Real Madrid – PSG : Elimination impardonnable du PSG en Espagne, épisode 2

FOOTBALL Paris s’est liquéfié à Santiago Bernabeu, éliminé par un Real Madrid pourtant largement inférieur jusqu’à l’heure de jeu, puis porté par un immense Benzema

Julien Laloye
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Mbappé et Verratti n'ont pas pu éviter le désastre
Mbappé et Verratti n'ont pas pu éviter le désastre — Manu Fernandez/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Madrid,

Un nouveau chapitre dans la grande histoire des coulantes du PSG qatari en Ligue des champions. Pas aussi lamentable que l’inoubliable remontada de 2017, mais elle se pose là, la bougresse. Pourtant tout roulait jusqu’à l’heure du jeu, Mbappé faisait du petit bois, Madrid n’existait pas, et puis Donnaruma

Donnarumma, pourquoi ?

Dire qu’on allait l’écrire, les cons. Ecrire que le fatalisme qui escorte parfois le parcours parisien en Coupe d’Europe, vous savez cette croyance pas toujours sensée qu’il y a bien un truc qui va foirer à un moment, et ben elle n’avait pas trouvé le chemin de Bernabeu. Dix minutes à trembloter du popotin à l’entame, mais la sensation inexorable que ça allait faire 2 ou 3-0, le temps que Kylian chausse la bonne paire de lunettes. Et puis la couillade inexplicable. Donnarumma, pas un arrêt à faire jusque-là sur les deux matchs, qui se craque totalement sur un pressing pourtant pas si méchant de Benzema​, quoique peut-être entaché d’une faute.


1-1, vous me direz, c’était pas la fin des haricots. Mais on restera encore longtemps interdits du plongeon mental des Parisiens, ridiculisés comme des enfants sur la dernière demi-heure. Vinicius paraissait Pelé, Karim était devenu Cristiano, et Modric entamait une Benjamin Buttonisation express. Vague blanche sur vague blanche jusqu’à la lie. Et dire que ce Real était sans doute en dessous de City, Liverpool, ou le Bayern.

KB nueve, le roi

500e match avec le Real Madrid, triplé. Quand Karim s’en ira, parce qu’il n’est pas éternel, Il s’en ira comme une légende pour le peuple merengue. Tout là-haut avec Di Stefano, Gento, Raul, Cristiano, on vous laisse faire la liste. Par quoi commencer franchement ? Son pressing de dératé sur Donnarumma, sans lequel rien ne serait arrivé, sans doute ? Son appel à la limite du hors-jeu, tellement qu’on a cru qu’il l’était, sur la passe intérieure délicieuse de Modric ?

Non, plutôt cette sacoche incroyable en première intention après un ballon renvoyé comme au flipper, le troisième but d’une soirée que Benzema a pourtant d’abord regardé de loin, à l’image de ces deux têtes mollassonnes à la demi-heure. Mais son chef-d’œuvre de la deuxième mi-temps efface presque la performance elle aussi monumentale de Mbappé, intouchable pendant une heure malgré deux buts refusés parce qu’il avait mis en route un peu trop vite. Quelle boucherie ça va être de les voir ensemble au même endroit l’an prochain.

Foutu match aller

C’est facile de refaire l’histoire après le drame, évidemment, mais la Ligue des champions le montre chaque année : quand l’adversaire est à sa main dans son stade, il faut le pulvériser, parce que le scénario peut changer du tout au tout au retour, et pas besoin de la magie un peu forcée de Bernabeu pour ça. Encore que, on connaît le PSG, même avec trois buts d’avance et deux minutes d’arrêts de jeu, il est capable des pires cochonneries.

Cette nouvelle élimination n’a pas les mêmes airs de Waterloo que celle du Camp Nou il y a cinq ans à première vue, mais ça reste à prouver. Mbappé ne sera plus là dans trois mois, ou alors on ne comprend plus rien au foot, Messi et Neymar ont la vitesse d’une deux chevaux d’occasion, et il va encore falloir se retrouver un entraîneur tout neuf pour se faire croire que l’année prochaine, c’est la bonne en C1. Qui achète encore ces fadaises, franchement ?