Girondins de Bordeaux : Les Ultramarines interpellent les candidats aux municipales sur la situation du club

FOOTBALL Les réponses sont très timides et sans engagement pour le moment

Clément Carpentier

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Les Ultramarines interpellent les candidats aux municipales.
Les Ultramarines interpellent les candidats aux municipales. — UGO AMEZ/SIPA
  • Après le maire sortant Nicolas Florian, les Ultramarines interpellent les autres candidats aux municipales sur la situation des Girondins.
  • Pour l’instant, en réponse, les supporters bordelais ont le droit à de simples tweets sans véritablement engagements.
  • Pendant ce temps-là, Frédéric Longuépée (le PDG du club) a envoyé sa propre lettre à la mairie de Bordeaux pour répondre aux inquiétudes et aux rumeurs.

Le combat continue. Les Ultramarines, le plus grand groupe de supporters bordelais, en guerre ouverte avec la direction des Girondins poursuivent leurs actions pour demander le départ de King Street, le fonds d’investissement américain propriétaire du club et de ses représentants comme Frédéric Longuépée le PDG du club. Ils s’appuient notamment pour ça sur les réseaux sociaux à travers le hashtag #KingStreetOut depuis quelque temps.

Mais ses membres comptent également profiter des élections municipales pour faire entendre leurs revendications. Début décembre, une délégation avait été reçue par Nicolas Florian, le maire sortant. Ce dernier s’était alors posé en médiateur, demandant notamment de mettre fin aux problèmes de billetterie. Les Ultramarines sont revenus à la charge ces dernières semaines en adressant cette fois-ci une lettre argumentée, à la mairie puis à tous les candidats, sur les raisons de leur mouvement.

De tweets pour réponse… Les supporters exaspérés

Pour l’instant, on ne peut pas dire que les Ultramarines ont eu plus de succès, à l’image de ces quelques tweets de Pierre Hurmic (Europe Ecologie Les Verts) ou Thomas Cazenave (La République en marche). « Les Girondins font partie du patrimoine de la ville mais il ne faut pas oublier que c’est une entreprise privée… », rappellent plusieurs proches des candidats. Depuis 2015, la mairie de Bordeaux ne verse plus sa subvention annuelle de 240.000 euros au club, mais a maintenu celle de 100.000 euros pour le centre de formation.

Si Nicolas Florian a annoncé avoir eu des garanties sur la pérennité du club lors d’une réunion avec un représentant de King Street, Pierre Hurmic propose « la création d’un conseil de surveillance et d’accompagnement composé de personnes qualifiées, reconnues, identifiées FCGB et garantes des valeurs du club, afin de contribuer à la réorientation de la stratégie du club vers plus de pérennité et de durabilité. » Concrètement, difficile de savoir ce que cela veut dire. Thomas Cazenave, lui, reste encore plus flou appelant juste « au dialogue » entre toutes les parties.

Finalement, les candidats sont surtout bien plus préoccupés par l’avenir du Matmut Atlantique et son PPP (partenariat public privé) entre ceux qui veulent le maintenir et ceux qui souhaitent le casser. Ce manque de réactions exaspère beaucoup les Ultramarines, à l’image de l’un de leurs porte-paroles, Florian Brunet :

« Il est ''amusant'' de constater que les candidats pensent manifester un certain intérêt à la situation des Girondins par de simples tweets… Nous leur demandons de s’engager et de le faire par écrit par un travail au moins à la hauteur du nôtre en y répondant point par point. Il est de leur responsabilité d’y apporter beaucoup plus d’intérêt. Le peuple bordelais aura de la mémoire. »

Longuépée a lui aussi envoyé sa lettre à la mairie

Au bout du compte, les seuls qui ont accordé pour le moment de l’attention à cette lettre, ce sont les premiers visés, les Girondins de Bordeaux. Comme l’a révélé France Bleu Gironde, Frédéric Longuépée a répondu à celle-ci par une autre lettre adressée à Nicolas Florian il y a quelques jours. 20 Minutes a pu la consulter. Le PDG du club, qui souhaite « apporter des réponses claires sur le projet et l’ambition » des propriétaires des Marine et Blanc, rappelle que King Street a effectué « un investissement important [110 millions d’euros] » en donnant « la priorité au sportif » avec le recrutement « d’un entraîneur, d’un staff technique et de joueurs de premier plan ».

Il revient également sur les rumeurs sur la situation financière des Girondins en insistant sur le fait que le club a obtenu « le feu vert de la DNCG (direction nationale du contrôle de gestion) ». Il annonce aussi que le système de billetterie va être modernisé dans les prochaines semaines « pour permettre plus de souplesse et de facilité pour les supporters ». Frédéric Longuépée réaffirme que l’objectif de remplissage du stade à 80 % d’ici 2024/2025 est « réalisable ».

Enfin, il tente de répondre à toutes les inquiétudes et rumeurs en affirmant être à la disposition du maire pour une éventuelle rencontre avec les supporters. Pas sûr que ce soit la volonté de ces derniers. Et apparemment, Nicolas Florian et ses concurrents ont d’autres priorités que les Girondins de Bordeaux…

Double dose de Girondins au Matmut Atlantique

Le club a annoncé que les joueuses de Pedro Martinez Losa qui réalisent une saison exceptionnelle en D1 Féminine auront les honneurs du Matmut Atlantique, le dimanche 15 mars contre Metz. Elles joueront en baisser de rideau de Bordeaux-Rennes à 17h.

Les places seront à neuf euros pour toutes les femmes et leur(s) accompagnant(s) pour les deux matches, dans toutes les catégories du stade. Au départ, toutes les places devaient être à un tarif unique (9 euros) pour Bordeaux-Rennes comme lors du premier match de la saison mais le club proposant une offre supplémentaire avec les filles, il a décidé de reserver ce tarif uniquement aux femmes et à leur(s) accompagnant(s).