Girondins de Bordeaux : Un « cri de colère et de passion » des supporteurs devant la mairie pour dénoncer la situation du club
POPOPOPOPOPOLO•Les supporteurs se sont donné rendez-vous demain, samedi, devant la mairie de Bordeaux pour demander le départ des dirigeants du club, qu’ils jugent trop mercantilesM.P. avec AFP
A la veille du second tour des municipales, les supporters girondins se sont donné rendez-vous demain, samedi, devant la mairie de Bordeaux pour demander le départ des dirigeants du club, qu’ils jugent trop mercantiles. « Cela sera un cri de colère, un cri d’inquiétude, mais aussi un cri de passion », résument, exaspérés, les Ultramarines, principal groupe de supporters à l’origine de ce rassemblement qui se veut festif et populaire, avec port du masque recommandé.
Lancé il y a une semaine sous le hashtag #NouslesGirondins, ce « cri de colère » a reçu le soutien de milliers de supporters sur les réseaux sociaux ainsi que celui d’anciens joueurs de diverses générations. L’un des plus emblématiques, le défenseur Marc Planus, a dit sur une radio locale « ne plus reconnaître son club », évoquant « une ambiance délétère en interne ».
« Avoir une discussion formelle avec les propriétaires du club »
Le choix de la mairie de Bordeaux, qui perçoit des Girondins un loyer annuel de 3,75 millions d’euros pour l’utilisation du stade Matmut Atlantique, n’est pas anodin. Les deux principaux candidats du 2e tour, le sortant Nicolas Florian (LR) et l’écologiste Pierre Hurmic, soucieux de la crise qui touche le club en cette période électorale, sont montés au créneau dernièrement. Ils ont dénoncé l’un et l’autre l’image dégradée du club, propriété exclusive du fonds d’investissement américain King Street depuis décembre 2019 et l’éviction de GACP, dont le représentant Frédéric Longuepée et son directeur chargé de la billetterie Antony Thiodet suscitent la défiance depuis des mois.
Mi-mai, Nicolas Florian avait demandé à « avoir une discussion formelle avec les propriétaires du club » et non plus avec le président Longuepée. Ce dernier avait répondu que le maire « est en campagne, comme d’autres », ajoutant qu’une rencontre avait déjà eu lieu pendant près d’une heure entre Nicolas Florian et Daniel Erhmann, représentant de King Street.
« Je lui ai envoyé une lettre de six pages détaillant la stratégie du club et l’engagement résolu de King Street. Je pense que King Street lui rappellera très bientôt par écrit », a poursuivi le dirigeant.
Une gestion axée sur le marketing
Depuis des mois, ces dirigeants et leur gestion axée sur le marketing au détriment du sportif, font l’unanimité contre eux et inquiètent. Les Girondins (12e de L1), c’est « un club de football, pas une marque ou une entreprise de divertissement », lançaient les Ultramarines dans un communiqué en novembre. En ligne de mire notamment : la politique de billetterie, qui avait raréfié les sièges pour doper les prix.
Les supporters s’étaient même invités au Haillan, reprochant aux nouveaux dirigeants de n’être « qu’une virgule honteuse d’une glorieuse histoire ». Puis leur colère s’est accentuée avec la fermeture de leur « virage sud » après l’interruption du match contre Nîmes quand ils se sont massés en bordure de pelouse. Ils ont déployé à plusieurs reprises des banderoles hostiles à King Street et à ses représentants dans des lieux emblématiques de la métropole.
Notre dossier sur les Girondins
Enfin, pendant le confinement, ce groupe a diffusé des bandes sonores, les « Girondins Leaks » mettant en cause certaines pratiques compromettantes des dirigeants du club. L’un reconnaissait avoir fait travailler des salariés pendant la crise alors qu’ils se trouvaient au chômage partiel total ; l’autre évoquait un futur « numéro de claquettes » lorsqu’il devra se rendre début juillet devant la DNCG, le gendarme financier de la Ligue. Avant ce passage, le déficit annoncé des Girondins est compris entre 40 et 50 millions d’euros.


















