OL-Toulouse: Comment Nabil Fekir a «éclaboussé» le match avec un but, une passe dé et une première avec son frère Yassin

FOOTBALL Pour son retour de blessure, Nabil Fekir a été le grand bonhomme du large succès contre Toulouse (5-1), ce dimanche. En prime, il a passé 14 minutes sur le terrain avec son petit frère Yassin

Jérémy Laugier

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Nabil Fekir, qui laisse ici au sol Yannick Cahuzac, a totalement réussi son retour à la compétition, ce dimanche face à Toulouse (5-1). JEAN-PHILIPPE KSIAZEK
Nabil Fekir, qui laisse ici au sol Yannick Cahuzac, a totalement réussi son retour à la compétition, ce dimanche face à Toulouse (5-1). JEAN-PHILIPPE KSIAZEK — AFP
  • Le Parc OL s'est vite souvenu ce dimanche pourquoi Nabil Fekir pouvait transfigurer l'équipe lyonnaise.
  • Dans tous les bons coups contre Toulouse, il s'est offert un but sur un penalty qu'il a brillamment provoqué, plus une passe décisive et des gestes de classe.
  • Mais aussi ses premières minutes de Ligue 1 partagées avec son jeune frère Yassin (21 ans).

Quelqu’un doutait-il vraiment du poids de l’absence de Nabil Fekir dans le quasi-néant offensif proposé par l’OL contre le Barça (0-0) et à Monaco (2-0) ? Suspendu puis blessé (béquille), le meneur de jeu lyonnais a dès son retour, ce dimanche, rappelé à quel point il était essentiel. Certes, Lyon aurait sans doute battu une équipe aussi inquiétante que le TFC sans lui. Mais « Nabilon » est bien le joueur offensif qui a touché le plus de ballons (73), tout en cumulant un but sur un penalty brillamment obtenu (quel délicieux sombrero sur Christopher Jullien) et une passe décisive parfaite pour Moussa Dembélé, au cœur du récital du jour (5-1).

« C'est quelqu’un d’essentiel dans notre collectif, reconnaît sans mal Léo Dubois. Il a fait un gros match ce soir. On a besoin d’un Nabil comme ça jusqu’au bout. » Un souhait évidemment partagé par Lucas Tousart, conscient de l’impact de son capitaine (10 buts et 4 passes dé en L1 cette saison) : « Quand tu lui donnes la balle, ça peut faire danger à chaque action. C’est forcément un plus d’avoir un joueur comme ça et il nous a un peu manqué ces derniers matchs. Nabil, c’est Nabil. »

« Il a réussi à débloquer la rencontre une fois de plus »

Et quand il est à ce niveau, il incarne mieux que quiconque le fol espoir d’un exploit dans dix jours au Camp Nou. « Il était bien en jambes et très agressif, avec la qualité technique que nous lui connaissons », complète sobrement Bruno Genesio dans le concerto d’éloges du jour. Jean-Michel Aulas reste évidemment le meilleur pour bichonner comme il le faut son maître à jouer avant de grandes échéances. Difficile de ne pas voir de lien déjà entre « la note esthétique très élevée » soulignée par JMA concernant l’OL de ce dimanche et « évidemment le retour de Nabil », cité 30 secondes plus tard dans son propos.

« Avec son talent, il a réussi à débloquer la rencontre une fois de plus. Et puis il a éclaboussé le match par ses attitudes et une immense ambition offensive. On a l’impression que quand Nabil est à ce niveau-là, les autres joueurs ont encore plus de chance de réussir leurs actions de classe. »

« Je voulais le mettre en confiance et le guider un peu à son entrée »

L’intéressé ne pouvait être que satisfait de son come-back amorçant le sprint final : « Ça fait du bien de jouer 90 minutes avec de bonnes sensations en plus. On a déroulé tranquillement. Ça a été notre souci cette saison, ces matchs sous pression, sans être sereins ». Avec comme cerise inattendue sur le gâteau ces 14 minutes partagées en fin de rencontre avec son petit frère Yassin (21 ans). Cette première bromance au niveau professionnel est notamment liée au forfait de dernière minute de Maxwel Cornet (malade) et à la large avance obtenue contre le TFC.

« J’y ai un peu pensé quand le score était à +3 ou +4, reconnaît ''Nabilon''. Le voir entrer sur le terrain, ce n’est que du bonheur. Je voulais le mettre en confiance et le guider un peu à son entrée. C’est une grande fierté et un immense plaisir de pouvoir jouer avec son frère. Il a le talent qu’il faut. On avait l’habitude de jouer ensemble quand on était petits et ça fait plaisir de revivre ça quelques années plus tard. »

« Il ne parle pas beaucoup lui, il fait des réponses brèves »

Auteur d’une « très bonne entrée » (dixit Nabil, forcément objectif), Yassin a failli lui aussi s’offrir une passe décisive pour ses débuts, mais Memphis Depay a gâché l’offrande (90e). Seulement vu en équipe réserve en avril 2016, lors d’un match de reprise de « Nabilon » en CFA, l’alliance des Fekir a emballé Jean-Michel Aulas. « Ce duo Yassin-Nabil Fekir a non seulement du talent mais il apporte vraiment une touche de sympathie, de liant, d’amitié et d’ambition collective à cette équipe », apprécie le président lyonnais.

Déjà apparu à deux reprises avec le groupe pro en Coupe de la Ligue (à Amiens) et en Coupe de France (à Bourges), deux rendez-vous où Nabil n’était pas de la partie, Yassin Fekir a lui aussi savouré l’instant : « Ça fait plaisir de jouer avec son grand frère. C’est normal d’avoir plus d’affinités avec lui qu’avec ses autres coéquipiers ». Intimidé par les micros tendus en zone mixte, il n’a pas manqué d’être chambré par son capitaine de frangin : « Il ne parle pas beaucoup lui, il fait des réponses brèves. » Tiens, tiens, ça nous rappelle quelqu’un.