OL: «Tractopelão», «non-respect du club», «indifférence»… Comment Marcelo est-il vraiment perçu par les supporters?

FOOTBALL Le défenseur brésilien Marcelo, qui disputera un match essentiel ce vendredi (20h45) à Bordeaux, est actuellement la cible de nombreux supporters de l'OL

Jérémy Laugier

— 

Marcelo a notamment contribué au naufrage de son équipe, le 13 mars au Camp Nou contre le Barça de Lionel Messi (5-1).
Marcelo a notamment contribué au naufrage de son équipe, le 13 mars au Camp Nou contre le Barça de Lionel Messi (5-1). — Bagu Blanco/BPI/REX//SIPA
  • Dans sa quête de Ligue des champions, l’OL jouera gros ce vendredi (20h45) à Bordeaux.
  • Le défenseur brésilien Marcelo, sous contrat jusqu’en 2021, est l’une des inquiétudes majeures côté lyonnais cette saison.
  • Surnommé « Tractopelão » par les twittos fans de l’OL, il se voit aussi reprocher ses envies d’ailleurs (et surtout du Besiktas) par de nombreux supporters, à l’image d’un vif échange avec le virage nord la semaine passée.

Avant de se rendre à Bordeaux ce vendredi (20h45), Marcelo a décidément tout connu à Lyon depuis deux mois. Au bout d’une effroyable série dans laquelle il s’est retrouvé directement impliqué sur huit buts encaissés, le défenseur brésilien s’est vu attribuer, par le très sérieux Observatoire du football CIES, le titre honorifique de joueur affichant le meilleur pourcentage de duels aériens défensifs remportés dans les cinq plus grands championnats européens cette saison. Même le taulier ultime de Liverpool, Virgil van Dijk, ne se trouve que troisième dans ce classement.

En vrai, cette fascinante stat a fait rire jaune les twittos lyonnais, qui n’ont pas manqué de décortiquer dans tous les sens ses trois masterclass enchaînées à Barcelone (5-1, avez-vous préféré le petit pont de Luis Suarez sans toucher le ballon ou le crochet destructeur de Lionel Messi ?) puis contre Rennes (2-3) et Dijon (1-3). Né fin 2018 sur Twitter, le mythique surnom de « Tractopelão de São Vicente » a connu son heure de gloire dans la foulée.

Des envies d’ailleurs comparables à celles de Memphis ?

« C’est une boutade sur sa lenteur et son attentisme de malade sur les actions de buts, explique le célèbre Youtubeur et supporter de l’OL Zack Nani. Rien que le premier but subi contre Rennes, c’est honteux. Les surnoms se sont multipliés à son sujet, du style le monte-charge de São Paulo. En plus, on fustige tout le temps Memphis pour ses envies d’ailleurs. Mais Marcelo fait pareil avec le Besiktas et il mérite les mêmes critiques. »

Son attachement à son précédent club du Besiktas (Turquie), visible en raison de ses posts et likes sur les réseaux sociaux, est l’une des explications de son accrochage avec des supporters du virage nord juste après le succès, il y a une semaine, contre Angers (2-1). Dévoilée par l’émission J + 1, la séquence montre qu’il lui est reproché de « ne pas respecter le club ». Ce sont surtout son niveau et sa passivité défensive qui intriguent cette saison, et qui le placent clairement sur la liste des départs potentiels l’été prochain, malgré un contrat prolongé jusqu’en 2021 en août.

« Il ne fallait pas s’attendre à voir débarquer Sergio Ramos »

Avant la récente défaite à Nantes (2-1), Canal + avait également relayé un accrochage entre le capitaine Nabil Fekir et lui à l’entraînement. « Il est pénible sportivement mais je l’imagine mal faisant partie des joueurs capables de nuire à la cohésion de l’équipe, nuance Richard, un habitué du virage sud. A son arrivée, le club a parlé d’expérience et de caractère mais dans les faits, il est plus âgé que les autres mais il baisse vite la tête lui aussi. Après, quand on voit qu’il a notamment joué en Pologne [au Wisla Cracovie] et à Hanovre [10e, 13e et 18e de Bundesliga durant son passage], il ne fallait pas s’attendre à voir débarquer Sergio Ramos. Mais là où Cornet, Traoré voire Memphis sont souvent sifflés, Marcelo nous laisse indifférents. »

Une cote de popularité à des années-lumière de celle qu’il a connue, de janvier 2016 à juin 2017 au Besiktas, où le défenseur de 31 ans a été, à deux reprises, champion de Turquie. « Ce n’est pas une des légendes du club mais il a réalisé des performances bien au-delà de ce qu’imaginaient les supporters, décrypte Yusuf Kenan Çalik, journaliste à NTV. Et puis en partant, il a fait gagner de l’argent au club [7 millions d’euros], ce qui compte beaucoup pour son image. »

« Pas une surprise qu’il se soit révélé dans un championnat plus lent »

Un constat que partage le journaliste Yordi Yamali, spécialiste des championnats néerlandais et turc.

Après l’avoir bien suivi au PSV Eindhoven [de 2010 à 2014], j’ai vraiment été surpris de le voir avoir un impact immédiat au Besiktas. Il s’avère qu’il a fait partie de la plus grande période récente du club. Mais finalement, ce n’est pas tant une surprise qu’il se soit révélé dans un championnat nettement plus lent que la Ligue 1 par exemple. »

Au point d’être surnommé « King » dans de nombreux posts de fans du Besiktas voulant son retour à Istanbul ? « Voir les fans turcs lui demander de revenir via les réseaux sociaux n’est pas étonnant, poursuit Yordi Yamali. Ils sont les plus passionnés et les plus fidèles au monde. Si tu as fait partie de l’équipe devenue championne, tu n’auras plus jamais besoin de payer un repas en Turquie. » Pas certain que Marcelo bénéficie un jour du même traitement de faveur au moment de commander un tablier de sapeur dans un bouchon lyonnais.