PSG-Leipzig : « De notre point de vue, il y a une méthode claire », Pochettino défend son travail avant la C1

FOOTBALL L’entraîneur argentin, qui a révélé le forfait de Neymar, a été plus offensif que d’habitude ce lundi en conférence de presse, avant le retour de la C1

Julien Laloye
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Mauricio Pochettino en conférence de presse, avant le match contre Leipzig.
Mauricio Pochettino en conférence de presse, avant le match contre Leipzig. — Shutterstock / Sipa

La place est belle mais elle n’en finit pas de bouffer tous ceux qui tentent leur chance. Mauricio Pochettino n’a pas encore fêté sa première année sur le banc du PSG qu’il a déjà saisi l’essentiel de sa mission : laisser les stars de l’équipe décider de son sort et prendre le crédit là où il peut, en attendant. La placidité habituelle des confs d’avant-match – souvent un pensum avec lui –a été remplacée par une forme de volonté de s’affirmer plus que de coutume, ce lundi à la veille du match de C1 contre Leipzig.

Neymar touché aux adducteurs

Aussi, alors qu’il devait commenter le forfait de Neymar, légèrement touché aux adducteurs, l’entraîneur argentin s’est-il lancé dans une explication précise et utile sur le processus de décision au Camp des Loges, afin de rappeler clairement qu’il ne mettait personne sur le terrain sans le feu vert médical. Dont acte, si on en doutait.

On l’a vu aussi presque passionné quand on lui a demandé de juger son influence sur ce qu’on voyait dans le jeu, puisque ça va faire neuf mois, quand même, l’air de dire que de notre côté, on voit surtout le brouillard qui moutonne au ras du terrain.

« De notre point de vue, il y a une méthode claire et évidente. Vu l’évolution du projet depuis janvier, je crois qu’on peut être contents de beaucoup de choses qui peuvent être invisibles pour vous. Après, il faut analyser les circonstances et la complexité de notre travail, on a besoin de temps, comme plusieurs grandes équipes. Dans le cas de City, c’est un travail qui dure depuis six ans, et si on remonte plus loin, Ferguson est resté 25 ans à United, où il a mis sept ans à gagner son premier titre. Le projet ici est différent, mais tout mettre en place demande de la complexité ».

L’Argentin, habitué à imposer ses vues sur la durée à l’Espanyol aussi bien qu’à Tottenham, sait pourtant qu’au PSG, c’est une affaire de deux ans, trois max si ça se goupille bien. Alors il tente de donner des gages d’une progression dans l’identité collective que personne ne voit franchement. Et pour cause, en même temps, qu’il tente de faire valoir son investissement au quotidien, le staff sait qu’il est suspendu à ses trois stars de devant, parce que c’est comme ça qu’a réfléchi Doha.

« On peut être contents de beaucoup de choses depuis janvier »

Pochettino doit drôlement se mordre la langue, par exemple, quand il fait l’innocent sur la question des changements en cours de match ou la répartition des coups de pied arrêté : « On parle des meilleurs joueurs du monde, pourquoi on voudrait les sortir avant la fin, ce raisonnement ne me paraît pas logique. Les penaltys ? On est assez matures pour comprendre qu’on parle avec des joueurs de très haut niveau. Ils communiquent entre eux pour savoir qui a la capacité de prendre le ballon à un moment du match. Je ne pense que ce soit notre rôle de donner une hiérarchie ou un ordre des tireurs. C’est naturel pour nous, même si c’est peut-être difficile à comprendre pour vous ».

C’est-à-dire qu’on a connu le penalty gate, et qu’on ne croit pas trop à la main invisible qui régulerait le marché des grandes stars de ce jeu, surtout dans le même club. Pochettino, lui, continue de chercher l’équilibre. Agir dans les marges, et subir le reste. Personne ne l’envie, franchement.