Coupe du monde féminine: Favori, le Japon? Alors il va falloir montrer bien plus que contre l’Argentine

FOOTBALL Les finalistes de la dernière édition n'ont pas su emballer la rencontre face à un adversaire plus faible techniquement

Nicolas Camus

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Le Japon a été tenu en échec par l'Argentine pour son entrée en Coupe du monde (0-0).
Le Japon a été tenu en échec par l'Argentine pour son entrée en Coupe du monde (0-0). — Anna Gowthorpe/BPI/REX/SIPA
  • Le Japon, un des favoris de la compétition, a été tenu en échec par l'Argentine lundi soir au Parc des Princes. 
  • Largement supérieures techniquement, les Japonaises n'ont jamais réussi à emballer le match. 
  • Elles devront absolument battre l'Ecosse lors du prochain match pour ne pas avoir de mauvaise surprise lors de cette phase de poule. 

De notre envoyé spécial au Parc des Princes,

C’est le premier gros raté de cette Coupe du monde. Après les entrées en lice réussies – à divers degrés – de la France, du Brésil, de l’Allemagne, de la Norvège et de l’Angleterre, le Japon est le premier des favoris-gros outsiders à se prendre les pieds dans le tapis. Lundi, au Parc des Princes, les finalistes en titre se sont heurtées à la muraille érigée par l’Argentine (0-0). Un couac qui pourrait peser, dans un groupe où il leur reste à affronter l’Angleterre et l’Ecosse.

« Nous avons peut-être pris cette victoire pour acquise, car l’Argentine est une nation qui est très loin au classement Fifa [37e contre 7e], reconnaît Asato Takakura. La sélectionneure, tout en flegme lors de la conf’d’après match, était sûrement en train de bouillir à l’intérieur. Même si elle est en cours de renouvellement et n’a plus sa force de frappe des années précédentes, son équipe reste une valeur sûre du football mondial. Sauf qu’on n’a rien vu de tel sur le terrain.

Face à des Sud-Américaines venues pour garer le 36 tonnes et se jeter à corps perdu sur chaque ballon, les Japonaises n’ont jamais su emballer la rencontre. Tout était mou et téléphoné. Le très léger sursaut de la seconde période ne suffit pas à relever la note globale. « J’ai senti mes joueuses stressées, notamment hier [dimanche], relève Takakura. L’atmosphère dans le stade était bonne, il y avait beaucoup de monde [25.000 personnes] et on s’était préparées à ça, mais j’ai l’impression qu’elles ont été dépassées par tout ça. C’est pourquoi elles ont été inhibées au début. »

Ok, mais niveau expérience, les Japonaises, championnes d’Asie l’année dernière, étaient tout de même mieux armées que leurs adversaires. Et il n’y avait pas que les jambes flageolantes qui n’allaient pas dans cette entrée en matière. La milieu Hasegawa était trop seule à tenter des choses pour réussir à marquer. Le manque de liant offensif a sauté aux yeux. « On n’a pas assez pris de risques, regrette la sélectionneuse. Je leur ai dit, à la mi-temps, de mettre plus d’énergie, d’emballer la rencontre. Mais nos attaques ont été insuffisantes. »

« Oublier ce match »

Pour que ce faux pas ne remette rien en cause pour la suite, il va falloir absolument battre l’Ecosse, vendredi. Une sélection qui a montré une belle résistance face aux Anglaises et qui n’aura rien à perdre. Le match piège par excellence, quoi, avec en plus la pression du résultat. « Il faut oublier ce match, estime Asato Takakura. C’est derrière nous maintenant, il nous en reste deux, il faut penser à nos forces et à comment trouver un meilleur équilibre entre la défense et l’attaque. »