Barcelone-OL: «Il s’éparpille beaucoup moins sur le terrain»… Comment Anthony Lopes s’est métamorphosé cette saison

FOOTBALL Anthony Lopes est conscient qu’il tiendra un rôle essentiel, ce mercredi (21 heures) au Camp Nou

Jérémy Laugier

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Anthony Lopes, ici lors du match aller contre le Barça, le 19 février.
Anthony Lopes, ici lors du match aller contre le Barça, le 19 février. — Kieran McManus/BPI/REX//SIPA
  • S’il y a bien un Lyonnais qui aura (encore) un rôle clé, ce mercredi (21 heures) en 8e de finale retour de Ligue des champions à Barcelone, c’est Anthony Lopes.
  • Extrêmement régulier depuis le début de la saison, l’international portugais est aussi beaucoup plus apaisé sur le terrain.
  • Son entraîneur Grégory Coupet décrit pour 20 Minutes l’évolution du joueur de 28 ans, en quête du plus grand exploit de sa carrière.

 

De notre envoyé spécial à Barcelone,

Wahbi Khazri et Memphis Depay commencent à bien se chauffer après le coup de sifflet final. Quelques mètres devant ce début de mêlée entre Stéphanois et Lyonnais, on retrouve Anthony Lopes, auteur d’une prestation XXL à Sainté (1-2) et marchant sereinement en direction des vestiaires sans se retourner. Même le dénouement électrique du dernier derby, le 20 janvier, n’a pas fait ressurgir l’ancien Anthony Lopes. A savoir ce joueur au caractère sanguin, capable d’adresser une gifle à un intendant de l’OM, il y a tout juste un an.

Bilan de l’opération à l’époque : cinq matchs de suspension et une sérieuse remise en question, qui vire même à la métamorphose pour le Lyonnais le plus régulier depuis le début de la saison, avant le choc de Ligue des champions, ce mercredi (21 heures) à Barcelone. Anthony Lopes a utilisé des mots forts, dans une interview à L’Equipe en septembre, en revenant sur le fameux épisode du Vélodrome.

« J’ai connu un très, très gros bas mentalement. Ce qui s’est passé à Marseille, ça m’a mis en danger dans ma situation familiale mais aussi dans ma vie personnelle. J’ai vraiment été considéré comme un petit con. C’est simple, on ne parlait plus de football me concernant. À la fin de ma carrière, je n’ai pas envie qu’on dise que j’étais taré complet, présent dans toutes les mêlées. J’ai fait un énorme travail sur moi-même avec l’aide de mes conseillers et des personnes qui m’entourent. »

« Avec moi, il faut qu’il y ait des bruits, du rire, de la vie quoi »

En première ligne, on trouve forcément Grégory Coupet, qui a pris en janvier 2018 la lourde succession de Joël Bats (17 saisons de rang) comme entraîneur des gardiens à Lyon. En perdant « un papa », selon ses propres mots, pour gagner un véritable grand frère, Anthony Lopes a parallèlement changé de dimension sur le terrain. « J’ai amené à Antho'' un peu plus de complicité comme je suis plus jeune que ''Jo''. ''Jo'' avait un programme très carré, alors que mon style est davantage dans l’interaction. Avec moi, il faut qu’il y ait des bruits, du rire, de la vie quoi. »

Cette formule réussit parfaitement à l’international portugais, qui met depuis cette saison la sélection « en stand-by ». « Il n’y a jamais eu besoin de motiver ''Anth'' mais il fallait le freiner, explique Grégory Coupet. Un entraîneur des gardiens, c’est un peu un psychologue. J’ai vu que l’homme tout comme le père de famille était touché par les critiques. Il s’est lancé dans une remise en question et le résultat est au-delà de mes espérances. »

« Antho bosse davantage avec Greg qu’avec Jo »

Chouchou du virage nord, dont il faisait partie avant de se retrouver sur la pelouse avec le groupe professionnel, le gardien de 28 ans se voit aussi consacrer une chanson de la part du virage sud, à la Will Grigg : « Lopes on fire, pas besoin de défenseur, Lopes on fire ». Quelle est exactement la part de l’ancien septuple champion de France dans cette « plénitude » affichée par Anthony Lopes, notamment impérial lors des deux derbies (1-0, 1-2), contre le PSG au Parc OL (2-1) et à l’aller face au Barça (0-0) ?

Grégory Coupet et Anthony Lopes, ici avant un match entre l'OL et Angers, en janvier 2018.
Grégory Coupet et Anthony Lopes, ici avant un match entre l'OL et Angers, en janvier 2018. - ROMAIN LAFABREGUE / AFP

« ''Greg'' était un gros bosseur et je pense qu’avec lui à ses côtés, ''Antho'' bosse davantage qu’avec ''Jo'', analyse Nicolas Puydebois, ancienne doublure de Coupet à Lyon de 2002 à 2005. Il s’éparpille beaucoup moins sur le terrain, ce qui est bénéfique à la fois pour son image et pour ses perfs. » Ses perfs, Grégory Coupet les décrypte avec une véritable admiration, notamment concernant ses sorties toujours aussi vives.

« Il est bien, il ose. Il essaie toujours de grappiller quelques centimètres dans son placement. Il est influent, c’est son jeu. Je veux que les attaquants sachent qu’ils approchent de la cage d'''Antho'' et qu’il peut être là à tout moment. Je préfère toujours une erreur d’un gardien qui avance à une erreur d’un gardien qui recule. »

 

Ce mercredi (21 heures), il vaudra mieux éviter la moindre micro-erreur tout court, avec des Lionel Messi et Luis Suarez rôdant dans les parages. Son entraîneur du poste dévoile sa feuille de route pour cette périlleuse échéance : « Il faut surtout être bien psychologiquement. Le jeu au pied sera essentiel, il faudra qu’il soit capable de relancer proprement, de ne pas rendre le ballon facilement ».

Un colossal exploit pourrait en dépendre tant on l’imagine encore plus sollicité que d’habitude. « Les joueurs du Barça sont capables de tout, et même quasiment de faire un toro dans tes 5,50 m, prévient en souriant Grégory Coupet. Il faudra donc essayer de couper les trajectoires et d’être incisif, de ne pas subir. Son clean sheet à l’aller, ce n’est pas rien. En faire un deuxième ici, ce serait presque toucher un rêve. »