Real Madrid-PSG : Benzema ou Mbappé, lequel a été le plus énorme des deux ?

FOOTBALL Les deux attaquants tricolores ont été monstrueux dans ce 8e de finale de retour de C1, même si le capitaine du Real a fini par remporter leur duel à Santiago Bernabeu avec un triplé en seconde mi-temps

Julien Laloye
Karim Benzema et Kylian Mbappé, le 9 mars 2022 à Madrid.
Karim Benzema et Kylian Mbappé, le 9 mars 2022 à Madrid. — Pressinphoto/Shutterstock/SIPA
  • Karim Benzema et Kylian Mbappé ont été les deux meilleurs joueurs de ce 8e de finale retour de Ligue des champions qui a vu le Real Madrid éliminer le PSG (3-1).
  • Les deux ont inscrit un triplé, même si le Parisien s’est vu invalider deux de ses trois buts, dont une pure merveille devant Courtois.
  • 20 Minutes départe les deux prodiges tricolores après ce match de fou.

De notre envoyé spécial,

Ils nous enchantent l’un avec l’autre et l’un en face de l’autre. Karim Benzema et Kylian Mbappé ont tous les deux plané sur ce 8e de finale retour, pas au même moment, et pas avec la même réussite, l’aîné se chargeant de consoler le jeunot à la fin du bal sur RMC : « Mbappé est déçu, c’est normal, il avait envie de briller. Mais il est jeune, il a le temps… ». Quand même, quel panard de savoir qu’ils vont piétiner la concurrence au Qatar à l’automne. 20 Minutes départage les deux artistes du soir avec son objectivité légendaire

L’accueil des supporters ? Les chants pour Kylian, l’habitude pour Benzema

On avait beaucoup glosé sur l’accueil réservé à Mbappé avant le match, mais les supporters madrilènes ont su garder leur dignité. A l’échauffement, le nom de l’attaquant parisien a été salué sans plus, les sifflets se mêlant aux applaudissements. Puis le stade a rugi de plaisir quand Carvajal l’a envoyé bouler sur le premier contact du match le long de la touche. Ensuite, il faut le dire malgré la presse madrilène qui va vous faire croire que c’était l’ambiance d’une vie, le stade a surtout soupiré en silence pendant une heure, avant d’être transporté par cette fin de match improbable.

Pourtant, pas d’ovation particulière réservée à  Benzema, ni de chant à sa gloire. On peut comprendre qu’Ancelotti n’a pas pris le risque de le sortir en cas de deuxième but parisien. Mais c’est dommage, parce qu’une soirée aussi mémorable aurait mérité une sortie en mode le Roi Lion, avec 60.000 spectateurs debout sur leurs sièges et un boucan du tonnerre pour fêter le capitaine et pompier permanent du Real Madrid depuis que CR7 a mis les voiles. Au contraire, c’est Mbappé qui a été fêté par le gros millier de supporters qui est resté pour fêter la victoire longtemps après la fin du match. « Kylian, viens à la maison », ou quelque chose comme ça.

Le triplé le plus complet ? Karim, tu peux pas test

Oui, les deux joueurs ont planté trois fois, même si la fusée Mbappé a été rattrapée par le col deux fois par l’arbitre assistant, dont une qu’on a vu venir assez clairement puisque c’était pile dans notre axe. Dommage, parce que ce passement de jambes instinctif pour éviter les grands compas de Courtois, on a cru revivre Pelé versus Mazurkiewicz il y a mille ans. Sa finition sur l’autre but refusé, un plat du pied sécurité merveilleusement placé, était proprette aussi, comme son action signature, le pied qui se ferme au dernier moment pour envoyer Courtois aux fraises sur l’ouverture du score.

Et Benzema ? Il s’est chauffé en première mi-temps avec sa spéciale à lui, la frappe enroulée du coin gauche de la surface, avant d’aller chaparder le ballon dans les pieds de Donnarumma sur l’action tant contestée par les dirigeants parisiens. Chapardeur, ça définit assez bien le match du Français. Son deuxième but est limite limite hors-jeu, après une frappe déjà déviée par Marquinhos juste comme il faut, et que dire du troisième, une reprise sans contrôler et sans réfléchir direct dans le petit filet opposé.

« Je crois que c’est l’un des plus grands joueurs du monde, le meilleur 9 peut-être avec Lewandowski en ce moment, s’est extasié Courtois. Je crois qu’il a montré pourquoi il devait peut-être gagner le Ballon d’or cette année. C’est un très grand joueur, un vrai capitaine, il a amené l’équipe vers la victoire avec ses buts et avec sa classe. »

L’emprunte madrilène ? Karim la légende, Mbappé le prochain

Quelques chiffres, quand même, pour raconter ce que représente Benzema au Real Madrid. 500 matchs, plus que 24 avant de dépasser Roberto Carlos pour devenir le joueur étranger à avoir porté le plus souvent la tunique merengue. 309 buts, Di Stefano désormais dans le rétroviseur, le prochain qui va se faire déposer sur l’aire de repos s’appelle Raul, rien de moins. Pas mieux que les quelques lignes de notre confrère de Marca pour compléter :

« Karim était déjà dans l’histoire du Real Madrid, maintenant c’est une légende. Oui, il est plus pour le Real que Cristiano. Il ne marquera jamais autant de buts que lui, mais il n’y a pas plus madridiste. Il n’a jamais quémandé une augmentation de salaire, ne s’est jamais plaint des critiques, de la concurrence, des mots de Mourinho. Aujourd’hui, c’est notre capitaine, et c’est le joueur décisif d’une nuit qui restera dans l’histoire. Don Karim Benzema »

Kylian Mbappé le rejoindra-t-il dans le livre des records de la maison ? On lui souhaite bien du courage, mais si on pouvait encore avoir un petit doute avant la double confrontation, il a disparu. Comment pourrait-on imaginer désormais une prolongation au PSG plutôt qu’une arrivée en fanfare au Bernabeu en juillet ? Guti, ancien capitaine du club, l’y voit déjà : « Kylian, ta maison t’attend. Tu as vu où est-ce qu’il faut être pour vivre des nuits comme celle-ci​ ». Ses parents aussi, qui ont tout vu depuis la tribune présidentielle, aux côtés de la délégation parisienne. Ils viendront bientôt plus souvent.