Seville-Lyon : Mais bordel, on lui reproche quoi à Genesio au juste?

FOOTBALL L’entraîneur lyonnais est fortement critiqué par une partie des suiveurs lyonnais quasiment depuis sa prise de fonction en janvier dernier…

J.L. avec J.Lau

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Bruno Gensio à Nancy lors de la première journée de L1.
Bruno Gensio à Nancy lors de la première journée de L1. — POL EMILE / SIPA/SIPA

De notre envoyé spécial à Séville,

S’il pensait que la remontada spectaculaire de la fin de saison dernière lui permettrait d’avoir la paix pour un moment, c’est raté. Bruno Genesio, dont la nomination pour sauver la maison lyonnaise en janvier dernier avait fait plus de sceptiques que de dévots, a relancé ses détracteurs en un mois. Résultats bof bof, blessures à répétition, choix tactiques hasardeux, communication arrogante,l’entraîneur lyonnais en prend plein la figure. Revue de défauts avec les supporters lyonnais.

  • Il n’a aucune référence et était déjà là sous Fournier

Le pêché originel. Historique de la maison lyonnaise, Genesio était de tous les staffs, notamment celui d’Hubert Fournier, dont il dirigeait la plupart des séances à Tola-Vologe. Autant dire que certains le considèrent en partie responsable du naufrage de l’OL en Ligue des champions l’an passé. Sans parler de son expérience tout à fait oubliable lors de son passage sur les bancs de Besançon et de Villefranche, en CFA.

>> A lire aussi : Les supporters de l'OL ne veulent pas de Bruno Génésio

Olivier, abonné du virage sud

« Genesio était déjà adjoint sous Perrin et Garde, puis entraîneur de la réserve sous Puel, il n’a aucune expérience concluante, il a aussi entraîné Besançon où il s’est fait virer et Villefranche où son équipe est descendue en CFA 2. Au début de saison, il travaille donc un 4-3-3 alors qu’on n’a aucun ailier et ne recrute évidemment personne à ce poste. Puis il se rend compte que cela ne marche pas puisqu’il n’a rien travaillé et ne compte que sur des exploits de Lacazette ou Fekir (et aussi Tolisso en ce moment) comme Fournier qui comptait sur Fekir et Alex. On se demande bien ce qu’ils foutent à l’entraînement avec lui, à part se faire des passes latérales et compter sur Fekir pour faire un exploit. »

  • Il ne sait pas gérer son effectif

Si on ne peut pas imputer la poisse qui poursuit l’infirmerie rhodanienne au seul Genesio, le technicien a trop souvent joué à la roulette russe sans être payé en retour.Sa décision de titulariser Lacazette contre Bordeaux alors que l’attaquant revenait d’une alerte musculaire a coûté un mois d’absence et certainement un paquet de points laissés en route en L1. Dans le même style, faire enchaîner Rafael à Lorient quand on connaît la fragilité du garçon n’était pas indispensable. La preuve, Genesio n’a plus d’arrière-droit à disposition pour Séville.

Tristan, abonné du Virage Nord

« Genesio n’a aucune d’idée tactique (le 3-5-2 on l’a vu avant lui sur Twitter…). Il est toujours dans la réaction, il n’anticipe pas ni le coaching ni les blessures, il fait très peu de travail tactique à l’entraînement. Par contre c’est un champion du tennis ballon (rires). Il est souvent dépassé dans les matchs où on perd. Les changements que Pep Genesio entreprend n’apportent pas souvent un plus à l’équipeAu contraire. Par exemple, les dernières rentrées de Ghezzal, dont une à la place de Darder. J’ai vomi je crois. On a surestimé son parcours de l’an passé, il n’y a pas de fond de jeu avec lui. »

  • Il symbolise le manque d’ambition d’Aulas sur le choix de ses entraîneurs

De manière bien involontaire, Genesio prend aussi pour Aulas, à qui il est reproché depuis toujours de ne jamais avoir tenté sa chance avec un grand entraîneur renommé à l’étranger. Lucien Favre, par exemple, était un nom qui plaisait beaucoup au Parc OL l’an passé au moment de chercher un remplaçant à Fournier. Mais le président lyonnais a préféré piocher dans la maison, comme d’habitude. Depuis, le technicien suisse a été récupéré par Nice, leader surprise et enchanteur de la L1. Ce qui n’est pas tout à fait la faute de Genesio, pour le coup.

François, abonné chez les Bad Gones

« Genesio c’était un bon pansement pour finir la saison, il connaissait le club, les joueurs, bla-bla-bla. Mais il fallait débuter cette saison avec un vrai coach, un gagnant, un mec qui fasse passer le club dans une autre dimension. Le mec n’a aucun esprit tactique, il te parle d’état d’esprit et d’abnégation,et après Lorient, il n’est pas en colère. Tu perds 3 matchs sur 7 et tu n’es pas en colère ? C’est incompatible avec l’OL. Le mec essaie tous les systèmes et on n’y arrive pas. On fait quoi ? On attend quoi ? Il n’y a aucune animation, c’est n’importe quoi. Si tu enlèves Fekir aujourd’hui, c’est le néant. »

  • Il a pris le boulard

Arrivé sur la pointe des pieds, Bruno Genesio s’est senti pousser du col en fin de saison dernière, quand il s’est fâché contre Deschamps sans qu’on comprenne bien pourquoi. Il a continué sur la lancée en regrettant publiquement de ne pas être un entraîneur étranger, ce qui pousserait peut-être le milieu à plus de considération autour de sa personne. Une attitude qui n’a pas plu chez les supporters.

Kamel, supporter lyonnais

« Début septembre, il lance "quand on gagne, c’est grâce aux supporters, quand on perd, c’est de ma faute. Je regrette de ne pas m’appeler Sanches ou Ramirez". Il était plus humble l’an passé et ça lui réussissait mieux. Pour lui c’était la faute à pas de chance de perdre à Dijon. A Lorient, "on s’est bien battus". A Marseille, "on a été solides". "Le groupe vit bien". Genesio parle souvent de malchance, un peu moins de tactique de son équipe, du rôle de ses joueurs, de sa philosophie de jeu, de sa vision de l’équipe adverse. »

  • Il navigue à vue

Frappé par une épidémie de blessures en attaque, Genesio a délaissé son 4-3-3 pour un 3-5-2 plus en rapport avec les caractéristiques de son effectif. C’est d’ailleurs ce qu’on lui reproche : ne pas avoir travaillé plus un amont un système qui semblait s’imposer de lui-même, sauf à vouloir privilégier Ghezzal plutôt que Fekir. L’incapacité de l’OL à remonter des scores défavorables ne joue pas en sa faveur non plus.

Bruno Génésio à Nancy lors de la première journée de L1.
Bruno Génésio à Nancy lors de la première journée de L1. - POL EMILE / SIPA/SIPA

 

Sébastien, abonné du Virage nord

« Je suis outré par le fait qu’à ce niveau on puisse partir sur un 3-5-2 après l’avoir bossé pendant deux jours. Ça démontre bien qu’on n’a aucune vision. Notre équipe peut tout à fait évoluer en 3-5-2, c’est évident depuis juillet, sauf que c’est cet été qu’il fallait bosser ce système. Le voir pondre ça au dernier moment c’est fou. Nos individualités masquent la faiblesse de notre jeu. Mais si Lacazette, Tolisso, ou Fekir ne sortent pas de performance stratosphérique, on voit bien que notre puissance collective ne fait aucune différence. »