JO Tokyo 2021 : Carabine, judo, escrime, nos paris sur la première médaille française de la compétition

OLYMPISME – La France n’a plus ouvert son compteur le premier jour depuis 2004 et les Jeux d'Athènes

Julien Laloye
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L'un de ces athlètes nous fera vibrer samedi, c'est écrit.
L'un de ces athlètes nous fera vibrer samedi, c'est écrit. — AFP
  • La France n’a plus remporté de médaille olympique le premier jour depuis l’édition 2004.
  • Beaucoup d’athlètes engagés samedi sont des outsiders qui ne partent pas avec les faveur des pronostics.
  • Les bonnes surprises pourraient venir du tir à la carabine, du tir à l’arc, de l’escrime et du judo.

De notre envoyé spécial à Tokyo,

Souvenez-vous Rio, ces défaites 15-14 à l’escrime par wagons entiers, la chute d’Alaphilippe au vélo, les éliminations précoces en judo, et ce compteur de médailles qui reste bloqué à zéro jusqu’au dimanche soir. Depuis Athènes en 2004, une paye, les Bleus sont rentrés fanny au village olympique le jour 1. Mais pour nos premiers JO sur le champ de bataille, on espère bien porter chance à la délégation française. Notre prono ? Ce sera réglé avant même le premier bol de chocapics du week-end.

Samedi matin à 4 h du mat : Océane Muller pour libérer tout le monde avant le réveil

Le diamant brut de cette équipe de France, et ce n’est pas une exagération médiatique. La Fédé, d’abord réticente à exposer la jeune fille (18 ans) dès cet été, a fini par faire une exception au vu de son immense potentiel en décidant de la surclasser au dernier moment. Bilan ? Médaille d’or à la carabine aux championnats d’Europe et qualif pour Tokyo. BIM. « C’est une promesse qui se réalise, mais on ne va pas lui mettre de pression supplémentaire. Ce serait trop tôt », prévient le DTN Gilles Muller. T’inquiète gros, on est là pour ça.

Ce qu’elle en dit : « Je suis sereine et j’ai toujours été sereine quelle que soit la compétition depuis que je fais du tir. J’ai juste hâte de commencer. Ça va jouer très serré, on a toutes un peu près le même niveau. Mon premier objectif, c’est de rentrer en finale dans les dix premières. Si j’y suis, tout ce que je voudrais c’est de monter sur le podium ».

Ce qu’on prévoit : Une jauge de confiance à mille à l’âge de se croire immortelle, qu’est-ce qui pourrait mal se passer ? D’autant que si on a cru un instant que Manu Macron pourrait faire un tour au stand d’Asaka, le président de la République a finalement opté pour le judo et le basket de rue. Pas de pression supplémentaire inutile, c’est parfait.

Samedi au petit-déjeuner : Robin des Bois fait tomber le shérif de Nottingham

Cinq ans après sa médaille d’argent au Brésil, notre chasseur de sanglier préféré Jean-Charles Valladont est toujours dans les parages pour guider la petite merveille Lisa Barbelin dans l’épreuve par équipe mixte. Ce n’est pas la médaille sur laquelle on compte le plus dans les instances, mais pour peu que le tirage aide un peu, qui sait.

Ce qu’ils en disent, by Benoit Binon, chef d’équipe : « La Fédération a revendiqué une médaille, aujourd’hui on arrive avec les arguments pour pouvoir en prendre une. Dire qu’on la prendra, maintenant… Disons que statistiquement on a toujours un peu plus de chance sur les médailles par équipe. Il faudra faire preuve d’opportunisme pour profiter de ce contexte un peu particulier ».

Ce qu’on prévoit : D’y être déjà, parce que depuis Kevin Costner qui dézingue des soldats avinés en lançant deux flèches à la fois, on a un petit faible pour la discipline. Pour le reste, soyons honnêtes, la médaille est très hypothétique. 

Samedi midi, à l’heure du repas : Shirine Boukli arrache le bronze au judo

La météorite du judo français a piqué la place de Mélanie Clément sur le gong en moins de 48kg. Championne d’Europe en 2020, elle a bluffé l’assistance en pliant la vice-championne du monde japonaise et la double championne du monde ukrainienne lors du Grand Slam de Tel Aviv. Un regret quand même, elle n’a pas confirmé suffisamment pour arracher une place de tête de série à Tokyo. Le genre de détails qui compte aux JO, où le tirage au sort lui a réservé l’Ukrainienne Bilodid dès le deuxième tour.

Ce que sa copine Romane Dicko en dit : « J’ai confiance en nous les filles, on va ramener sept titres à la maison, même huit avec l’équipe par équipe » ! Un peu optimiste mais pas dénué de bon sens : toutes les filles engagées chez les Bleus sont des médaillables potentielles.

Ce qu’on prévoit : Défaite logique contre l’Ukrainienne, puis parcours sans fausse note en repêchages jusqu’au match pour la 3e place contre la Mongole Munkhbat. Victoire par Waza-ari en prolongations, et zou sur la boîte.

Samedi début d’aprem : Boladé Apithy réussit le gros coup en sabre masculin

L’escrimeur dijonnais, qui marchait comme un avion en 2020, a dû digérer le coup dur de la non-qualification par équipes. Tous les potes du sabre ont décidé de raccrocher dans la foulée, et Apithy s’est tourné vers l’académie privée de Christian Bauer à Orléans, où il s’entraîne avec le Géorgien Sandro Baladzé, membre comme lui du top 10 mondial. Dans une arme où les 15 premiers se valent un peu près selon les spécialistes, Apithy peut aller au bout à condition d’être dans un grand jour.

Ce que son entraîneur en pense (Jean-Philippe Daurelle) : « Boladé est numéro 6 mondial, il a gagné deux des derniers huit grands tournois de la discipline, en sachant que sept de ses tournois ont eu lieu avant la pandémie. Maintenant, il était très en forme l’an passé, donc il n’y a pas de raisons de penser qu’il ne parte pas comme une balle pour faire une bonne performance et débloquer le compteur chez nous ».

Ce qu’on prévoit : Une victoire 15-14 en quarts de finale contre un américain histoire de s’offrir deux combats pour une médaille. Ensuite, advienne que pourra.

C'est comme ça qu'on veut te voir samedi, Boladé.
C'est comme ça qu'on veut te voir samedi, Boladé. - ROBERT MICHAEL / AFP

Dimanche chez belle-maman : Buchard délivre enfin la patrie

Nous n’en arriverons pas à telles extrémités, mais sachez toutefois que si la France triomphante devait oublier de sortir du lit samedi, il restera toujours Amandine Buchard​ et sa pancarte d’épouvantail dans le tableau féminin des -52kg au judo, où elle a même réussi à dégommer en 2019 la championne du monde en titre Uta Abe, réputée invincible. « L’objectif, c’est d’être championne olympique le 25 juillet, assume l’intéressée. Cette année, j’ai battu les dernières filles que je n’avais jamais battues. Ça donne confiance. Je peux me dire que qui que ce soit en face, j’ai la solution pour la battre ».