TFC : Alain Casanova menacé de mort, c’en était trop pour un entraîneur déjà fragilisé

FOOTBALL Après avoir été menacé de mort, Alain Casanova a quitté ses fonctions d’entraîneur du TFC ce jeudi. Le technicien était déjà en difficultés du fait de résultats sportifs en berne

Nicolas Stival

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Alain Casanova, ici lors d'un match de Ligue 1 à Nîmes le 21 septembre 2019, n'est plus l'entraîneur du TFC.
Alain Casanova, ici lors d'un match de Ligue 1 à Nîmes le 21 septembre 2019, n'est plus l'entraîneur du TFC. — Pascal Guyot / AFP
  • Alain Casanova a été menacé de mort sur les réseaux sociaux, ce qui a accéléré son départ du TFC, actuel 18e de Ligue 1.
  • Après un premier long mandat, de 2008 à mars 2015, le second aura été beaucoup plus court et bien plus compliqué pour l’entraîneur de 58 ans.

Parler d’un coup de tonnerre dans un ciel sans nuage serait très exagéré. Mais enfin, le départ d’Alain Casanova, effectif depuis ce jeudi, n’était pas attendu si tôt au TFC, malgré une piètre 18e place en Ligue 1, une série de cinq matchs sans victoire et un jeu de plus en plus inquiétant. Jamais le président Olivier Sadran n’avait tranché aussi vite dans la saison depuis sa prise de fonctions, en 2001. Mercredi, le désormais ancien entraîneur toulousain avait dirigé la séance comme à l’ordinaire, et préparé normalement le match amical programmé ce jeudi soir à Pau, face aux Espagnols d’Eibar.

Finalement, l'aventure redémarrée en juin 2018, après une première romance de 2008 à mars 2015, a pris brutalement fin jeudi matin, au terme d’une discussion avec Sadran. Casanova était (comme le président délégué Jean-François Soucasse, qui gère le club au quotidien) la cible des supporters depuis des semaines. La contestation avait encore gonflé lors du derby piteusement perdu à domicile contre Bordeaux, samedi (1-3), avec de nombreux appels à la démission descendus des tribunes du Stadium.

Mais certaines personnes ont franchi les limites de ce que pouvait supporter le technicien de 58 ans, passé par Lens (Ligue 2) de juin 2017 à août 2018. Ainsi, Casanova a été visé par des menaces de mort sur les réseaux sociaux. Cette dégradation du climat, qui rappelle ce que Bruno Genesio a vécu à Lyon, a convaincu le Franco-Espagnol, arrivé au TFC comme gardien de but en 1992, de la nécessité de tourner la page.

Un second mandat très compliqué

Le communiqué publié par le club évoque une séparation prise « d’un commun accord » entre les dirigeants et Casanova. Contactée, la direction n’a pas souhaité en dire davantage. Si les graves insultes ont accéléré les choses, la situation du technicien devenait de plus en plus compliquée dans son cœur de métier. Alors que l’ère Casanova 1 avait été marquée, dès ses débuts, par une qualification européenne voici dix ans (la dernière du TFC à ce jour), Casanova 2 aura été un échec : 16e place en 2018-2019, et 18e position après neuf journées cette saison.

Plusieurs joueurs, s’ils n’avaient pas lâché leur coach, regrettaient en privé le caractère répétitif des entraînements, mais aussi le manque d’intensité et de jeu lors des séances. En outre, le recrutement a priori qualitatif de l’été (Vainqueur, Koulouris, Saïd) n’a pas permis au club de se sortir d’une dynamique négative qui ne date pas d’hier. Depuis la neuvième position décrochée voici cinq ans (par Alain Casanova…), Toulouse n’a jamais fait mieux qu'une morne 13e place en 2016-2017 (avec Pascal Dupraz, l’homme de la remontada au printemps 2016).

Et maintenant ? L’intérim est assuré par Denis Zanko (55 ans), directeur technique du centre de formation. Un recours interne, comme l’avaient été Dominique Arribagé en mars 2015, après le premier mandat de « Casa », puis Michaël Debève en janvier 2018, après le départ de Dupraz. Le succès plus que mitigé de ces expériences, malgré deux maintiens arrachés, plaide pour une solution externe. Le TFC dispose d’un peu plus d’une semaine avant la réception de Lille en Ligue 1, le 19 octobre.

Quel successeur sur le banc ?

Forcément, les pistes fusent déjà, menant à des entraîneurs sans club comme Antoine Kombouaré, Jocelyn Gourvennec, Mickaël Landreau et Frédéric Hantz. Le nom de ce dernier, au chômage depuis mai 2018 et la relégation du FC Metz, est souvent revenu du côté du Stadium dans un passé récent. Selon nos informations, le challenge proposé par le club phare de sa région natale intéresse l’Aveyronnais de 53 ans.