Strasbourg-Monaco: La première de Thierry Henry en coach, le Racing espère bien la rendre «un peu plus difficile»

FOOTBALL Premiers adversaires d’une équipe entraînée par Thierry Henry en tant que numéro 1 pour Strasbourg-Monaco samedi (20h), les Alsaciens s’en préoccupent guère trop…

Bruno Poussard

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Strasbourg-Monaco sera la grande première pour Thierry Henry en tant que coach numéro 1.
Strasbourg-Monaco sera la grande première pour Thierry Henry en tant que coach numéro 1. — Laurent VU/SIPA;
  • Les joueurs du Racing Club de Strasbourg resteront les premiers adversaires d’une équipe entraînée par Thierry Henry en tant que numéro 1.
  • Pourtant, avant la rencontre, ils refusent d’y voir d’éventuels changements dans leur préparation, même si Monaco accaparera l’attention.
  • En revanche, ils ne manquent pas de tarir d’éloges à propos de l’ancien attaquant, en attendant de tenter de perturber ses débuts en coach.

Les joueurs du Racing Club de Strasbourg resteront les premiers. Les premiers adversaires d’une équipe entraînée par Thierry Henry en tant que numéro 1. Depuis son arrivée à l’AS Monaco, tous les gestes, tous les mots de l’ancien attaquant sont scrutés. A l’heure du multiplex de ce samedi (20h), pas de doute, c’est bien vers lui que tous les regards seront tournés au stade de la Meinau.

A l’heure de fixer l’horaire, les diffuseurs n’imaginaient sûrement pas un tel engouement pour cette rencontre. Suspendu, le milieu de terrain alsacien Jonas Martin est un peu déçu de ne pas pouvoir en être : « Tous les matchs que je ne joue pas, ça m’embête. Mais celui-là particulièrement, parce que c’est une grosse équipe du championnat, qui plus est avec un tel entraîneur. »

« Nous affronterons des joueurs, pas Thierry Henry »

Et Thierry Laurey, qu’en dit-il d’être le premier technicien à affronter Thierry Henry, version premier coach ? « Je m’en fous royalement. On joue Monaco, pas Henry. Il faut être honnête, en termes de com, j’ai rarement vu ça mais sur le terrain, ce seront ses joueurs, pas lui. Même sans lui, on se préparerait avec des inquiétudes, parce que c’est une équipe qui a beaucoup de qualités. »

A l’issue de la longue séance de ce mardi sous le soleil de l’été indien alsacien, le message est moult fois répété : pour la préparation du RCSA, le contexte de la venue du champion du monde 1998 ne change rien. « Peut-être qu’en une semaine, il aura le temps de leur apporter son savoir mais je m’en fous un peu de l’entraîneur, j’ai toujours affronté des joueurs », insiste le défenseur Lionel Carole.

L’incertitude face à un nouveau staff d’abord

Après une rude période, la réaction et l’attitude des Monégasques seront particulièrement attendues dans le jardin du Racing. Où ce dernier ne va pas se laisser faire. Thierry Laurey reprend : « Notre seul souci, c’est qu’on ne sait pas dans quel système ils joueront. L’organisation, l’animation, il y aura beaucoup de nouveautés. Mais on veut tenir compte de nos forces, notre jeu, notre équipe. »

Déjà (un peu) habitués à l’incertitude d’affronter une équipe au staff renouvelé, les Strasbourgeois avancent tapis dans l’ombre, encore plus qu’à l’habitude depuis leur retour en Ligue 1. Ça leur va bien. « Pour un Strasbourg-Monaco, il n’y aurait de toute manière pas eu beaucoup de regards sur nous, sourit Lionel Carole. On a un rôle d’outsiders, à nous de faire notre jeu, de faire le maximum. »

Justement, la possibilité d’être (et de rester) les premiers à faire tomber les hommes de Thierry Henry ne pourrait-elle pas transcender les Alsaciens, en réponse au choc psychologique monégasque du changement de coach ? « La saison dernière, ils étaient venus gagner chez nous, alors on va essayer de faire mieux, coupe coach Laurey. Ne pas perdre suffira à notre bonheur. »

« On en discutera plus tard là, c’est anecdotique »

Agacés par les questions à son égard toute la semaine, les Strasbourgeois ne tarissent pourtant pas d’éloges envers Thierry Henry. « Quand t’arrives à être champion du monde à 20 ans, c’est déjà formidable. Ensuite, il a eu une carrière maîtrisée. C’est un des plus grands attaquants purs français, si ce n’est le plus grand. » L’affronter en tant que coach n’est probablement pas anodin, alors.

« On en reparlera après le match, on en discutera plus tard avec les potes, complète Lionel Carole. Là c’est anecdotique. Il reste un grand joueur, important pour n’importe quel footballeur français. On verra maintenant ce qu’il fera en tant que coach. On sait que commencer à entraîner n’est jamais facile. En tout cas, j’espère qu’on arrivera à rendre ses débuts un peu plus difficiles encore. »

Un grand joueur, mais quel entraîneur sera-t-il ?

« En tant que joueur, il a côtoyé pas mal de grands entraîneurs, il a un vécu que beaucoup n’auront jamais, moi y compris, termine Thierry Laurey. Après, mettre en application avec d’autres joueurs ce qui nous a semblé intéressant, c’est plus délicat. […] Diplômes, connaissance du football, certains avaient toutes les bases [comme lui], mais ils n’ont pas eu les résultats escomptés. »

En tout cas, je lui souhaite une grande réussite. C’est un passionné du football. Tous les passionnés me plaisent. Je lui vois un grand avenir d’entraîneur. »

Avec tout le respect et l’admiration qu’ils ont pour Thierry Henry, les fans strasbourgeois n’auront pas, eux non plus, d’yeux que pour lui. Avec une grève des chants prévue de longue date, la contestation de la répression accrue envers les supporters français leur est bien plus importante. Certains, toutefois, ne manquent pas de rêver d’une « défaite inaugurale » d’Henry à la Meinau.