Freefly : Karine Joly et Greg Crozier veulent « marquer l’histoire » avec une figure aérienne « totalement folle »

HORS-TERRAIN Le couple champion du monde de freefly tentera, du 22 au 26 août à Chicago, de signer une spectaculaire figure coordonnée à 200 parachutistes

Jérémy Laugier
Au bout de onze tentatives dans le ciel de Chicago, Karine Joly, Greg Crozier et leurs amis  freeflyers n'avaient pas validé leur record en 2018.
Au bout de onze tentatives dans le ciel de Chicago, Karine Joly, Greg Crozier et leurs amis freeflyers n'avaient pas validé leur record en 2018. — Ewan Cowie Photography
  • Chaque jeudi, dans sa rubrique « hors-terrain », 20 Minutes explore de nouveaux espaces d’expression du sport, inattendus, insolites, astucieux ou en plein essor.
  • Cette semaine, nous nous consacrons au nouveau défi de Karine Joly et Greg Crozier, parachutistes et champions du monde de freefly en 2018 en Australie.
  • Le couple rhônalpin va tenter, du 22 au 26 août à Chicago, de réaliser une marguerite géante de 200 parachutistes dans le ciel, ce qui constituerait un nouveau record du monde.

Les amateurs de Lego Masters devraient se régaler en étudiant la répartition des dix avions qui s’envoleront dans le ciel de Chicago du 22 au 26 août. A leur bord, pas moins de 200 parachutistes sont venus du monde entier pour tenter de battre un record du monde. Ils ont une place bien précise qui leur est attribuée à partir du schéma ci-dessous. Car oui, l’élite du freefly compte signer une figure inédite avec l’intégralité des athlètes, qui se jetteront dans le vide, sous oxygène, à 6.000 m d’altitude et avec une vitesse de plus de 250 km/h.

La Lyonnaise Karine Joly et le Stéphanois Greg Crozier (41 ans) font partie de cette aventure devant aboutir à une prouesse technique hors norme. Les champions du monde de freefly en 2018 en Australie sont friands de pareil défi collectif depuis leur record de France, avec 36 personnes rassemblées en 2009. Pour le couple rhônalpin, ça serait la conclusion idéale d’un été passé dans les airs à Rome, Avignon, puis au Venezuela et au Brésil.

Un minutieux « assemblage » de pétales à effectuer

« On aime bien essayer d’améliorer la cohésion du groupe, raconte Greg Crozier. On s’est beaucoup confrontés à des adversaires durant notre carrière, le tout dans un état d’esprit de compétition pas évident à gérer. Donc là, c’est magique de partager ce projet avec des Italiens, des Polonais, des Américains… » Pour optimiser les chances de réussite de cette marguerite aérienne à 200 amateurs de freefly, l’équilibre des différents gabarits est essentiel, tout comme la précision de « l’assemblage » des différents pétales, autour d’une base de 20 parachutistes américains.

Le record actuel remonte à 2015, et il avait été effectué par 164 parachutistes ayant la tête en bas.
Le record actuel remonte à 2015, et il avait été effectué par 164 parachutistes ayant la tête en bas. - Stay Awesome Productions

Karine Joly et Greg Crozier gardent un souvenir impérissable de leur participation à l’actuel record de 2015, effectué la tête en bas par 164 parachutistes, et validé par les juges à la 13e tentative. « C’est un peu comme pour les fourmis : on devine dans notre champ de vision quand plus grand-chose ne bouge, détaille Greg Crozier. Puis c’est étonnant mais on n’a pas besoin des juges pour savoir si la figure est réussie. On sent quand toutes les mains sont bien accrochées les unes aux autres. »

« Il suffit d’une personne qui ne maîtrise pas une trajectoire »

La joyeuse bande internationale pourra donc enchaîner près de 20 tentatives à partir de lundi, à coup de quatre sauts en moyenne par jour. Il y a quatre ans, déjà à Chicago, ce même défi floral et aérien à 200 n’avait pas abouti. « On n’aborde pas ça de manière revancharde pour autant, mais avec plein d’enthousiasme, annonce Karine Joly. On dépend beaucoup de la météo, puisqu’on n’avait pu effectuer que 11 sauts en 2018 tant c’était très humide. »

« A chaque record réussi, on marque quand même l’histoire de ce sport », indique Greg Crozier. Son enthousiasme est partagé par sa compagne Karine Joly : « Ça serait un très grand moment de passer une prouesse technique totalement folle comme ça ». Le tout sans négliger les risques pris par ces nombreux freeflyers, qui sont tous rodés à la fois comme moniteurs et comme compétiteurs. « Il suffit d’une personne qui ne maîtrise pas une trajectoire pour peut-être mettre en danger de mort les 199 autres parachutistes, souligne Karine Joly. Ça met donc une sacrée adrénaline. ». On la croit bien volontiers.