OL: «On prend des risques pour passer la vitesse supérieure»… Aulas officialise Sylvinho comme successeur de Genesio

FOOTBALL Ancien défenseur latéral d'Arsenal et du Barça, le Brésilien de 45 ans Sylvinho sera bien le nouvel entraîneur de l'OL

Au Parc OL, Jérémy Laugier

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Sylvinho, ici en août 2009 lors de sa conférence de presse d'arrivée à Manchester City en tant que défenseur latéral.
Sylvinho, ici en août 2009 lors de sa conférence de presse d'arrivée à Manchester City en tant que défenseur latéral. — PAUL ELLIS / AFP
  • Annoncé vendredi soir dans différents médias comme le successeur de Bruno Genesio, Sylvinho va bien s’engager avec l’OL, comme l’a confirmé Jean-Michel Aulas après Lyon-Caen samedi (4-0).
  • A 45 ans, l’ancien joueur d’Arsenal, du FC Barcelone et de Manchester City était depuis 2016 l’un des adjoints du sélectionneur brésilien Tite et le nouveau coach de l’équipe olympique auriverde.
  • Libéré par la fédération brésilienne, Sylvinho va arriver à Lyon parallèlement au nouveau directeur sportif de l’OL Juninho.

« La samba brésilienne a quand même coïncidé avec des jours fantastiques pour l’OL. On espère revenir au plus haut niveau français et européen avec cette samba. » Jean-Michel Aulas ne s’en cache pas, il garde un lien particulier avec le Brésil. Même la saison galère d’un  Marcelo n’a pas entamé le souvenir des sept titres dans les années 2000 pour lesquels Sonny Anderson, Edmilson, Cris, Claudio Caçapa et évidemment Juninho ont eu un immense impact.

Outre Claudio Caçapa, déjà entraîneur adjoint en charge des défenseurs, et Juninho nouveau directeur sportif de l’OL, le club vient de miser sur Sylvinho pour prendre la succession des trois ans et demi de Bruno Genesio. Libéré vendredi par la fédération brésilienne de son poste d’adjoint de Tite et de responsable de la sélection olympique, le détenteur du diplôme d’entraîneur UEFA va connaître sa première aventure en tant que numéro un.

« Il a eu la chance d’être managé par Mancini, Guardiola et Wenger »

« C’est Juninho qui l’a choisi, a annoncé Jean-Michel Aulas après le large succès de son équipe contre Caen samedi (4-0). J'ai entendu qu’effectivement, il n’avait pas une longue expérience en tant qu’entraîneur principal. Mais bon, sans vouloir comparer Sylvinho à Zidane, on a vu que de très grands joueurs pouvaient très vite s’inscrire dans des projets ambitieux. » Voilà pour le coup de pression présidentiel d’emblée. D’ailleurs, Sylvinho était-il vraiment perçu comme un « très grand joueur » ?

Sylvinho (au second plan) a notamment été adjoint de Roberto Mancini à l'Inrter Milan entre 2014 et 2016.
Sylvinho (au second plan) a notamment été adjoint de Roberto Mancini à l'Inrter Milan entre 2014 et 2016. - KARIM JAAFAR / AFP

Après des débuts au Corinthians à São Paulo, cet ancien défenseur latéral a en tout cas enchaîné de grands clubs, entre Arsenal (de 1999 à 2001), le FC Barcelone (de 2004 à 2009) et Manchester City (2009-2010), sans s’imposer comme un titulaire indiscutable. Seulement sélectionné à six reprises avec la Seleção, Sylvinho a aussi été le coéquipier de Florian Maurice, actuel directeur de la cellule de recrutement de l’OL, au Celta Vigo en 2001-2002. Jean-Michel Aulas est sans surprise très élogieux à son égard.

« Sylvinho a quand même un palmarès qu’on voudrait tous avoir en tant que joueur. C’est la classe, c’est un joueur qui a eu la chance d’avoir été managé par Mancini [il a ensuite été son adjoint à l’Inter de 2014 à 2016], Guardiola et Wenger. Il a fallu le convaincre car il avait beaucoup de sollicitations. »

« Il va vouloir la possession mais avec des transitions offensives surprenantes »

Notamment vainqueur de deux Ligue des Champions avec le Barça (2006 et 2009), il a démarré son après-carrière de joueur en 2011 comme entraîneur adjoint du Cruzeiro (Brésil). Alors coach principal du club de Belo Horizonte, Vagner Mancini a décrypté la patte Sylvinho dans L'Equipe : « Il sera un coach tactique, exigeant sur l’organisation tout en donnant une certaine liberté quand son équipe aura le ballon. Il va vouloir la possession mais avec des transitions offensives rapides et surprenantes ». Jean-Michel Aulas vient d’annoncer samedi que Sylvinho serait accompagné à Lyon « d’un autre adjoint de la Seleção qui va s’occuper de l’aspect statistique et vidéo ». Un tandem permettant « une base solide et novatrice », assure JMA, conscient d’avoir effectué (ou tout du moins validé) un choix détonnant par rapport à ses standards.

Il s’agit de son premier coach étranger en 32 ans, non francophone et sans le moindre lien avec le club. « Quand on est entrepreneur et qu’on investit 500 millions d’euros dans un stade unique dans le monde, on a une vie faite de prises de risques, rappelle JMA. Là, elle est savamment calculée. Elle est conforme à ce que j’avais entendu auprès des médias et des supporters. Donc oui, on prend des risques mais on le fait pour passer la vitesse supérieure. » A savoir retrouver la culture des titres (le palmarès lyonnais est vide depuis 2012), dans le sillage de ce duo de quadras brésiliens Juninho et Sylvinho.