ASSE-Losc : « Personne n’est écarté », confie Claude Puel, qui a mis fin à la série noire en misant sur d’anciens cadres

FOOTBALL Les Stéphanois ont su mettre un terme à une terrible spirale de sept défaites consécutives, en accrochant Lille à la surprise générale dimanche (1-1)

Jérémy Laugier

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Après trois mois à l'écart, Ryad Boudebouz a retrouvé le Chaudron pour la première fois, dimanche face au Losc.
Après trois mois à l'écart, Ryad Boudebouz a retrouvé le Chaudron pour la première fois, dimanche face au Losc. — OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
  • Deux mois après, l’ASSE a enfin repris un point en Ligue 1 en accrochant le Losc (1-1) dans le Chaudron dimanche. Un nul synonyme de passage de la 16e à la 15e place.
  • Quelques motifs d’espoir apparaissent dans le jeune effectif stéphanois, notamment avec le retour progressif d’anciens joueurs majeurs de l’ASSE, comme Wahbi Khazri, Ryad Boudebouz et le capitaine Mathieu Debuchy.
  • Cette réaction demande forcément une confirmation dimanche à Dijon (20e), dans un choc de bas de tableau.

Au stade Geoffroy-Guichard,

Le compteur des joueurs débutant en Ligue 1 sans avoir leur nom floqué sur le maillot va sans doute rester bloqué à six du côté de l'ASSE cette saison. Car le précieux nul (1-1) arraché dimanche face au Losc semble avoir marqué un tournant dans le management de Claude Puel. Pour la première fois depuis la reprise en août, Adil Aouchiche (18 ans et 9 titularisations) n’est symboliquement pas entré en jeu. Celui-ci a été suppléé par Wahbi Khazri (29 ans), que le manager stéphanois cherchait à transférer cet été.

Dix mois après un doublé contre Nîmes (2-1), l'international tunisien a retrouvé le chemin des filets sur penalty (1-0, 33e). Revenant de nulle part dans l’esprit de Claude Puel, Ryad Boudebouz (30 ans) est aussi passé devant Adil Aouchiche dimanche, et il a été auteur d’une bonne rentrée, surtout après trois mois de mise à l’écart.

« Un groupe avec des jeunes et des gars expérimentés au diapason »

Mine de rien, l’ode à la jeunesse est donc beaucoup moins de mise, avec un 11 présentant une moyenne d’âge proche de 28 ans face au Losc, contre 24 ans lors du revers (2-0) à Metz il y a un mois. Claude Puel se défend d’avoir effectué un virage à 180 ° afin d’enrayer la terrible spirale de sept défaites consécutives.

« Personne n’est écarté, il n’y a pas de jeunes ou de moins jeunes, indique-t-il. Ce soir, j’ai vu un groupe avec des jeunes et des gars expérimentés qui étaient au diapason. Arrêtons de nous focaliser là-dessus, car en agissant de la sorte, on les oppose. Je compte sur tout le monde tout simplement. » Tout le monde hormis Stéphane Ruffier donc, le dernier des blacklistés du Forez.

Mathieu Debuchy, entre « confiance, sérénité et autorité »

Outre le retour de suspension de Romain Hamouma et Wahbi Khazri et celui de sélection tardif la semaine passée du latéral péruvien Miguel Trauco, Claude Puel peut compter à nouveau sur Mathieu Debuchy, qui s’était blessé lors du succès à Marseille (0-2) le 17 septembre. « Il apporte de la confiance, de la sérénité et de l’autorité, loue Jessy Moulin. Ça tire tout le monde dans le bon sens. C’est un vrai soldat et un guerrier qui ne lâche jamais rien. On avait hâte de retrouver notre capitaine. »

Un capitaine qui a été bien veinard de ne pas être exclu, entre une grosse faute d’antijeu sur Luiz Araujo filant au but (52e) et un tacle mal maîtrisé sur Jonathan Bamba (83e). Avant cela, « Debuch » a comme toute l’équipe stéphanoise réussi « une première période très cohérente », bloquant le Losc à un seul tir (non cadré) à la pause. « Après, on a souffert, mais ensemble », tient à préciser Jessy Moulin. Pour une équipe (15e) s’étant désintégrée la semaine précédente à Brest (4-1), il était essentiel de montrer qu’elle n’avait pas un visage de condamné au tiers du championnat, à l’image de ce que nous indique le gardien des Verts.

Comme tout le monde, on déteste la défaite et on essaie de trouver des solutions pour casser cette mauvaise dynamique. On est content d’avoir brisé cette série. On n’avait vraiment pas envie de rentrer dans l’histoire du club de cette manière-là. »

Un rendez-vous déjà flippant dimanche à Dijon

Finalement, et cela ne semble pas être un hasard, les prestations les plus convaincantes de l’ASSE depuis cet été l’ont été contre des équipes prestigieuses, à savoir le PSG en finale de Coupe de France (0-1), au Vélodrome (0-2), dans le derby (2-1) et contre le Losc (1-1). « C'est vrai qu’on est plutôt très concentrés et cohérents contre les grosses écuries. A nous de ne prendre personne de haut. »

Au vu des deux mois de disette, même un Dijon (20e à quatre points des Verts) surprenant vainqueur à Nice (1-3) pourrait être vu comme un gros danger. Car dimanche (15 heures), les Verts auront sur leur route « un concurrent direct », comme l’assume Claude Puel. « Il faut s’inscrire dans un cycle vertueux, ce qu’on n’a pas su faire après le match à Lyon », alerte le manager.