OL: Pourquoi est-ce logique d’être déjà «hypé» par la présentation de Juninho et Sylvinho?

FOOTBALL Les deux nouveaux hommes forts de l'OL, les Brésiliens Juninho et Sylvinho, viennent de livrer une présentation très convaincante ce mardi aux côtés d'un Jean-Michel Aulas en retrait sur le plan sportif

Au Parc OL, Jérémy Laugier

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Sylvinho et Juninho entourent Jean-Michel Aulas, ce mardi dans l'auditorium du Parc OL à Décines. JEFF PACHOUD
Sylvinho et Juninho entourent Jean-Michel Aulas, ce mardi dans l'auditorium du Parc OL à Décines. JEFF PACHOUD — AFP
  • Arrivés dimanche à Lyon, Juninho et Sylvinho se sont présentés ce mardi après-midi à l’auditorium du Parc OL pour une première conférence de presse.
  • Les deux anciens grands joueurs brésiliens, respectivement directeur sportif et entraîneur du club, ont précisément fait comprendre les axes forts de ce futur OL.
  • De retour à l’OL dix ans après son départ en tant que joueur clé dans la conquête des sept titres consécutifs en Ligue 1, « Juni » a réussi son examen de passage dans son nouveau costume.

Ce mardi 28 mai, l’OL a officiellement changé de projet. Introduits par une vidéo riche en belles frappes lointaines expédiées durant leur carrière de joueurs, Juninho et Sylvinho ont déjà amené de la rigueur à Lyon sur l’horaire du début de la conférence de presse. Ce nouveau tandem fort directeur sportif-coach s’est d'emblée montré convaincant et "complémentaire". Entre le 4-3-3 de Sylvinho s'appuyant sur la possession du ballon et la quasi obsession (déjà) de "Juni" d'inculquer à son groupe régularité et concentration en Ligue 1, tout est clair et précis. Un coup de fraîcheur totalet inattendu après trois ans et demi le plus souvent pesants avec Bruno Genesio aux manettes. De quoi être immédiatement "hypé" par les têtes pensantes do Brasil prêtes à écrire « une histoire émouvante et passionnante », dixit  Jean-Michel Aulas.

Les yeux de l’amour d’Aulas pour Juninho

La vie de Jean-Michel Aulas va vraiment changer. Imaginez, en une heure, le président lyonnais s’est quasiment contenté d’introduire ses deux recrues majeures pendant quinze minutes avant de leur céder la parole. Il a donc surtout parlé d’OL City, des trois concerts d’Ed Sheeran et de football féminin. S’amusant souvent des bons mots de son nouveau directeur sportif ou du personnage tout en rigueur de Sylvinho, ce nouveau JMA prenant (enfin) du recul sur le plan sportif a contextualisé ce changement d’ère, avec pour la première fois en trente-deux ans des étrangers placés à deux postes clé de son club.

« Je voudrais du fond du cœur remercier ''Juni'' parce que sa venue change beaucoup de choses dans le développement de ce que nous souhaitons faire. Il a tous les pouvoirs sportifs. Certains avaient un peu de difficultés à me croire, mais c’est une réalité. Sylvinho, c’est son choix. C’est vrai que nous avons pris un certain nombre de risques mais nous sommes convaincus que c’est un choix gagnant. Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour leur donner les moyens de réussir. »

Le président de l’OL a évoqué une réunion de quatre heures ce mardi pour son nouveau « triangle » fort, entre les deux recrues brésiliennes et Florian Maurice, toujours en charge de la cellule de recrutement du club. Et ce, avant de laisser place à la partie d’affect qui accompagne son choix de faire revenir Juninho à Lyon : « Il y a dix ans, quand il est parti, j’avais annoncé que mon grand projet serait qu’il revienne. J’avais essayé il y a deux ans et on est tenaces. J’ai senti cette année qu’il y avait l’obligation de changer ».

