Avant OL-CSKA Moscou et Bilbao-OM, qui a le plus de chances de remporter la Ligue Europa entre Lyon et Marseille?

FOOTBALL Les deux clubs français sont bien partis pour se qualifier pour les quarts, déjà...

Jean Saint-Marc et Jérémy Laugier

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Sakai / Cornet, sacré duel européen...
Sakai / Cornet, sacré duel européen... — L. Cipriani / AP / SIPA
  • La qualif' en quarts de finale ? C'est quasiment dans la poche.
  • L'OM et l'OL ont respectivement battu Bilbao (3-1) et le CSKA Moscou (1-0) à l'aller avant les 8es de finale retour ce jeudi (19 heures et 21h05).
  • Alors on se projette un peu plus loin... 

Seront-ils à jamais les premiers à remporter la Ligue Europa ? Dans l’histoire du foot français, aucun club n’a soulevé la C3. Et cette année, en voilà deux qui sont plutôt bien engagés, Marseille et Lyon, en ballottage favorable avant leur huitième de finale retour, ce jeudi, respectivement à Bilbao (19h05) et face au CSKA Moscou (21h05). Qui est le mieux armé pour aller au bout ? La fameuse « réponse du terrain », ce sera dimanche en Ligue 1. La réponse de 20 Minutes, c’est tout de suite.

  • Les stars ? Lyonnais et Marseillais veulent briller en mondiovision (enfin sur W9, quoi)

« Ça faisait combien de temps que tu n’avais pas marqué en Coupe d’Europe ? » Quand un confrère a posé cette question à Dimitri Payet, on a vu les épaules du Réunionnais se lever. Un peu blasé, l’ancien Lillois a lâché qu’il n’en savait rien. Il faut dire que ça remontait : sa magnifique demi-volée contre Bilbao mettait fin à plus de neuf ans de disette en Coupe d’Europe.

On en connaît un autre qui rêve de briller dans les matchs européens : Florian Thauvin, directement impliqué sur 44 % des buts de l’OM cette année en Ligue 1… Mais qui traîne, comme un boulet, cette réputation du gars qui s’efface dans les grands soirs. Réputation confirmée, disons-le, lors du double voyage à Paris, qui a tourné à la double valise.

L’OL a rarement montré une véritable force collective cette saison. Mais ses individualités offensives ont typiquement le profil pour briller sur la scène européenne. Jamais, hormis dans une autre rencontre de gala face au PSG (2-1), Memphis Depay n’a signé à Lyon une entrée en jeu aussi tonitruante que contre Villarreal avec un troisième but d’anthologie (3-1). De même, Mariano Diaz a sans doute réalisé son meilleur match cette saison lors de ce 16e de finale aller contre le 6e de Liga. Tout sauf un hasard.

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Que ce soit avec l’Ajax Amsterdam, finaliste de la dernière Ligue Europa, ou avec l’OL, Bertrand Traoré est depuis l’été 2016 décisif (but ou passe dé) dans 57 % de ses matchs en Europe, contre 41 % en championnat. A nouveau forfait pour trois semaines (genou), Nabil Fekir sait également que sa présence l’été prochain en Russie dépendra en partie de ses performances au niveau européen. Ça vaut aussi pour vous, Messieurs Payet et Thauvin…

>> 1-1, disons que ce premier point tourne au match nul (comme un bon vieux match de tour préliminaire de Ligue Europa, tiens).

  • La fatigue ? Il n’y a qu’un seul Olympique qui sait gérer l’accumulation des matchs

​Difficile d’aborder les deux derniers mois de la saison avec une dynamique plus inquiétante que celle de l’OL. Vainqueurs dans l’extrême douleur de son premier match en Ligue 1 depuis 7 journées, dimanche face à Caen (1-0), les Lyonnais sont à l’arrêt sur tous les plans. Trop souvent coupée en deux, privée de son capitaine et de son principal élément de déséquilibre, Nabil Fekir, ce Lyon-là n’est plus que l’ombre de celui qui avait enchaîné en janvier d’enthousiasmants succès contre Guingamp, le PSG et Monaco.

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Ce groupe semble en plus manquer de fraîcheur avant le sprint final vers le podium en L1 et une quête d’exploit en Ligue Europa. Et pour cause, Bruno Genesio, qui ne cesse de rabâcher que ses hommes ne sont « pas des robots », n’a fait appel qu’à 15 joueurs sur plus de 1.500 minutes en 2017-2018, toutes compétitions confondues.

Regardons la même statistique pour l’OM, maintenant. Il n’y a que… 14 joueurs qui ont disputé plus de 1.500 minutes cette saison ! Les plus indispensables, Adil Rami (qui n’a manqué que deux matchs) et Luiz Gustavo (quatre matchs) tirent la langue. Comme le premier l’a bien pendue, il n’a pas hésité à avouer son épuisement, dimanche, après avoir arraché une victoire précieuse à Toulouse : « Ça commence à être dur. Entre les matchs, on ne peut même pas s’entraîner, ce n’est que de la récup ».

Les deux cadres seront sans doute sur le banc, ce jeudi soir, à Bilbao. Rudi Garcia est un pragmatique : l’important, c’est la qualif', pas le spectacle. Et ça paye. Exemple avec la confrontation contre Salzbourg, en phase de groupe.

