Municipales 2020 à Bordeaux : Matmut Atlantique, Chaban-Delmas, piscines, skate… Les candidats se mettent au sport

POLITIQUE (5/7) Les candidats à l'élection municipale de Bordeaux donnent leurs solutions sur quatre dossiers chauds qu’ils auront à gérer en cas de victoire en mars

Clément Carpentier

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Le Matmut Atlantique, le stade Chaban-Delmas, la future piscine Gallin et un skateur à Bordeaux.
Le Matmut Atlantique, le stade Chaban-Delmas, la future piscine Gallin et un skateur à Bordeaux. — Mehdi Fedouach / AFP - S. ORTOLA / 20 MINUTES
  • ​Les municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2020. Chaque lundi, 20 Minutes abordera un thème de la campagne. Aujourd’hui, les infrastructures sportives.
  • L’avenir des deux stades de la ville fait beaucoup parler. Les candidats s’opposent sur la vente ou non du Matmut Atlantique mais ils se rejoignent tous sur la rénovation de Chaban-Delmas et de ses annexes.
  • Pour la pratique du skate, chacun a son avis sur la localisation d’un futur bowl alors que pour combler le manque de piscines, les idées ne manquent pas.

Ce lundi, les candidats à la mairie de Bordeaux enfilent leur maillot et leur short. Dans la dernière ligne droite de cette élection municipale, ils se livrent pour 20 Minutes sur quatre thèmes qui reviennent régulièrement sur le devant de la scène bordelaise et pourraient les faire suer à grosses gouttes :  Le Matmut Atlantique, le stade Chaban Delmas, la place du skate dans la ville ou encore le manque de piscines.

Si sur certains sujets ils s’opposent, sur d’autres ils se rejoignent. Ils prévoient notamment tous d'améliorer la parité femme-homme dans la pratique du sport au quotidien.

  • Vendre ou non le Matmut Atlantique ?

C’est sûrement le dossier qui cristallise le plus les oppositions notamment entre les deux favoris de cette élection selon les derniers sondages, Nicolas Florian (LR) et Pierre Hurmic (EELV). Le premier, maire sortant, ne souhaite pas pour l'instant toucher au PPP (partenariat public-privé) : « Nous, on n’est pas vendeur. Après, si le club veut l’acheter, on peut en discuter. Mais ce sera compliqué. Je rappelle que c’est le stade le moins cher de France. Si les Girondins veulent vraiment l’exploitation, pourquoi pas mais il faut voir dans quelles conditions. » Son adjointe aux Sports Arielle Piazza indique que « tout est en stand-by » aujourd’hui.

Le second veut lui « se débarrasser d’un stade qui coûte une fortune et mettre un terme à ce contrat » le plus rapidement possible. Son équipe étudie en ce moment le cadre juridique. « Qu’on ne vienne pas me dire que les Girondins ne peuvent pas payer leur outil de travail. Sur les 15 clubs de football les mieux classés à l’indice UEFA, 12 sont propriétaires de leur stade », explique Pierre Hurmic. Philippe Poutou (NPA-LFI)  est sur la même longueur d’onde : « Dès le départ, c’était un projet inutile et aberrant car il y avait d’autres priorités notamment sociales. »

Si Bruno Paluteau (RN) « souhaite le conserver », il « veut mieux l’exploiter et surtout diversifier son offre ». Même volonté pour Gilles Garçon, le candidat UPR (Union Populaire Républicaine) désire construire une piscine olympique ou un grand skatepark couvert et extérieur près du stade. Pour les autres candidats, il n’y a aucune décision de prise sur l’avenir pour Matmut Atlantique. La République en marche annonce qu’en cas de victoire de Thomas Cazenave, elle « regardera ça de très près et ne s’interdit rien sur ce PPP. » « On souhaite avant tout développer une offre sportive plus globale tout autour du stade », précise Marco Franchi. Pascal Jarti, candidat sans étiquette, lui, « n’exclut pas l’idée de le vendre ».

  • Quel projet de rénovation pour le stade Chaban-Delmas et de ses annexes ?