C’est pourquoi JMA s’est démené pour convaincre « un ''Juni'' aussi fort dans ses convictions que par le passé mais encore plus mature et avec une force intérieure incroyable ». Tant qu’à faire, Jean-Michel Aulas a bouclé cette conférence de presse en citant Martin Luther King : « Croyez en vos rêves et ils se réaliseront peut-être. Croyez en vous et ils se réaliseront sûrement. »

Les grandes ambitions de Juninho

Il est amusant de constater que Juninho, arrivé dimanche à Lyon, emploie déjà le « on » de manière quasi automatique lorsqu’il évoque le parcours de l’OL cette saison. Passionnant et précis lorsqu’il parle football, « Juni » ne se cache pas d’avoir accepté cette troisième proposition de JMA, en CDI, car il avait « beaucoup de libertés », dont « la possibilité de choisir l’entraîneur ».

Le nouveau directeur sportif lyonnais s’est déjà montré tranchant pour cibler au mieux les manques de cet OL troisième de L1 avec Bruno Genesio : « Lyon arrive à dominer ses adversaires et les bases techniques sont là. Mais on manque d’agressivité, surtout quand on perd le ballon. C’est une équipe qui aime jouer mais qui ne fait pas mal aux adversaires. On fait des grands matchs mais après on n’est pas capables de garder un niveau de concentration. C’est la preuve qu’il y a des choses à changer par rapport aux sacrifices, à la mentalité. » Et de poursuivre : 

Cette équipe a pris pas mal de buts et pour moi, ce n’est pas notre défense mais notre système défensif qui est faible. Devant, on ne travaille pas défensivement et il va falloir changer la mentalité de nos attaquants. »

Juninho a fait à plusieurs reprises référence à la finale de Ligue Europa de mercredi qui pourrait permettre à l’OL d’intégrer directement les poules de Ligue des champions en cas de succès de Chelsea contre Arsenal. Un premier rendez-vous clé dans la préparation d’une saison (reprise le 4 juillet) pour laquelle l’objectif sera clairement de ne pas être largués à 19 points du PSG. « Je rêve de disputer cette Ligue 1 avec du cœur et en essayant d’être plus près de Paris », indique le Brésilien de 44 ans, qui s’attend à « trois départs maximum » cet été, parmi lesquels Nabil Fekir et Tanguy Ndombele.

Au passage, « Juni » y est allé d’un tacle clair et net sur l’implication des supposés joueurs majeurs : « Malheureusement, Bruno n’a pas eu de vrais leaders sur le terrain. On a des leaders techniques mais ça ne suffit pas pour gagner des trophées. Quand tu es en difficulté sur le terrain, il manque des joueurs pour remettre l’équipe en place ». Le changement est en place à Lyon, et il sera tout aussi marqué avec le nouveau coach.

La découverte de Sylvinho, si dur en apparence

Quand Juninho évoque les méthodes de son compatriote, il évoque spontanément « la discipline ». Rien d’étonnant à en croire les quelques mots prononcés par l’ancien latéral d’Arsenal et du Barça. Sylvinho a d’abord qualifié, en français, cette présentation officielle de « jour très heureux ». Le désormais ex-adjoint de Tite a vite annoncé la couleur : « Je ne contrôle pas les résultats mais je contrôle le travail. Et ça, je peux vous assurer qu’il y en aura beaucoup. »

Une rigueur et une fermeté nouvelles à Lyon et qui n’empêchent pas un projet de jeu ambitieux. « J’aime le 4-3-3, la possession de balle et jouer dans le camp adverse », indique celui qui sera seulement accompagné de Fernando Lázaro, jusque-là analyste vidéo de la Seleção. « Il me connaît très bien et il me calme », confie Sylvinho, extrêmement déterminé, et déjà en mission à en croire son regard noir. Gérald Baticle, Grégory Coupet, Antonin Da Fonseca mais aussi son autre compatriote Claudio Caçapa resteront donc notamment dans le staff de l’équipe première.

Sous contrat jusqu’en 2021, il a lui aussi fini sa présentation par une drôle de punchline: « Je peux vous assurer qu’il ne manquera pas dans cette équipe d’inspiration et d’âme. Et le meilleur joueur de notre équipe est né le 3 août 1950, c’est l’Olympique Lyonnais ». Tremble, Thomas Tuchel.