nouveaux, au cas où. Sur ce plan-là c’est toujours enrichissant. »

Et du côté de l’inquiétude ? « Des certitudes, en foot ça n’existe pas. Je ne suis pas inquiet », a répondu le sélectionneur, sans parvenir là non plus à persuader grand monde. Seul tricolore à avoir daigné pointer le bout de son nez en zone mixte après le match, le capitaine Presnel Kimpembe essayait lui aussi de calmer le jeu, sans plus de succès. « Inquiétant ? Non, répond le néo-capitaine des Bleus. On sait qu’il y a une Coupe du monde qui arrive mais on a encore un peu de temps pour la préparer. Même si elle va arriver vite. » Tu nous ôtes les mots de la bouche, Presko.