OL-PSG : « On n’a quasiment pas existé »… Lopes et les cadres lyonnais remontés après le fiasco du 5-3-2 de Sylvinho

FOOTBALL Les Lyonnais ont été totalement malmenés dimanche contre le PSG (0-1) dans un système en 5-3-2 inédit, qui n'a vraiment pas été une réussite

Au Parc OL à Décines, Jérémy Laugier

— 

Memphis Depay ne masque pas sa frustration au terme d'un sommet de Ligue 1 totalement manqué par l'OL. JEFF PACHOUD
Memphis Depay ne masque pas sa frustration au terme d'un sommet de Ligue 1 totalement manqué par l'OL. JEFF PACHOUD — AFP
  • Pour la première fois de la saison, Sylvinho a tenté de mettre en place dimanche un système en 5-3-2 pour défier le PSG.
  • Cette tactique s’est accompagnée d’un terrible néant offensif, avec zéro tir cadré et un frustrant revers (0-1) sur un but tardif de Neymar.
  • Ce nouveau choix infructueux de Sylvinho fait forcément débat, au vu de la série de cinq rencontres sans succès de l’OL.

Un spectaculaire feu d’artifice d’avant match, couplé à des tubes surpuissants de Metallica et Muse dans un stade en fusion… Et puis le néant, ou presque. Contrairement à leur histoire récente au Parc OL contre le PSG, avec trois grosses perfs (2-1) depuis février 2016, les Lyonnais sont passés à côté d’un de leurs rendez-vous majeurs de la saison en Ligue 1 dimanche. « C’est une équipe qui joue la Ligue des champions, mais qui a décidé de défendre bas bas bas et serré en 5-3-2 », a constaté Thomas Tuchel après le succès (0-1) plus que logique de son équipe. L’entraîneur parisien n’est pas le seul à ne pas avoir goûté au bouleversement tactique opéré dans la semaine par Sylvinho, lui l’inconditionnel du 4-3-3.

L’intéressé a tenté de défendre son plan de jeu, qui s’est soldé par une entame enlevée puis une attaque-défense de plus d’une heure assez terrible à vivre pour les plus de 50.000 supporters lyonnais présents. « Je voulais laisser attaquer l’adversaire pour contrer la tactique du PSG, explique le coach brésilien, privé de victoire depuis cinq rencontres. C’était pour solidifier notre partie défensive et pour exploiter au mieux le potentiel de nos deux attaquants Moussa Dembélé et Memphis Depay dans l’axe. Je trouve que la présence de trois défenseurs centraux, avec Thiago Mendes devant eux, a bien fonctionné. Mais la partie offensive du milieu et l’attaque n’ont pas trouvé leurs marques. »

Plutôt « un manque de création » que d’ambition selon Sylvinho

C’est peu de le dire : les partenaires de Jason Denayer ont galéré comme pas permis durant la dernière heure de jeu pour approcher la surface parisienne. Et Opta a pu se fendre d’une alerte lourde de sens : pour la première fois depuis (au moins) 13 ans, l’OL n’a pas cadré le moindre tir lors d’une rencontre de Ligue 1 à domicile. Les conséquences d’un criant manque d’ambition ? « Je parlerais plus d’un manque de création », a tenté d’atténuer Sylvinho, dont le coaching en cours de partie (entrées de Lucas Tousart et Kenny Tete, impliqués sur le but de Neymar, puis de Bertrand Traoré à la 88e minute) n’a toujours pas été bénéfique.

Dans la hiérarchie des joueurs ayant maudit ce 5-3-2 un peu tombé du ciel (inutile d’oser mentionner un 3-5-2 vu le peu d’apport offensif de Léo Dubois et Youssouf Koné), Jeff Reine-Adélaïde est apparu comme le plus soft dimanche soir. « C’était un système pour garder la balle un peu plus haut et pour presser dès la perte du ballon, estime l’ancien Angevin. En première période, on a eu pas mal de situations en contres. On avait fait un bon début de match et après on a baissé en intensité. Ils nous ont asphyxiés dans notre camp. »

« Ça vous prend tellement d’énergie que c’est dur d’attaquer derrière »

Un constat partagé de manière plus véhémente par le capitaine Jason Denayer au micro de Canal + : « Paris a dominé tout le match. Ce n’était pas notre tactique [de subir] mais encore une fois, on a manqué de caractère dans ce match. On n’a pas su être à la hauteur. On doit encore se remettre en question ». Sylvinho y compris ?

En tout cas, pour que Memphis Depay s’arrête devant les médias, ce qui arrive environ cinq fois par saison, c’est qu’il a un message à faire passer. Et outre son appel à « rester ensemble » dans cette inquiétante série, le Néerlandais a commenté avec son franc-parler légendaire la tactique de son nouvel entraîneur.

Un manque d’ambition ? Vous savez, quand vous jouez avec cinq défenseurs, vous manquez de joueurs devant. Avec Moussa, on se sentait souvent isolés. Ce n’était pas facile de garder le ballon. On a beaucoup défendu, on a fait tant d’efforts durant tout le match... Ça vous prend tellement d’énergie que c’est dur d’attaquer derrière. »

« On aspire à faire beaucoup mieux et on se doit de le faire »

Extrêmement remonté contre le niveau affiché par les Lyonnais depuis plus d’un mois, Anthony Lopes est allé dans le même sens au sujet d’un schéma « travaillé ces trois derniers jours » et « imposé » par le coach. « Tout simplement, on fait 15 bonnes premières minutes, confie l’emblématique gardien de l’OL. Et puis après, on s’est fait éteindre petit à petit. On n’a pas du tout maîtrisé notre match. On n’a quasiment pas existé durant la rencontre. Ça devient très compliqué quand tu es à domicile et que tu n’arrives pas à tenir le ballon ou à cadrer une frappe. Même si c’est le PSG en face, on aspire à faire beaucoup mieux et on se doit de le faire. Quand tu subis toutes ces vagues, c’est normal que ça cède en fin de match. »

Des vagues, Sylvinho commence à en subir pas mal ces derniers jours, après une hype n’ayant accompagné que ses deux premiers éclatants succès en Ligue 1 à Monaco (0-3) et contre Angers (6-0). Il n’est pas vraiment protégé par son directeur sportif Juninho, censé prendre le relais médiatiquement de Jean-Michel Aulas pour défendre la fameuse « institution OL » cette saison. « Après les deux premières journées, j’avais dit que le chemin serait long, a indiqué dimanche l’ancien adjoint de Tite à la tête de la sélection brésilienne. Mon travail est de redonner de la confiance à cette équipe. »

« Il faut s’inquiéter un peu… mais pas tant que ça »

Une équipe ayant annoncé son ambition de lutter avec le PSG et déjà larguée, après six journées, à la neuvième place en L1, à sept points du champion en titre. « C’est vrai qu’aujourd’hui il y a un écart, mais il y a encore beaucoup de temps, relativise Jeff Reine-Adélaïde. Il faut s’inquiéter un peu… mais pas tant que ça. Ça ne fait que six journées, le chemin est encore très long et on va relever la tête. On a une très très grosse équipe, avec des joueurs internationaux de caractère. Mais il faut réussir à mettre en place le jeu qu’on veut et ça prend beaucoup de temps. »

Sauf que le temps pourrait vite devenir pressant à Lyon, et que tout autre résultat que deux victoires, mercredi à Brest puis samedi face à Nantes ferait vraiment tache. Et ce en 5-3-2 comme en 4-3-3.