OL: Pourquoi les groupes de supporters lyonnais sont-ils si patients (voire complaisants) avec Bruno Genesio?

FOOTBALL En poste depuis plus de deux ans, Bruno Genesio est autant raillé sur les réseaux sociaux qu’il n’est jusque-là épargné par les virages du Parc OL…

Jérémy Laugier

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Bruno Genesio, ici lors du dernier match de l'OL en Ligue 1, dimanche à Montpellier (1-1).  PASCAL GUYOT
Bruno Genesio, ici lors du dernier match de l'OL en Ligue 1, dimanche à Montpellier (1-1). PASCAL GUYOT — AFP
  • Parti pour ne pas qualifier Lyon en Ligue des champions pour la deuxième année consécutive, Bruno Genesio n’est pourtant guère chahuté par les virages du Parc OL jusque-là.
  • Constamment chahuté sur les réseaux sociaux depuis plus de deux ans, l’entraîneur profite par contre de son image de pur Lyonnais formé au club pour échapper aux critiques au stade.
  • Après les banderoles déployées par des membres du virage nord, la semaine passée à Montpellier, cette forme d’état de grâce pourrait s’estomper face à Caen ce dimanche (17 heures) et pour la fin de la saison.

« Notre confiance a des limites, méfiez-vous. » Si cette banderole déployée par le parcage lyonnais, dimanche dernier au début du match à Montpellier (1-1), ne visait pas directement Bruno Genesio, elle pouvait le concerner. Mine de rien, cette initiative des Bad Gones constitue déjà un mini-événement depuis la nomination de l’entraîneur lyonnais, le 24 décembre 2015.

Car il existe un fossé entre la véhémence et la régularité des critiques à son encontre sur les réseaux sociaux et la position jusque-là extrêmement bienveillante des groupes de supporters du Parc OL. « Il y a des gens qui râlent, quelques sifflets, des insultes mais pas de véritable contestation, décrypte Sébastien, un habitué du kop virage nord. Le virage est ainsi fait que tant que le capo ne lancera pas un « Genesio démission », il ne se passera pas grand-chose. »

« Être du cru est une garantie contre des attaques trop rapides »

Du côté du virage sud, on assure que ce message a déjà été scandé par quelques supporters lors du dernier match de la saison passée contre Nice. Pour autant, même l’inquiétante série en cours de six matchs consécutifs sans succès en Ligue 1 ne devrait pas s’accompagner de messages s’en prenant expressément à Bruno Genesio pour la réception de Caen ce dimanche (17 heures). Pourquoi donc une telle clémence, sept ans après le calvaire vécu par Claude Puel face à ces mêmes groupes ?

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« Son histoire avec le club ne suffira pas toujours, surtout qu’on sent de plus en plus ses limites pour nous faire passer un cap. Mais à Lyon, être du cru est une garantie contre des attaques trop rapides », souligne un abonné du virage sud.

« Il est un peu tard pour éventuellement demander la tête de l’entraîneur »

Né à Lyon, formé à l’OL et y ayant vécu quasiment l’intégralité de sa carrière de joueur professionnel (de 1985 à 1995), Bruno Genesio répond donc pleinement au critère « gone » lui valant, à l’instar de Rémi Garde avant lui, une forme d’immunité. Et ce malgré la perspective d’une nouvelle saison sans Ligue des champions. « Je peux comprendre que ça surprenne beaucoup de monde à l’extérieur ou sur les réseaux sociaux. Mais il est aussi plus compliqué de s’en prendre à un mec sympa aimant notre club », poursuit un fidèle du Parc OL.

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« Il est un peu tard de toute façon pour éventuellement demander la tête de l’entraîneur, estime Thierry Boirivent, vice-président du groupe des Rouge et Bleu (80 membres situés dans le virage sud). On sent une forme de lassitude, l’équipe est dans le dur et nous aussi. Mais on va pousser l’OL jusqu’au bout et on fera les comptes à la fin de la saison. »

Le virage nord échange en direct avec Jean-Michel Aulas

Groupe de supporters comptant le plus grand nombre d’adhérents en France (environ 6.000), le kop virage nord préfère « échanger en direct avec Jean-Michel Aulas que de liguer le stade contre Genesio ». Les rencontres sont fréquentes avec dirigeants et joueurs, comme avant le dernier derby. Jusque-là, ce fonctionnement est privilégié par le groupe, mais les deux banderoles sorties à Montpellier ont laissé augurer un changement de posture, qui pourrait viser en fin de saison Bruno Genesio, cité dans un communiqué publié ce samedi par le kop virage nord. Pas certain que le succès européen très particulier à Moscou jeudi (0-1) garantisse à l’OL « un soutien total » comme le réclame ce communiqué, pour le retour à la Ligue 1 ce dimanche contre Caen.

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« Notre club est devenu le champion des excuses, du coach au président et nous sommes nombreux à avoir de plus en plus de mal avec cette communication, confie un membre du virage sud. D’autant plus qu’on a l’impression de revivre la même saison, année après année. Sauf que là, si on perd à Marseille la semaine prochaine, même le parcours en Ligue Europa ne suffira pas à faire fonctionner le discours d’union sacrée que prône à chaque fois le club. » Et Bruno Genesio perdra peut-être du même coup son statut d’intouchable à Lyon.​