Lyon-Caen: «Climat tendu», «équipe empruntée»… Pourquoi l'OL s’en sort très bien dans la course au podium

FOOTBALL Les Lyonnais ont enfin stoppé leur inquiétante série de six matchs sans victoire en Ligue 1, en venant à bout de Caen (1-0) ce dimanche...

Jérémy Laugier

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Bertrand Traoré (à droite) a inscrit l’unique but lyonnais ce dimanche face à Caen.
Bertrand Traoré (à droite) a inscrit l’unique but lyonnais ce dimanche face à Caen. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
  • L’OL a eu toutes les peines du monde à battre Caen (1-0) ce dimanche grâce à une reprise de Bertrand Traoré (63e).
  • Précieux dans la course à la troisième place, ce succès « avec les tripes » ne masque pas les difficultés collectives actuelles des joueurs de Bruno Genesio.

« Il fallait passer ce soir par d’autres vertus que du jeu flamboyant ». S’il s’est déclaré « fier » de ses joueurs, Bruno Genesio n’a pas cherché à embellir la première victoire de l’OL en Ligue 1 depuis sept semaines, ce dimanche contre Caen (1-0). Entre une possession aussi massive (62 %) que stérile face à une défense (sans surprise) regroupée, un déchet incroyable dans les frappes (4 tirs cadrés sur 21) et des sifflets parfois fournis du Parc OL, les ingrédients semblaient réunis pour un 7e faux pas de rang en championnat.

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Tout a finalement basculé en cinq minutes, entre le coup de tête de l’attaquant caennais Enzo Crivelli sur le poteau gauche d’Anthony Lopes (58e) et le but de Bertrand Traoré, profitant d’un centre de Ferland Mendy dévié par deux Normands (1-0, 63e). Comme un symbole, l’attaquant burkinabé commençait à être pris en grippe par le stade après avoir quasiment tout manqué jusque-là.

« On a un public très exigeant »

« On a un public très exigeant mais c’est le propre des grands clubs, estime Jordan Ferri, titulaire surprise en raison du forfait d’Houssem Aouar (malade). Après six matchs de championnat sans victoire, c’est normal que les supporters fassent part de leur mécontentement. Il y a des périodes comme ça dans une saison. » A écouter Bruno Genesio, il y a aussi « des victoires à aller chercher avec les tripes » comme ce dimanche.

Celles-ci ont surtout eu lieu sur la scène européenne ces derniers temps, entre Villarreal (0-1) et le CSKA Moscou (0-1). « Ce succès est précieux et fait du bien au moral et dans la tête, apprécie Lucas Tousart. Le climat était tendu avant cette rencontre et nous étions crispés au début. »

Rémy Vercoutre : « Ce n’était pas un très grand OL ce soir »

Avant une semaine ultra-décisive, entre le 8e de finale retour de Ligue Europa contre le CSKA jeudi et une possible finale pour la troisième place en Ligue 1, dimanche à Marseille, cet OL  sans Nabil Fekir (absent au moins trois semaines après une arthroscopie mardi) semble très loin de pouvoir se libérer dans le jeu. « Nous partons frustrés car ce n’était pas un très grand OL ce soir, confirme d’ailleurs Rémy Vercoutre. J’ai senti cette équipe empruntée. » Le gardien caennais et ancien de la maison a d’ailleurs sa petite explication sur la mauvaise passe lyonnaise en 2018.

« C’est une équipe bourrée de talent, avec des individualités qui crèvent parfois l’écran. Mais ce sont des joueurs qui découvrent le haut niveau sur de longues périodes. Mariano est un joueur fantastique mais qui découvre cette année l’enchaînement de 40, 50, 60 matchs. C’est quasiment le cas pour tous ces jeunes comme Traoré ou Aouar. On leur en demande beaucoup à chaque match et je pense qu’il faut être un peu plus pondéré quand on les critique. »

« De la culture de la gagne à celle de l’excuse permanente, triste évolution »

Bruno Genesio tente lui aussi sans surprise d’atténuer cette faiblesse dans le jeu collectif : « Vu le contexte, il fallait le faire. Nous avons joué un match difficile de Coupe d’Europe dans le froid et nous sommes rentrés à 5h30. On joue deux jours après contre une équipe venue pour bien défendre et nous contrer. Certaines personnes ne se rendent pas compte de ce qu’on fait depuis le mois de janvier. On ne va pas pleurer mais on joue tous les trois jours ».

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Pas certain que l’entraîneur lyonnais ait bien prêté attention à la banderole déployée en première période par le virage sud dimanche : « De la culture de la gagne à celle de l’excuse permanente, triste évolution ».