Girondins de Bordeaux : « La porte est fermée », le conflit s’envenime entre les Ultramarines et le club

FOOTBALL Le Virage Sud est resté complètement vide lors du match contre Saint-Etienne

Clément Carpentier

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Le Virage Sud est resté vide toute la rencontre face à Saint-Etienne.
Le Virage Sud est resté vide toute la rencontre face à Saint-Etienne. — NICOLAS TUCAT / AFP
  • Les Ultramarines réclament les démissions de Frédéric Longuépée, le président délégué du club et d’Antony Thiodet, le patron de la billetterie, après un an de tensions.
  • Le plus grand groupe de supporters bordelais a laissé son virage complètement vide lors du match contre les Verts, affichant simplement des banderoles.
  • Ses représentants refusent aujourd’hui de discuter avec les personnes incriminées et s’en remettent au copropriétaire des Girondins, Joe DaGrosa.

Il y a décidément toujours quelque chose qui ne va pas aux Girondins de Bordeaux. Même quand les résultats sont plutôt corrects (6e de Ligue 1) avec en plus un spectacle de qualité, ça gronde dans les tribunes. Et de plus en plus fort ! En effet, le conflit entre les Ultramarines et une partie de la direction du club a pris une nouvelle dimension dimanche lors du match face à Saint-Etienne (0-1).

Le Virage Sud est tout simplement resté vide toute la rencontre : « Ce n’était pas une grève mais un mouvement insurrectionnel », précise tout de suite Florian Brunet, l’un des porte-paroles du plus grand groupe de supporters bordelais. Après un an de tensions, les Ultramarines demandent les démissions de Frédéric Longuépée, le président délégué des Girondins et d’Antony Thiodet, le directeur « Stratégie Commerciale Stade et Réseaux » depuis notamment l’affaire dite de la « billetterie du Virage Sud ».

Longuépée « ouvert à la discussion »

Après les banderoles « Longuépée démission » et la grève des chants pendant dix minutes contre le PSG, les UB87 ont donc décidé de hausser encore le ton. Le club, lui, tente de désamorcer la situation et a publié samedi dernier un nouveau communiqué en rappelant ses engagements « pour un football populaire » et que ses dirigeants travaillent sur « un projet qui plonge ses racines dans l’histoire et la culture de l’institution des Girondins ».

Mais celui-ci a finalement eu l’effet inverse. Il a encore plus mis le feu aux poudres pour Florian Brunet : « On ne nous cite pas une seule fois, on nous rabaisse encore. Il y a du dédain envers nous. Franchement, la coupe est pleine et rarement le combat a fait autant l’unanimité chez nous. » Avant ce communiqué, Frédéric Longuépée avait proposé la semaine dernière aux Ultramarines plusieurs rendez-vous selon nos informations car il « est toujours très ouvert à la discussion sur ce sujet », confie l’un de ses proches à 20 Minutes.

De l’autre côté, on répond que « c’est trop tard, il n’y aura pas de retour en arrière, la porte est fermée ! ». La situation semble donc inextricable et peu importe si Paulo Sousa demande « l’union sacrée » autour du club et que le sportif en pâtit sur le terrain.

DaGrosa en première ligne

Face à l’enlisement du conflit, les propriétaires américains du club se retrouvent aujourd’hui en première ligne. Mais pour l’instant, chacun se refile la patate chaude. Depuis qu’il a réaffirmé son soutien à Frédéric Longuépée, il y a quelques semaines, le big boss Joe DaGrosa est resté muet.

« Il doit sortir du bois ! On est prêt à discuter avec lui comme avec Hugo Varela (son bras droit) ou Eduardo Macia (le directeur du football) car ils représentent le vrai FCGB. Frédéric Longuépée et Antony Thiodet construisent un second club autour du business. »

Si Florian Brunet reconnaît que les résultats à court terme existent (le taux de remplissage a augmenté de 20 % selon le club), il affirme que le club va se couper de sa base à long terme. A l’instant T, aucune nouvelle réunion entre le club et les Ultramarines est prévue. En attendant le prochain épisode, le groupe « réfléchit » à de nouvelles actions.