ASSE : Pascal Dupraz peste contre « les actes de guerre » de l’après-barrage contre l’AJ Auxerre

FOOTBALL L’entraîneur haut-savoyard, remplacé par Laurent Batlles la saison prochaine en Ligue 2, est revenu pour la première fois sur la relégation de l’AS Saint-Etienne, mais aussi sur le chaotique après-match contre Auxerre

Jérémy Laugier
Des supporteurs stéphanois ont envahi la pelouse du Chaudron dès la fin de la séance de tirs au but perdue, le 29 mai contre l'AJ Auxerre. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK
Des supporteurs stéphanois ont envahi la pelouse du Chaudron dès la fin de la séance de tirs au but perdue, le 29 mai contre l'AJ Auxerre. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK — AFP

Il aura fallu neuf jours à Pascal Dupraz pour sortir du silence, après le barrage retour contre l’AJ Auxerre (1-1, 4-5 aux tirs au but) synonyme de relégation en Ligue 2 pour l'AS Saint-Etienne. L’entraîneur des Verts, en fin de contrat le 30 juin et officiellement remplacé par Laurent Batlles, avait en effet zappé la conférence d’après-match le 29 mai, « à la demande des dirigeants ».

Dans une interview accordée au Parisien, il est revenu sur l’échec de son opération maintien sur six mois. « Je savais que la mission était périlleuse, elle l’a été au-delà de ce que j’imaginais », précise-t-il d’emblée. En cause notamment selon Pascal Dupraz : « trop de jeunes joueurs, trop de petits moteurs nous obligeant à alléger les séances d’entraînement », et « surtout le manque de complémentarité ».

« T’as intérêt à maintenir le club sinon on te fume »

Le Haut-Savoyard de 59 ans évoque aussi le contexte bouillant avec les ultras stéphanois, et ce même avant ce qu’il qualifie « d’actes de guerre » ayant suivi le barrage retour. A savoir ces nombreux fumigènes et feux d’artifice balancés de partout pendant deux minutes, sur la pelouse et dans les tribunes.

Après le match à Lorient [2-6 le 8 avril], des supporteurs nous ont suivis. Et un de leur véhicule a même percuté notre bus sur la route de l’aéroport. Sur le tarmac, on m’a demandé d’aller parler à la trentaine de types présents. L’un d’eux m’a hurlé à dix centimètres du visage : "Espèce de bouffon ! T’as intérêt à maintenir le club sinon on te fume". Cette menace de mort, ça a été le déclic pour quitter le club. »

Pascal Dupraz dément ainsi avoir poussé pour une prolongation de contrat à l’ASSE, comme cela a pu être évoqué dans la presse. Désormais libre, il regrette à son tour le dangereux envahissement de terrain du 29 mai, qui devrait être lourdement sanctionné par la commission de discipline : « Ça m’a confirmé ce climat de terreur d’une toute petite minorité. Dans les tribunes, j’ai vu des gamins de 6 ou 7 ans, invités par le club, hurler de peur devant les fumigènes qu’ils se prenaient sur la gueule. Quelle est la prochaine étape ? Un mort sous prétexte que l’équipe ne gagne pas assez ? C’est inacceptable ».