JO 2018: «Les élèves sont plus curieux», on a parlé au prof qui a fait de Martin Fourcade un problème de maths

TABLEAU NOIR Parce que vous aussi, vous avez envie de connaître l'angle de tir de Martin Fourcade…

Antoine Huot

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Martinmathiques
Martinmathiques — Vincent Portha
  • Des professeurs utilisent le sport dans leurs problèmes mathématiques.
  • De quoi intéresser un peu les élèves.

Vous vous souvenez de ces moments passés à traîner votre cartable, à maugréer, avant d’aller en cours de maths au collège. Ces longues heures à se demander si le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés du triangle que vous aviez dessiné au tableau. Ah, c’était le bon temps, celui où les noms de Pythagore et Thalès étaient inscrits sur votre feuille. De votre côté, sur votre cahier de brouillon, ou directement sur la table, c’était plutôt 4-4-2, Zidane, Thuram ou Djorkaeff, résultats et classement de D1 (vous devinerez ainsi aisément l’âge de l’auteur de l’article).

Non, on ne vous demandera pas de privilégier le sport aux mathématiques. Surtout que certains professeurs ont eu l’idée, astucieuse, de mélanger les deux domaines pour intéresser un peu plus les élèves. C’est le cas, notamment, de Vincent Portha, professeur de collège à Lunéville, en Meurthe-et-Moselle. Depuis quelques mois, cet enseignant passionné de sport distribue à ses élèves des problèmes ludiques où sont mis en scène des sportifs. Football, rugby, tennis, basket (même le SLUC, en ProB), handball… tout y passe, non sans humour, comme ce petit exercice à propos de PSG-Bayern et du festival Mbappé.

Saurez-vous répondre à ce problème ?
Saurez-vous répondre à ce problème ? - Vincent Portha

Angle de tir, vitesse d’un biathlète, temps passé sur la pelouse, célébration de Kylian Mbappé. Grâce à tous ces problèmes, qui nous ont donné l’envie de reprendre nos petites trousses avec rapporteurs, compas et règles, il y a moyen de voir les maths d’une autre manière. C’est l’un des objectifs de Vincent Portha qui nous a accordé un peu de temps pour parler de tout ça. Attention, les copies sont à rendre jeudi 15h, dernier délai.

Comment vous est venue cette idée ?

Le fameux Dab de Pogba m’a inspiré. Et dans les bouquins de maths, il y a toujours des exos relatifs au sport : athlétisme, natation, vélo… Là, je les contextualise un peu plus. Ces exercices ne changent pas le monde. Les élèves qui n’aiment pas les maths et le sport, ça les enquiquine tout autant qu’un exercice normal. L’enseignement des maths n’est pas toujours facile, donc on essaye de mettre un peu de nouveauté et de fraîcheur, mais sans aucune prétention.

Quelle est la réaction des élèves ?

En voyant ces problèmes arriver sur leurs tables, les élèves sont plus curieux. Au départ, ils vont regarder ce sujet un peu plus vite que si c’était un simple triangle sans enrobage à côté. Ils voient un peu plus le rapport entre les matchs et la vie actuelle, au lieu de tout le temps dire que ça ne leur servira pas plus tard. Après, il faut quand même qu’ils apprennent des techniques, qu’ils maîtrisent des compétences, et ce n’est pas tout le temps aussi sympa que faire ce type d’exercice. En général, quand je fais un exercice, je cible le niveau. Par exemple, l’exercice sur le biathlon, c’est parce qu’on faisait, avec les 4e, un chapitre sur la proportionnalité. Du coup, on trouve des calculs de pourcentages, de vitesse.

Martinmathiques
Martinmathiques - Vincent Portha

Comment préparez-vous ces problèmes ?

J’ai rien de préparé à l’avance. C’est suivant les envies et quand j’ai un flash. Lorsque j’ai l’idée, ça me vient assez vite de la coucher sur une feuille. En ce moment, avec les JO, j’aime bien préparer des exos sur le biathlon. Bon, après, j’aurai moins d’inspiration avec l’équitation ou la danse. Ce qui me prend le plus de temps, c’est de faire des montages, de la mise en page, la présentation. Si je dessine un triangle tout simple, c’est évidemment plus facile.