PSG – OL : Pochettino a-t-il commis un crime de lèse-majesté en faisant sortir Messi à la 76e ?

FOOTBALL L’Argentin n’a pas vraiment apprécié d’être remplacé en cours de match par Mauricio Pochettino, dimanche soir, lors du choc face à Lyon

Aymeric Le Gall
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Le vent soufflait fort au Parc des Princes dimanche soir.
Le vent soufflait fort au Parc des Princes dimanche soir. — Alain JOCARD / AFP

Au Parc des Princes,

Depuis son canapé en cuir de vachette du côté de Doha, l’émir du Qatar et propriétaire du PSG Tamim ben Hamad al-Thani a dû avaler sa tisane de travers. Après avoir sorti le chéquier et épaté (ou dégoûté) la galerie en signant Leo Messi et en faisant la nique au Barça, celui-ci n’imaginait certainement pas voir son coach sortir son précieux à un quart de la fin d’un match – pas encore gagné – contre l’une des meilleures équipes du championnat de France. Et pourtant. Dix minutes après l’égalisation parisienne de Neymar sur péno, et alors que l’équipe semblait enfin sortir de la torpeur qui l’a accompagnée toute la seconde période, Mauricio Pochettino a osé le sacrilège. Couillu diront certains, suicidaires diront les autres.

La réaction de Messi, elle, ne fait aucun doute sur la manière dont l’Argentin a accueilli la nouvelle. Passé devant son nouvel entraîneur sans le regarder ni même lui taper dans la main, l’ancien blaugrana lui a ensuite adressé une moue significative avant d’aller s’asseoir sur le banc, sous les yeux hallucinés de son compatriote Leandro Paredes.

En conférence de presse, Pochettino a d’ailleurs semblé sortir les pagaies au moment d’expliquer son choix à un confrère espagnol de Marca qui venait de lui poser la question à 110 millions d’euros : « Tout le monde sait qu’on a de très grands joueurs, qu’on a un effectif de très grandes qualités, mais on ne peut pas jouer à plus de onze », a-t-il commencé par dire, sans qu’on voie très bien où il voulait en venir. Et l’Argentin de poursuivre, toujours bancal : « On doit prendre des décisions par rapport au bien de l’équipe. Parfois les décisions ont des conséquences positives, parfois non. Je suis là pour prendre des décisions. On doit prendre des décisions, ça peut plaire ou ne pas plaire ».

Messi dans tous les (rares) bons coups

Ce qui laisse songeur, c’est qu’à ce moment-là de la partie la Pulga ne paraissait pas à l’agonie physiquement. Son arrivée au PSG et sa préparation ont été gérées avec la plus grande prudence et, après une première entrée en jeu contre Reims avant la trêve internationale et sa première titularisation mercredi dernier à Bruges, il semblerait que l’Argentin en ait suffisamment sous le capot pour tenir 90 minutes. Surtout quand on voit la manière dont il se ménage à la perte du ballon, comme il le faisait déjà à Barcelone depuis des années. Relancé par notre confrère de Marca sur la réaction passablement agacée de son numéro 30, l’ancien boss des Spurs a expliqué qu’il lui avait simplement « demandé comment il allait ». Et que son joueur lui avait répondu « que ça allait, c’est tout. »

Jusqu’à cette 76e minute qui risque de faire parler au-delà des frontières de notre Ligue 1, l’ancien Barcelonais avait pourtant laissé une bonne impression. Outre son délicieux coup franc aux 25 mètres sur l’équerre d’Anthony Lopes, la Puce a laissé entrevoir par séquences une belle entente avec ses compères d’attaque, notamment en première période lors de quelques combinaisons frissons avec Mbappé et Neymar. Et si le PSG ne s’est pas créé beaucoup d’occasions, toutes sont marquées du sceau de l’Argentin.

Sur Prime Video après la rencontre, le consultant de luxe Thierry Henry se refusait de « commencer à polémiquer sur ce sujet ». La réaction du néo-Parisien nous pousse tout de même à envisager le contraire. Car si on ne connaît évidemment pas un joueur qui danse le sirtaki au moment de son changement, on parle tout de même là du GOAT de la profession. Du joueur qu’on ne remplace pas si LUI ne l’a pas décidé. Et si celui-ci choisit d’étaler ostensiblement ses états d’âme à son coach dès son troisième match, il n’est pas difficile de savoir lequel des deux aura l’oreille de l’émir. Reconnaissons au moins à Pochettino un certain goût du risque