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Autriche - France : Maignan, Nkunku, défense à 4... Quels plans B viables pour les Bleus?
FOOTBALL•Si le plan de base de l'équipe de France semble défini, notamment en attaque, Didier Deschamps n'a pas forcément de plan B dès lors que certains cadres sortent du onze de départWilliam Pereira
L'essentiel
- L'équipe de France affronte l'Autriche à Vienne, vendredi soir, en Ligue des nations
- Après deux mauvais résultats contre le Danemark et en Croatie, Didier Deschamps cherche la bonne formule pour les Bleus
- Dans le rôle de doublires, le sélectionneur français peut miser sur Nkunku, Maignan, et c'est à peu près tout.
Ce n’est pas un scoop mais il est utile de le rappeler: l’équipe de France a une équipe capable de remporter la Coupe du monde, pas deux. Si les remplaçants ont fait mieux en Croatie (1-1) que les titulaires au Stade de France (1-2), le niveau de jeu global et individuel entrevu lors de la deuxième journée de Ligue des nations ne poussent pas à l’enthousiasme. Il y a évidemment ce contexte de fin de saison à rallonge, ces joueurs rincés comme pas permis et même d’autres, comme Ibrahima Konaté, rappelé au front alors qu’il pensait enfin pouvoir se la couler douce sur un yacht en Grèce.
L’inexpérience aussi, d’un collectif qui pesait moins de 200 caps contre 150 pour le seul Luka Modric en face, sans parler de l’absence d’automatismes. Autant de points soulignés par Didier Deschamps après le match nul tout en admettant que « ce n’est pas une excuse ». Un peu, quand même.
C’est une chose d’avoir sa chance d’entrer au sein d’une équipe parfaitement huilée, c’en est une autre d’être lâché dans la nature dans un groupe sans grandes affinités. Mais c’est aussi dans la difficulté que se révèlent les meilleurs, ceux sur qui DD pourra compter en cas de blessure, de baisse de formes des titulaires ou de dynamique de résultat négative comme en ce moment. Et à ce jeu, très peu se sont révélés. Alors, quels plans B pour Deschamps ?
Maignan et Nkunku au niveau
On ne saura jamais ce qu’il se serait passé si Kimpembe n’était pas venu rattraper son erreur en sauvant Mike Maignan d’un face-à-face avec Budimir à la 18e contre la Croatie. Mais ses sorties rassurantes, sa qualité de relance et son arrêt salvateur devant Vlasic en fin de rencontre confirment ce que tout le monde sait déjà. A savoir que, comme le disait Adrien Rabiot en conférence de presse le lendemain, « Mike, c’est la relève ». Non pas qu’il y ait urgence à remplacer Hugo Lloris, mais c’est toujours bon à prendre. Rabiot, toujours :
« « Mike m’impressionne. Je l’ai vu évoluer toute la saison dans le championnat italien, j’ai beaucoup regardé les matchs du Milan. S’ils ont été aussi solides, c’est aussi grâce à Mike. Il n’y a pas trop de doutes sur son statut dans l’équipe. » »
Pas plus qu’il n’y en a sur son aptitude à être mobilisable dès à présent en cas d’absence du capitaine.
Seul autre Français à avoir surnagé parmi les doublures, Christopher Nkunku a fait honneur à son statut de meilleur joueur de Bundesliga. Il n’a pas marqué, mais si Diaby et Griezmann s’étaient montrés plus tranchants face au but, il s’en serait sorti avec deux passes décisives. Son passé de milieu de terrain combiné à sa nouvelle condition d’attaquant lui permet d’être influent sur une grande partie du terrain, et il a montré qu’il pouvait être rudement efficace sur les phases de transition, notamment par sa capacité à porter le ballon.
Là encore, ce sont les coéquipiers qui en parlent le mieux. Ibrahima Konaté, en l’occurrence. « Christopher, je n’ai pas besoin de le décrire. Il se déplace beaucoup dans le jeu, il décroche beaucoup, il a une technique de frappe impressionnante, donc il peut mettre en danger facilement les équipes adverses. » On imagine mal DD virer Griezmann du 11 de départ, mais s’il y en a bien un qui peut menacer la place du Colchonero auprès de Benzema et Mbappé, c’est bien lui.
Wissam, pour quoi faire ?
Pour éviter de se faire trop d’ennemis, saluons d’abord l’immense travail du Monégasque, capable de transformer un de ses rares ballons potables en passe décisive, qui plus est pour Adrien Rabiot, ce qui est un exploit en soi. Mais pour paraphraser un collègue dont on taira le nom, tout merveilleux joueur qu’il est, WBY est à un niveau A’, niveau vainqueur de la Ligue Europa. Du très haut niveau mais un poil en dessous de ce que pourrait apporter, on sait pas, au pif, comme ça : Olivier Giroud. En plus de ses qualités de buteur, l’attaquant du Milan AC présente l’avantage d’avoir un style de jeu complètement différent de celui de Benzema et Mbappé très utile quand il s’agit d’aller à la bagarre entre deux stoppeurs, dans les airs ou par son jeu en pivot.
Quant à Ben Yedder, Philippe Clément a beau affirmer que « lui qui avait beaucoup de qualités avec ballon a grandi dans le jeu collectif sans ballon », on l’a justement trouvé assez quelconque dès lors qu’il ne touchait pas la balle. Et par rapport à ce que DD disait du Monégasque avant le rassemblement («il veut montrer ses qualités car c’est un buteur efficace, adroit dans le jeu court et à la finition »), ce n’est pas ça non plus.
La défense à 4 en roue de secours ?
Contre la Croatie, Didier Deschamps a aussi pu tester un revenant, ou plutôt une revenante, la défense à quatre. « Je ne suis pas figé, je ne veux pas renoncer non plus à ce qu’on a fait avant », se justifiait le sélectionneur, sans doute inquiet de voir s’effriter le pilier de ses succès passés. Sans tomber dans le catastrophisme, la France concède plus de buts et d’occasions que par le passé. A trois ou à quatre, le sentiment de fragilité et de déséquilibre en faveur du secteur offensif demeure le même. Des erreurs de marquage sur les couloirs ou d’alignement défensif, il y en a eu face au Danemark et en Croatie. « Ce n’est pas que le système », en conclut DD, ce sont aussi les joueurs.
Benjamin Pavard, qui se réjouissait de pouvoir enfin jouer à son poste naturel n’a pas vraiment brillé en défense centrale. Presnel Kimpembe a fait un bon match mais montré, en concédant un carton jaune bête après l’égalisation, que ses nerfs pouvaient flancher quand l’équipe perdait le contrôle (un mal très parisien). Saliba est encore tendre. Ibrahima Konaté, qui vient de débarquer pour pallier la blessure de Raphaël Varane, a peut-être un créneau à prendre. La seule certitude dans cet océan d’hésitation, c’est que Deschamps s’inquiète plus de trouver la bonne formule que de performer en Ligue des Nations. « Ce sont des matchs de préparation aussi, en prévision de ce qui nous attend en fin d’année. » Plus que quatre matchs, mine de rien, pour trouver un second souffle avant le Qatar.



















