OL: «Il a en lui cette exigence qui nous a tant fait défaut»… Pourquoi le retour de Juninho excite-t-il les Lyonnais?

FOOTBALL Avant un Nîmes-OL sans enjeu ce vendredi (21h05), c’est surtout le retour annoncé de Juninho en tant que directeur sportif qui enthousiasme comme rarement les supporters lyonnais 

Jérémy Laugier

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Le 23 mai 2009, le stade de Gerland avait dédié un tifo hommage à Juninho, pour son dernier match sous le maillot lyonnais en Ligue 1 contre Caen.
Le 23 mai 2009, le stade de Gerland avait dédié un tifo hommage à Juninho, pour son dernier match sous le maillot lyonnais en Ligue 1 contre Caen. — Pascal Fayolle/Sipa
  • Assuré de finir sa saison de Ligue 1 à la troisième place, l’OL se déplace pour une rencontre sans enjeu ce vendredi (21h05) à Nîmes.
  • Depuis une semaine et l’annonce de Jean-Michel Aulas après la victoire contre Caen (4-0), les supporters lyonnais sont déjà tournés vers le retour de leur idole des années 2000, Juninho.
  • L’ancien milieu brésilien, septuple champion de France avec l’OL, va occuper le poste de directeur sportif, ce qui enthousiasme les supporters tout comme les ex-partenaires de « Juni » à Lyon.

 

Jamais l’annonce de l’arrivée d’un directeur sportif n’avait déclenché autant d’euphorie dans un club de Ligue 1. Plus encore que son compatriote Leonardo au PSG (de 2011 à 2013), Juninho va retrouver un OL conquis d’avance. Si l’ancien milieu de terrain, septuple champion de France de 2002 à 2008, bénéficie d’une « confiance éperdue » de Jean-Michel Aulas, il en est de même auprès des supporters lyonnais.

« Juninho a écrit l’histoire de l’OL et il a en lui cette exigence qui nous a tant fait défaut ces dernières années, estime Thierry Greco, abonné au virage sud. A son époque, c’étaient de vrais gagneurs les mecs. Je veux que mon club retrouve de l’ambition et arrête de ronronner. J’espère que les joueurs seront aussi excités que nous d’avoir enfin une pointure comme directeur sportif. »

« Son nom va ouvrir des portes de partout »

Si la dernière journée de Ligue 1, ce vendredi (21h05) à Nîmes, est dénuée d’enjeu et si les trois dernières années avec Bruno Genesio ont exaspéré de nombreux supporters, « l’intersaison va être longue et pleine d’espoir » selon David, lui aussi abonné au Parc OL. « Juninho va même peut-être faire de l’ombre à l’entraîneur Sylvinho dans un premier temps, ce qui n’est peut-être pas plus mal pour travailler tranquillement », se projette-t-il avec enthousiasme. A l’image de Jean-Marc Chanelet, les anciens partenaires du plus grand joueur de l’histoire de l’OL voient aussi son retour à Lyon d’un bon œil.

« ''Juni'' a toujours été un joueur intelligent et réfléchi. Il ne fait pas les choses au hasard et s’il accepte cette fonction aujourd’hui [après avoir refusé en 2017], c’est qu’il s’en sent capable. Je l’imagine bien à ce poste mais je pense qu’il s’agit d’une étape intermédiaire car le terrain l’intéressera aussi. Son nom va ouvrir des portes de partout. Je n’ai aucun doute sur ses connexions. Quand on affrontait une équipe, il savait toujours quelles étaient ses forces et ses faiblesses. Il identifiait parfaitement ses joueurs clés. Et puis sur le terrain, il était vraiment sécurisant, notamment par ses coups francs. Il vivait les matchs à fond. »

« Je le vois plus dans cette fonction que dans celle d’entraîneur »

Pour Philippe Violeau, lui aussi champion de France en 2002 et 2003 aux côtés du maestro brésilien, ce poste lui va au mieux : « Je le vois plus dans cette fonction que dans celle d’entraîneur. Il a toujours eu une vision intéressante du monde du football mais je l’imagine moins animer des séances d’entraînement. »

« Juni » va forcément débarquer à Lyon, dix ans après avoir inscrit son 100e but pour son dernier match sous le maillot lyonnais face à Caen (le 23 mai 2009), avec un statut d’icône particulier. Et intouchable, surtout dans cette fonction de directeur sportif lui ayant permis de nommer Sylvinho sur le banc ?

L’OL vient de lancer un flocage Juninho sur sa nouvelle collection de maillots

« Etre entraîneur, ça aurait clairement été un poste plus exposé, confie Jean-Marc Chanelet. Une légende d’un club peut voir son statut s’écrouler si les résultats ne sont pas là. Tous les supporters lyonnais sont depuis très longtemps dans l’attente de son retour. Juninho est resté présent dans leur cœur et ça va forcément être bénéfique à tout le monde au départ. Il apporte avec lui une sacrée vague positive à l’OL. »

« C’est certes un poste moins stressant et plus en retrait que celui d’entraîneur, complète Philippe Violeau. Mais s’il a déjà un vrai impact sur le recrutement et que ça ne se passe pas bien pour les nouveaux joueurs qu’il a choisis, il sera lui aussi dans le viseur. » On a quand même du mal à imaginer l’état de grâce qui se dessine, et entretenu par l’apparition sur le site de l’OL d’un flocage à son nom sur les nouveaux maillots, s’effondrer en quelques mois.

« Je suis content qu’Aulas n’ait pas nommé une marionnette comme DS »

« Il est tranquille pour un moment, sauf si Sylvinho se révèle être une pipe, confirme Sébastien, que la nomination d’un directeur sportif à Lyon a incité à reprendre un abonnement au virage nord résilié deux ans plus tôt. A ce moment-là on lui reprochera son choix. Mais j’ai le sentiment qu’à court terme, ''Juni'' a plus à craindre qu’on sabote son aura de l’intérieur plutôt que ça ne vienne des supporters. » Philippe Violeau a bien perçu la cote de popularité hors normes du Brésilien durant les grandes heures à Gerland. « Il avait une telle aura, il a toujours su fédérer et il n’a jamais fait de vagues donc les supporters ne pouvaient que l’admirer. Son image de joueur va beaucoup l’aider pour sa nouvelle vie. »

Une nouvelle vie qui va coïncider avec une nouvelle ère pour un OL qu’on n’imaginait pas à ce point changer dans sa version JMA. « Je réclame depuis des années que le sportif ne soit pas géré par Aulas donc l’arrivée d’un DS me remplit vraiment de joie, indique Sébastien. Je suis content qu’Aulas ait choisi de nommer un vrai DS et pas une marionnette. Il lui reste un seul point à corriger, sa com'. Mais ça, on a sûrement plus de chance de gagner la Ligue des champions que de voir Jean-Michel muet. » Si ce jour arrive, on serait bien au-delà de la révolution à l’OL.