Barcelone-OL: «On ne va pas jouer avec la peur», assure Nabil Fekir, symbole d’un Lyon rêvant de «créer l'exploit»

FOOTBALL Après son 0-0 arraché à l’aller, l’OL croit en ses chances de renverser le grand Barça, mercredi (21 heures) en 8e de finale retour de Ligue des champions 

Jérémy Laugier

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Nabil Fekir a eu un discours très rassembleur en conférence de presse, ce mardi, à la veille du choc face au Barça. Pau Barrena / AFP
Nabil Fekir a eu un discours très rassembleur en conférence de presse, ce mardi, à la veille du choc face au Barça. Pau Barrena / AFP — AFP
  • Jean-Michel Aulas, Bruno Genesio et Nabil Fekir se sont tous les trois exprimés devant les médias, ce mardi, à la veille du 8e de finale retour de Ligue des champions à Barcelone.
  • Tous ont vraiment en tête un gigantesque exploit au Camp Nou, à commencer par Nabil Fekir, déterminé à jouer ce choc « de manière décomplexée ».

De notre envoyé spécial à Barcelone,

Jean-Michel Aulas ne nous déçoit quand même pas souvent. Venu échanger avec les médias en bord de pelouse au début de l’entraînement de son équipe ce mardi, le président lyonnais a compilé les raisons d'y croire, avant le 8e de finale retour de Ligue des champions au Camp Nou mercredi (21 heures). « On est pour l’instant qualifiés puisqu’on va jouer un match qui peut permettre à l’OL de se qualifier », a dégainé JMA.

Faut-il vraiment méditer de longues secondes sur cette réplique ? Pas certain, même si le 0-0 défendu au courage à l’aller offre aux Lyonnais le droit de « s’agripper à ce fol espoir » d’un exploit qui serait au moins aussi gros que celui obtenu à Madrid neuf ans plus tôt (1-0, 1-1) au même stade de la compétition.

« Il ne faut pas être émerveillés d’être au Camp Nou »

Tout de même plus inspiré par la suite, Jean-Michel Aulas a livré ce qui pourrait être une des clés pour son groupe, forcément épaté au moment de découvrir l’antre du Barça pour cette séance de veille de match.

Bien sûr que ça fait plaisir de venir ici. Mais plus on va dans le grand monde et plus le risque de revenir avec beaucoup moins de plaisir qu’à notre arrivée est important. Donc il ne faut pas être émerveillés d’être au Camp Nou mais se dire que c’est une opportunité qu’il faut saisir à bras-le-corps. »

« Il faut jouer de manière décomplexée car on n’a pas grand-chose à perdre »

Même le capitaine et champion du monde de l’effectif Nabil Fekir va disputer le premier 8e de finale de Ligue des champions de sa carrière. Suspendu à l’aller, « Nabilon » a fait connaissance ce mardi avec la presse catalane, qui n’a pas hésité à poser d’emblée une question sur l’intérêt qu’a déjà pu lui témoigner le Barça. Question qu'il s'est empressé d'éviter préférant livrer un message clair et positif avant pareil sommet.

« On vient ici pour créer l’exploit, a martelé le meneur de jeu lyonnais. Nous sommes tous prêts. Il faut jouer de manière décomplexée car on n’a pas grand-chose à perdre. Barcelone est favori, on ne va pas prendre trop de risques mais on ne va pas jouer avec la peur. »

Sur les traces de l’Ajax et de Manchester United ?

Après tout, l’OL est clairement plus dans la peau de l’inattendu outsider type Ajax ou PSG que dans celle du Real Madrid et surtout du PSG qui se sont liquéfiés la semaine passée. Ne cachant pas qu’il s’agit pour lui d’un « rêve de gosse » de disputer un 8e de finale de la plus prestigieuse épreuve qu’il soit au Camp Nou avec son club formateur, Nabil Fekir se sait très attendu.

« Bien évidemment que la présence de Nabil change beaucoup de choses, confie Bruno Genesio. A la fois sur l’influence technique qu’il a sur notre équipe, mais aussi sur la confiance qu’il diffuse à travers le groupe et le staff. » Il incarne le principal espoir qu’a l’entraîneur lyonnais de voir son équipe moins « inhibée dans le jeu » qu’à l’aller.

« A nous de montrer qu’on est à notre place »

Sans lever le doute sur la présence de Marcelo, toujours incertain après avoir couru à part au début de l’entraînement, Bruno Genesio a surtout un souhait : « A nous de montrer qu’on est à notre place en venant jouer la qualification ici ». Conscient de l’impact que peut avoir la légende urbaine de l’immense terrain du Camp Nou sur des joueurs peu habitué à ces rendez-vous de Ligue des champions, il a révélé avoir évoqué ce sujet dès l’arrivée en Catalogne.

Ça peut paraître un petit peu drôle mais la première chose que j’ai dite à mes joueurs, c’est que le terrain n’est pas plus grand ici qu’à Lyon, qu’à Guingamp, qu’à Marseille ou qu’à Saint-Etienne. Contrairement à des idées reçues véhiculées, ce sont les mêmes dimensions. C’est important de le savoir. On sait aussi que le Barça est la 11e défense de Liga à domicile. On a véhiculé beaucoup de choses positives mais ça ne veut pas dire qu’on va attaquer le match avec de la suffisance ou de la surconfiance. »

Ce serait un comble, mais on veut bien croire que ce risque valait davantage pour le nul (2-2) concédé samedi à Strasbourg que pour l’immense défi qui attend l’OL mercredi.