PSG-Bayern Munich: Ce match de Mbappé les enfants, c'était vraiment du grand art

FOOTBALL Le jeune attaquant parisien a crevé l'écran face au Bayern, et pourtant il y avait de la concurrence...

Au Parc des Princes, Nicolas Camus

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Kylian Mbappé entouré de ses coéquipiers lors de la victoire du PSG contre le Bayern Munich en Ligue des champions, le 27 septembre 2017 au Parc des Princes.
Kylian Mbappé entouré de ses coéquipiers lors de la victoire du PSG contre le Bayern Munich en Ligue des champions, le 27 septembre 2017 au Parc des Princes. — FRANCK FIFE / AFP

Ce qu’a fait Kylian Mbappé mercredi soir contre le Bayern Munich, c’est fort. Très fort. Un peu trop, même, pour un humain de son âge, mais passons. Dans le match le plus attendu de la première partie de saison de ce PSG armé jusqu’aux dents, l’ancien Monégasque a été celui qui a laissé la plus grosse impression.

Oui, Neymar a offert le premier but à son pote Alves, épaté la galerie avec une talonnade en pleine course que Cavani aurait pu avoir la décence de ne pas gâcher et clos la marque, mais justement. Cela rend d’autant plus remarquable la prestation de Mbappé. Celui qui a joué absolument toujours dans le bon tempo, c’est lui, celui qui a fait danser les Allemands à chaque prise de balle, c’est lui, celui qui a été le plus utile au collectif, c’est lui aussi. Ecoutez un peu l’hommage que lui a rendu Marco Verratti en zone mixte après la rencontre, on en chialerait presque.

C’est un très bon garçon et sur le terrain il travaille beaucoup. Il ne fait jamais de choix stupide, de choix qui n’aide pas l’équipe. Il ne joue jamais pour lui. Il nous manquait un joueur comme ça. Il va très vite vers l’avant, des fois on n’a pas le temps de lui donner parce qu’il est déjà parti. Quand il prend le ballon, il va pour marquer, il va pour créer des occasions, tout le temps. C’est ça les grands joueurs.

 

Cette impression ne date pas d’hier. Depuis le début de saison, alors que ses compères se bagarrent parfois pour savoir qui va tirer quoi entre les coups francs et les pénos, l’international français ne moufte pas et fait son boulot à un poste d’ailier droit qui n’est pourtant pas celui où il peut se montrer le plus. Le retour au 4-3-3 pour les grandes occasions, avec la plus grande liberté de mouvement qui l’accompagne, semble lui faire du bien, d’ailleurs.

Aidé par le scénario du match - ouverture rapide du score puis jeu en contre-attaques -, il a fait subir un calvaire à la lourde défense bavaroise. « Arrêter Mbappé, oui, c’est difficile, reconnaît Ancelotti. Comme Neymar, quand ils ont l’espace pour montrer leurs qualités, c’est beaucoup plus difficile de les contrôler. » Javi Martinez et Süle, en déambulateur, ont pris des courants d’air toute la soirée. Alaba, mystifié par une roulette sur le troisième but, en aura pour dix bonnes séances de kiné pour soigner son tour de reins.

« Il a beaucoup d’envie et de talent, se félicite Unai Emery. C’est l’idée quand nous avons acheté ce joueur : qu’il fasse grandir l’équipe et que l’équipe le fasse grandir. » C’est plutôt bien parti. On aurait bien aimé demander directement à l’intéressé ce qu’il en pensait, mais il en avait gardé sous le pied pour placer une belle accélération en zone mixte et nous laisser en plan. Il s’était quand même arrêté avant au micro de Canal, où il est revenu, entre autres, sur sa déception d’être sorti à dix minutes de la fin.

La tonitruante ovation reçue du public du Parc des Princes a quand même dû le réconforter. « C’était mérité, note Alphonse Areola. C’est un joueur très talentueux, il est déjà important pour l’équipe. » Et dire qu’il n’a que 18 ans et à peine un an à jouer régulièrement au haut niveau dans les pattes… Si tout va bien, le football a quelques belles années de bonheur devant lui. Et nous avec.