Bordeaux-Lyon : Qui est Frédéric Longuépée, le nouveau patron des Girondins ?

SPORT Depuis l’éviction de GACP, l’ancien dirigeant de la FFT et du PSG a les pleins pouvoirs au club

Clément Carpentier

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Frédéric Longuépée, le PDG des Girondins de Bordeaux.
Frédéric Longuépée, le PDG des Girondins de Bordeaux. — NICOLAS TUCAT / AFP
  • Frédéric Longuépée est le PDG des Girondins de Bordeaux depuis quelques semaines. 
  • Reconnu pour son travail et ses résultats, l'ancien dirigeant du PSG est une personnalité difficile à apprivoiser. 
  • Homme de l'ombre, il est désormais en première ligne au club. 

De l’ombre à la lumière. Depuis quelques mois, Frédéric Longuépée est sous le feu des projecteurs. Nommé président délégué du club et référent opérationnel sur place lors du rachat des Girondins en novembre 2018 par les fonds d’investissement américains, King Street et GACP, l’ancien dirigeant de la Fédération Française de Tennis et du PSG a depuis le 16 décembre dernier obtenu les pleins pouvoirs.

Choix initial de King Street, il est désormais le PDG (Président Délégué Général) du club au scapulaire après l’éviction de GACP et de Joe DaGrosa. Malgré le conflit qui perdure avec les supporters, celui qui participa aux épreuves de gymnastique des Jeux olympiques de Séoul en 1988 est seul aux manettes. Il a le « soutien et la totale confiance » du propriétaire.

Un homme difficile à apprivoiser

Depuis son arrivée en Gironde, on ne peut pas dire que la vie de Frédéric Longuépée soit un long fleuve tranquille. L’acclimatation est compliquée. Il faut dire que l’ancien étudiant en commerce dénote. Très secret, difficile d’accès, il est décrit par beaucoup comme « distant et froid » au premier abord. Si pour certains, comme l'un de ses proches Antony Thiodet (responsable billetterie), ce n’est « qu’une posture professionnelle et qu’il est encore dans une phase d’observation », d’autres avouent avoir du mal :

C’est très difficile d’avoir sa confiance. Il reste très distant à part avec son cercle restreint (Heidi Verdet, James Moy, Thomas Jacquemier ou encore Nicolas Calo). Il n’est pas vraiment présent auprès des salariés. Il ne fait pas la ronde. La première fois qu’il a fait le tour des bureaux, c’était en novembre dernier sur les conseils de son chargé en communication. Il vivait un peu dans sa tour d’ivoire.

Lui se défend de cette distance, il préfère expliquer que sa position était très difficile vis-à-vis de GACP. Depuis, il tente de mettre de l’eau dans son vin. Frédéric Longuépée organise par exemple régulièrement des petits-déjeuners avec les salariés du club selon nos informations. Aujourd’hui, la situation semble s’apaiser en interne autour du nouveau patron.

Des compétences connues et reconnues

Dans le monde du sport, le PDG des Girondins est avant tout reconnu pour son travail. Partout où il est passé, il a eu des résultats. C’est notamment pour cela que King Street a misé sur lui. « C’est une pointure dans son domaine (générer des revenus). Dans le Top 3 en France. Il est très exigeant, très méticuleux… Ses résultats parlent pour lui » selon Antony Thiodet qui le connaît depuis près de 20 ans. Un ancien salarié du club explique la méthode « Longuépée » :

C’est quelqu’un de très rigoureux. Il prêche le travail. Dès que tu fais preuve de compétence, il relâche un peu la pression et te responsabilise. Mais il a encore du mal à déléguer.

En bon président, il souhaite tout contrôler et surtout attend des résultats de la part de ses équipes. Il se sait attendu sur ce sujet par son propriétaire, rappelle un dirigeant : « Ces gens sont nouveaux et pas forcément des experts en football alors pour le moment, ils veulent lui laisser sa chance notamment après le départ de GACP. »

Si la billetterie ne se porte pas trop mal, d’autres secteurs sont en dessous des objectifs selon nos informations. Mais beaucoup croient aux compétences de Frédéric Longuépée, même ses plus fervents détracteurs : « On ne veut plus de lui en tant que président. C’est clair et net. S’ils veulent à tout prix le garder qu’ils le mettent directeur général. Tout le monde dit qu’il est bon là-dessus au moins… », lâchait un membre des Ultramarines il y a peu.

Une communication a minima

Si ses qualités sont donc connues et reconnues dans certains domaines, le nouveau patron bordelais va devoir en développer d’autres. En premier lieu, sa communication. N’est pas Jean-Michel Aulas qui veut. Il faut par exemple savoir s’adapter au temps médiatique d’un club de Ligue 1. Et pour l’instant, ce n’est pas évident pour cet homme de l’ombre. Là aussi pour se défendre, il avance que sa position auprès de GACP ne l’aidait pas notamment dans le conflit avec les Ultramarines.

Si Antony Thiodet, lui aussi sous le feu des critiques, ne veut pas parler de maladresse sur ce sujet, il reconnaît quelques dysfonctionnements : « Je me mets dedans bien sûr mais on porte peut-être une part de responsabilité dans ce conflit. On était mal organisé avec un organigramme complexe pour tout le monde… ».

Aujourd’hui, Frédéric Longuépée est en première ligne. Il ne peut plus se cacher : « C’est vrai qu’il est différent de ces prédécesseurs. Mais tous ont eu des difficultés avec les supporters. Ce n’est pas une question de personne », rappelle l’un de ses collaborateurs. Sportivement, il compte s’appuyer de plus en plus sur Eduardo Macia, le directeur du football du club, avec qui il noue une relation forte et qui a toute sa confiance.

Car aujourd’hui, à part Paulo Sousa, personne ne parle aux Girondins de Bordeaux. L’entraîneur portugais, expert en communication, fait front mais un peu de soutien ne lui ferait pas de mal comme lorsque son équipe est éliminée piteusement en Coupe de la Ligue à Brest. Frédéric Longuépée affirme l’avoir bien compris. Il vaut mieux car aujourd’hui, il n’est plus un simple dirigeant mais le PDG des Girondins de Bordeaux avec les pleins pouvoirs. Un luxe mais surtout une immense responsabilité.