01:21
Mondiaux d’athlétisme 2023 : Kevin Mayer incertain pour le décathlon, aucune médaille en perspective pour les Bleus ?
ATHLETISME•La meilleure chance de médaille de l’équipe de France a été rattrapée par son tendon d’Achille gauche douloureux il y a deux semaines. Kevin Mayer vient de confier qu'il songeait à ne pas prendre le départ du décathlon, vendredi à BudapestJ.Lau. avec AFP
Le bilan de médaille(s) de l’athlétisme tricolore a rarement dépendu à ce point d’une blessure que cet été. Tenant du titre mondial et rare espoir de podium côté français, Kevin Mayer a annoncé ce mardi être incertain pour le décathlon, qui débute vendredi aux championnats du monde d’athlétisme à Budapest. Celui-ci est en effet rattrapé par un tendon d’Achille gauche douloureux. « Quand mes probabilités de terminer un décathlon sont à plus de 50 %, je n’en parle pas. Mais quand elles sont en dessous, j’en parle », a confié l’athlète de 31 ans devant la presse à l’Institut français de Budapest.
« Ce n’est pas un aveu d’abandon, insiste cependant le double champion du monde de décathlon (2017 et 2022). Je fais tout ce qu’il faut pour arriver au départ du 100 m [la première épreuve], mais à tout moment ça peut s’arrêter. » Comme il l’avait déjà très clairement affiché avant d’arriver dans la capitale hongroise, « la priorité, c’est Paris », et les Jeux olympiques de l’été prochain. « L’état d’esprit, c’est de ne rien faire pour que ça empire, pour que ça soit onéreux vis-à-vis de Paris, confirme-t-il. Tant que ça ne me coûtera pas pour Paris, je veux me laisser une chance. »
Une blessure contractée pendant un entraînement de 400 m
« J’ai l’expérience d’une grosse blessure à Doha [fissure au tendon d’Achille gauche et déchirure lors des Mondiaux 2019], où j’ai trop poussé, raconte Kevin Mayer. J’ai mis jusqu’à février pour recommencer à courir. Je ne veux jamais que ça m’arrive avant Paris. » Et ce car le double médaillé d’argent olympique (2016 et 2021) court toujours après l’or aux JO. Celui qui n’avait participé qu’à trois épreuves (poids, disque et perche) aux championnats de France, fin juillet à Albi, où il avait révélé avoir été victime d’une déchirure aux ischio-jambiers le mois précédent, a été rattrapé par son tendon d’Achille gauche il y a deux semaines.
« Sur un entraînement de 400 m, dans le virage j’ai senti mon tendon d’Achille me faire mal, et à froid c’était la catastrophe, confie-t-il. Depuis, c’est la course à la rééducation Je donne tout comme un taré, c’est un énorme challenge mais ce n’est pas fini. Je prends le problème heure par heure et je fais tout ce qu’il faut pour y arriver. » Un forfait ou un abandon de son double champion du monde serait un sérieux coup dur pour l’équipe de France, puisqu’il représente incontestablement la meilleure chance de médaille sur ces Mondiaux.
Il lui faudra finir un décathlon pour se qualifier pour les JO de Paris
Il y a un an à Eugene (Oregon), l’or mondial conquis par Mayer à la dernière journée de compétition avait évité de justesse aux Bleus un embarrassant zéro pointé. « Même si je fais la première journée, le plus dur, ce sera le 400 m [la dernière épreuve de vendredi] et le réveil du samedi matin après, prévient l’intéressé. Parce que dans le virage, c’est mon pied gauche qui est à l’intérieur. Ça vient taper là où ça fait vraiment mal. » Son dernier décathlon terminé remonte justement aux Mondiaux d’Eugene, en juillet 2022, dans une saison longtemps perturbée, déjà, par des tendons douloureux.
Trois semaines plus tard, aux championnats d’Europe à Munich (Allemagne), il avait renoncé dès la première épreuve. S’il venait à ne pas terminer le décathlon de Budapest, ou à ne pas du tout y prendre part, Kevin Mayer n’aurait pas d’autre choix que d’en programmer un autre pour obtenir sa qualification pour les JO de Paris en 2024. C’est donc tout l’athlé français qui croise les doigts d’ici vendredi.



