Après l’opposition, le consensus. S’il y a bien un sujet sur lequel tous les candidats se retrouvent, c’est celui du stade Chaban-Delmas : « Un fleuron de la ville », « une part du patrimoine de Bordeaux »… Ils sont tous très attachés à l’enceinte où se produit depuis quelques années l’Union Bordeaux-Bègles.

Construit en 1924, celui que certains appellent encore le Parc Lescure commence sérieusement à faire son âge. Ils souhaitent tous le conserver, l’entretenir et le rénover ainsi que la plaine des sports (tennis, piste, basket, gymnase…) qui l’accompagne. Cela passera pour la plupart (Poutou, Cazenave, Hurmic ou encore Garçon) par une concertation avec la population pour éviter le couac du projet d’Alain Juppé il y a quatre ans. Mais peu ont aujourd’hui un projet précis.

Delphine Jamet, élue d’opposition écologiste, évoque un projet pour les annexes du stade avec « l’idée de créer un grand parc en le reliant au jardin de la Béchade ». De son côté, Arielle Piazza soutien de Nicolas Florian annonce que la mairie « a reçu une proposition de réaménagement d’une partie du stade de la part de l’UBB très récemment. » Une proposition qu’elle « compte bien étudier en collaboration avec le club et Laurent Marti (le président) » en cas de réélection.

  • Où installer le bowl pour les skateurs ?

C’est l’un des sujets sensibles. Ou plutôt, c’était car de nombreuses choses ont été faites ces dernières années (horaires, médiateurs) pour faire cohabiter les habitants et les skateurs bordelais. Mais ces derniers espèrent obtenir de nouveaux équipements qui manquent encore en ville.

Le premier d’entre eux : un bowl (structure en cuvette). Et alors là chacun a un peu son idée. Le maire sortant réfléchit à la création d’un nouveau skatepark rive droite qui comprendrait ce bowl : « Cela équilibrerait cette pratique avec la rive gauche » pour Arielle Piazza. Les équipes de Thomas Cazenave (LREM) veulent des installations dans les 16 quartiers qu’il compte instaurer et verraient bien cet équipement à Bordeaux-Lac.

Un bowl (illustration).
Un bowl (illustration). - Miroslav Chaloupka/AP/SIPA

« Pourquoi nepas installer ce bowl à l’occasion de la rénovation de la plaine des sports du stade Chaban-Delmas », glisse-t-on du côté des écologistes. Enfin, Pascal Jarty, souhaite « créer un voire deux skateparks supplémentaires » alors que Gilles Garçon  veut lui « interdire la pratique du skate dans les lieux publics ».

  • Comment résoudre le manque de piscines ?

Comme la plupart des grandes villes françaises, Bordeaux manque de piscines. C’est un vieux serpent de mer. Si la rénovation de la piscine Gallin a enfin débuté, d’autres projets devraient voir le jour après l’élection municipale. La plupart des candidats à l’image de Nicolas Florian et Thomas Cazenave se rejoignent sur un point : il faut mieux utiliser les structures actuelles et notamment allonger l’amplitude horaire avec des ouvertures plus tôt par exemple. Ils sont aussi d’accord avec Pierre Hurmic (EELV) sur le passage de la piscine Stéhélin en bassin nordique. Ouverte seulement quelques mois aujourd’hui, elle le serait alors toute l’année. Pascal Jarty souhaite, lui, la « recouvrir et en construire une autre à côté pour les enfants ».

Il y a aussi chez plusieurs candidats ce projet de piscine flottante. Le maire sortant a l’idée de l’installer en bord de Garonne, les écologistes de Delphine Jamet la verraient plutôt aux Bassins à flot. Le RN avance de son côté être simplement « favorable à la construction de nouvelles piscines ».

Enfin pour ce qui est les grands événements sportifs à venir, Arielle Piazza qui souhaite un gymnase supplémentaire à Bacalan et à la Victoire et une plaine des Sports sur les quais ouverte lors des vacances scolaires et non seulement l’été rappelle que la ville est candidate pour accueillir le Tour de France en 2021 et 2022. La République en marche, en cas de succès le 15 ou 22 mars prochains, compte bien relancer l’idée d’un grand marathon à Bordeaux.

Lundi prochain, ne ratez pas notre sixème épisode sur les grandes infrastructures de transport.