JO 2021 – Judo : Fethi Nourine se dit « fier » d’avoir boycotté un adversaire israélien

JEUX OLYMPIQUES Le judoka algérien avait refusé d’affronté un adversaire israélien à Tokyo

W.P, avec AFP
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JO 2021, illustration
JO 2021, illustration — Stanislav Krasilnikov/TASS/Sipa /SIPA

Le judoka Fethi Nourine a été accueilli en héros à Alger, où il est rentré après avoir quitté les Jeux olympiques de Tokyo sur un forfait, ou plus précisément un boycott, celui de son adversaire israélien Tohar Butbul, par solidarité pour la cause palestinienne. Celui-ci s’en est dit « fier ».

Nourine a été suspendu par la Fédération internationale de judo (IJF) et son accréditation lui a été retirée. Il est rentré jeudi en Algérie. « J’ai été choqué quand j’ai vu que le tirage au sort m’opposait au judoka de "l’entité sioniste" (Israël), que je n’attendais pas, mais je n’ai pas hésité à prendre la décision de me retirer », a expliqué Nourine à son arrivée aux médias algériens.

« Cette décision m’honore »

« J’ai pris la décision avec mon entraîneur (Amar Benikhlef) et j’en suis fier », a affirmé le judoka algérien, accueilli à l’aéroport par une petite foule de sympathisants. « Cette décision m’honore d’abord et honore ma famille, le peuple algérien et l’Etat algérien, car le président Abdelmadjid Tebboune a déclaré que nous ne bénissons pas la normalisation (avec Israël) et que nous soutenons la cause palestinienne », a-t-il expliqué.

« Je suis heureux d’avoir mis en colère "l’entité sioniste" et d’avoir reçu des messages (de soutien) du monde arabe et islamique », a ajouté Nourine. Pour la Fédération internationale de judo, la décision du judoka algérien est « en totale opposition à la philosophie » de l’instance.

Une décision très commentée

L’IJF a « une politique stricte de non-discrimination et promeut la solidarité comme principe fondamental ». Ce n’est pas la première fois que Nourine se retire d’une compétition pour ces raisons. Il avait également agi de la sorte lors des Mondiaux 2019 de Tokyo.

Depuis son indépendance en 1962, l’Algérie a pris fait et cause pour « le droit des peuples à l’autodétermination », en particulier celui des Palestiniens, dont elle est un des soutiens historiques. La décision de Nourine, très commentée sur les réseaux sociaux, a déclenché des débats passionnés en Algérie.