  • Au match aller, les coiffeurs de l’OM perdent 1-0. Le dimanche, Marseille remonte un 2-0 contre Nice et remporte un de ses plus beaux matchs de la saison (4-2)
  • Au match retour, un piteux nul suffit pour se qualifier (0-0). Et le dimanche qui suit ? Une démonstration de foot contre Sainté (3-0). Voilà comment l’on se retrouve 3e de Ligue 1, avec cinq points d’avance sur Lyon.

>> 2-1, l'OM a-t-il fait le plus dur ?

  • L’engouement populaire ? Lyon remplit son stade, Marseille se prépare à le retourner

« L’Europe comme cache-misère, une année… Pas deux. » Avec cette banderole dévoilée dimanche face à Caen, le virage sud du Parc OL a pointé une frustration commune à de nombreux supporters lyonnais. Ceux-ci ont en effet l’impression de revivre la saison passée, marquée par « une union sacrée avec le club », liée au parcours jusqu’en demi-finale de Ligue Europa.

Car dans la course à la Ligue des champions, l’OL (4e) était largué très tôt (par l’OGC Nice), et cela pourrait se reproduire en cas de contre-performance à Marseille dimanche. Il n’empêche que le public lyonnais s’est toujours plutôt bien mobilisé cette saison pour les matchs du jeudi soir (37.409 spectateurs en moyenne). Et puis la perspective d’une finale européenne programmée au Parc OL, le mercredi 16 mai, ne fait évidemment pas saliver que Jean-Michel Aulas.

Les supporters marseillais aussi rêvent d’aller visiter/retourner le formidable outil du rival le plus détesté. Un petit déplacement tranquille, trois heures d’autoroute grand max, pour déterminer une bonne fois pour toutes qui a la plus haute (on parle bien sûr des basiliques qui surplombent la ville).

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Si l’OM se qualifie, on peut s’attendre à voir les Marseillais déferler sur la capitale des Gaules. Par contre, ils ne déferlent pas sur le Vélodrome le jeudi soir : l’affluence pour la réception de Konyaspor a été la « pire du siècle », avec 8.649 spectateurs. Rappelons, toutefois, que le siècle n’a duré que 17 ans. Et que l’intérêt monte crescendo. Après le maigre 21.731 d’OM-Braga, 37.657 spectateurs ont assisté à OM-Braga. Aïe, c’est à peine plus que la moyenne au Parc OL.

>> Egalisation lyonnaise, 2-2.

  • L'historique en Europe ? A jamais les premiers, toujours là depuis 21 ans

Jean-Michel Aulas trouve toujours une bonne occasion de rappeler que l’OL participe actuellement à sa 21e campagne européenne consécutive. Même si cette série s’est en fait stoppée en août 2014 avec un piteux barrage de Ligue Europa contre l’Astra Giurgiu, elle en dit long sur la régularité lyonnaise au plus haut niveau. De nombreux jeunes joueurs de cet effectif (Mariano Diaz, Ndombele, Aouar, Mendy…) semblent inexpérimentés en Coupe d’Europe mais des éléments comme Anthony Lopes et Jordan Ferri ont déjà connu un quart de finale de C3 contre la Juve en 2014 puis une demi-finale la saison passée face à l’Ajax.

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Adil Rami l’a gagnée, lui, en 2016, avec Séville. Et Luiz Gustavo a carrément soulevé la C1, la Ligue des champions, avec le Bayern Munich, en 2013. Le Brésilien n’a joué que quelques minutes en finale, mais l’expérience européenne est là. Valère Germain a la sienne aussi, plus modeste mais réelle, avec cinq titularisations (deux buts) l’an dernier dans l’inattendue épopée monégasque. Quant aux plus jeunes joueurs de l’effectif, ils peuvent toquer poliment au bureau de Jacques-Henri Eyraud pour aller contempler le trophée remporté par l’OM de Tapie en 1993.

>> 3-3, Lyonnais et Marseillais ont des arguments.

  • L’ambiance autour du club ? Quand un twittos sème la panique…

Marseille ne serait pas Marseille sans ses polémiques quotidiennes. La dernière en date ? Une histoire d'urinoirs arrachés par quelques excités au Parc des Princes, et un communiqué de l’OM « pas assez solidaire » au goût de certains. En réalité, la direction a fait un vrai pas en direction des groupes récemment, en proposant par exemple aux Winners et aux Ultras de s’installer en tribune Jean-Bouin, le virage sud étant soumis à un huis clos. Les résultats aidant, le climat semble s’apaiser.

Mine de rien, la fameuse institution OL s’est effritée ces dernières semaines, au rythme des attaques du twittos le plus ingérable du foot français. En taclant sans raison valable l’ancien gardien de but du club et désormais consultant, Nicolas Puydebois, puis un journaliste du Progrès, Jean-Michel Aulas a du même coup écorné un peu plus encore l’image de Lyon à l’extérieur… mais aussi au sein de ses propres supporters.

C’est donc dans un climat assez pesant, avec un Bruno Genesio désormais contesté au-delà des réseaux sociaux, que le club lyonnais va tenter de se relancer pour ces deux derniers mois de la saison.

>> 4-3, victoire de l’OM… Sur un magnifique CSC de JMA.