TFC : Antoine Kombouaré (déjà) critiqué ? La parole est à la défense

FOOTBALL Le nouvel entraîneur du TFC, actuel 18e de Ligue 1, est catalogué comme un technicien défensif

Nicolas Stival

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Antoine Kombouaré, alors entraîneur de Dijon, lors du quart de finale de Coupe de France au Parc des Princes face au PSG, le 26 février 2019.
Antoine Kombouaré, alors entraîneur de Dijon, lors du quart de finale de Coupe de France au Parc des Princes face au PSG, le 26 février 2019. — Lionel Urman / Sipa
  • Antoine Kombouaré s’assiéra pour la première fois sur le banc du TFC samedi au Stadium, contre Lille.
  • Chantre de la solidité et du combat sur un terrain, il est défendu par des témoins qui ont déjà travaillé avec lui.

L’épreuve du feu approche. Samedi soir, Antoine Kombouaré dirigera pour la première fois le TFC, triste barragiste de Ligue 1, lors de la réception de Lille. Ce jeudi, l’entraîneur de 55 ans, nommé lundi à la place d'Alain Casanova, n’a pas laissé filtrer d’indices sur la composition d’équipe, ni sur l’identité du capitaine (stop ou encore pour Gradel ?). Pas même sur le choix de sa tactique, alors que cet amateur de 4-4-2 se retrouve aux commandes d’un effectif taillé pour le 4-3-3, et un peu trop adepte à son goût des soirées portes ouvertes : après neuf journées, Toulouse a déjà encaissé 15 buts. Seul Monaco (19) fait pire.

« A partir du moment où l’on sera solide défensivement, j’espère que l’on sera capable de porter le danger, a martelé le technicien qui dirige le huitième club pro de sa carrière, son septième en France. J’ai envie que mon équipe marque des buts. » Des paroles calquées sur celles tenues mardi lors de sa première conférence de presse au Stadium, dont les réseaux sociaux ont surtout retenu le fameux « Il faut retrouver le goût de mettre des tampons, se faire respecter ».

S’il ne promet pas forcément des soirées samba tous les 15 jours au Stadium, ce discours hormonal a rappelé de bons souvenirs à Gervais Martel. « Antoine, c’est un bon gars, témoigne son ancien président à Lens (de 2013 à 2016), au sortir d’une partie de golf, leur passion commune. Il est aussi très rigoureux, il sait faire grimper ses joueurs au rideau. Cela allait très bien dans un club comme le nôtre. Et je pense que c’est le mec idoine pour Toulouse. »

« Un charisme impressionnant »

60 km plus loin, José Saez partage le même avis. « Quand j’ai su que Casanova quittait Toulouse, j’ai dit à mes collègues : "vous verrez, c’est Antoine Kombouaré qui va aller là-bas" », s’amuse l’icône de Valenciennes, que le technicien a dirigé de 2005 à 2009, avec une montée en L1 dès la première saison. Devenu aujourd’hui coordinateur sportif de VA, actuel onzième de L2, le Pantxi Sirieix du Nord continue l’hagiographie : « C’est un mec très droit, avec un charisme impressionnant. Il ne va pas rigoler, il dit les choses. Mais il protège ses joueurs. Tout se passe dans le vestiaire. »

Le milieu de Valenciennes José Saez face à un attaquant prometteur de Montpellier, le 10 décembre 2011 au stade du Hainaut.
Le milieu de Valenciennes José Saez face à un attaquant prometteur de Montpellier, le 10 décembre 2011 au stade du Hainaut. - Baziz Chibane / Sipa

Saez le reconnaît dans un rire : « j’étais un joueur sévère sur un terrain et Antoine est un combattant. » Les deux étaient donc faits pour s’entendre… Mais les mots et les actes de Kombouaré défrisent souvent les adeptes du « joga bonito », surtout quand l’efficacité de la méthode s’avère moindre.

La saison dernière, l’ancien défenseur et entraîneur du PSG a ainsi frôlé la double relégation. Après avoir été viré de Guingamp (dernier) en novembre, il a rejoint Dijon (18e) en janvier. Le club bourguignon a arraché son maintien en barrages, contre Lens. « Aujourd’hui, Guingamp est en L2 et Dijon en L1, réplique Martel, qui regrette encore le départ du technicien pour l’EAG, en 2016. J’avais dit que si on se retrouvait barragiste contre le DFCO, ce serait une catastrophe et c’est ce qui est arrivé. »

Quelle place pour les jeunes ?

« J’ai eu une très bonne expérience avec lui, assure sur France Bleu Occitanie Etienne Didot, acteur du naufrage guingampais la saison dernière. Il ne mâche pas ses mots, c’est ce que j’aime. » Et visiblement, tout le monde est logé à la même enseigne, selon Saez. « Que tu aies 17 ou 35 ans, il te traite de la même manière… »

De quoi rassurer peut-être certains Pitchouns du groupe élite toulousain, qui craignent de humer encore moins l’atmosphère de la L1 avec Kombouaré que lors des derniers mois de l’ère Casanova… A ces suspicions d’anti-jeunisme, l’intéressé rappelle qu’il a dirigé le centre de formation du PSG pendant quatre ans (1999-2003), alors que Martel dégaine les exemples de Benjamin Bourigeaud, Wylan Cyprien et Jean-Philippe Gbamin, lancés chez les Sang et Or par le Néo-Calédonien.

Au final, à quoi doivent s’attendre les fans du TFC qui se déplacent encore au Stadium ? Ils ne vont pas forcément se lever de bonheur dix fois par match, mais la vérité est ailleurs, pour José Saez. « Quand tu es supporter et que ton équipe gagne dix fois 1-0, où est la critique ? »