Stade Rennais: Quel effectif pour la saison prochaine après la qualification pour la Ligue Europa?

FOOTBALL Plusieurs joueurs sont très courtisés, mais le club breton dispose d’arguments pour le mercato

Manuel Pavard

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Hatem Ben Arfa aux côtés de François Pinault après la victoire en Coupe de France.
Hatem Ben Arfa aux côtés de François Pinault après la victoire en Coupe de France. — J.E.E / SIPA
  • Le Stade Rennais a remporté samedi soir la Coupe de France, en battant le PSG au terme des tirs au but.
  • Au-delà de la joie apportée aux supporters, cette victoire ouvre les portes de la Ligue Europa pour la saison prochaine.
  • Un atout pour le club afin de garder ses meilleurs éléments

En remportant la Coupe de France, samedi, face au PSG, le Stade Rennais n’a pas seulement mis fin à une disette de 48 ans et enflammé toute une ville. Cerise sur le gâteau, les Rouge et Noir ont en effet décroché par ce biais leur ticket pour la phase de groupes de la Ligue Europa. Après les émotions vécues cette saison sur la scène européenne, ne pas jouer la prochaine C3 aurait été considéré comme un semi-échec, ou en tout cas comme une vraie frustration.

Mais pour le club breton, cette qualification européenne constitue surtout un argument sportif et financier de poids pour bâtir un effectif compétitif lors du prochain mercato, autant pour retenir ses éléments les plus courtisés que pour attirer des recrues potentielles.

Ben Arfa évasif sur son avenir

Parmi les dossiers les plus chauds se trouvant sur la table des dirigeants rennais, figure bien entendu celui de la star Hatem Ben Arfa. Le meneur de jeu, qui s’était engagé pour un an, plus un an en option, avec le Stade Rennais, s'était montré assez évasif sur son avenir ces dernières semaines.

La participation à la Ligue Europa faisait bien sûr office de condition sine qua non à une prolongation de l’ancien Niçois. Reste à connaître la position de Ben Arfa lui-même, maintenant que cette qualification est entérinée. On le sait, l'enfant terrible du football français a toujours marché à l'affectif. Et à voir ses yeux humides, samedi, au moment de célébrer la victoire avec ses supporters, on jurerait que le joueur se plaît dans sa ville d'adoption.

Un atout dans la manche des Rouge et Noir donc, mais rien n’est encore fait. Ben Arfa a en effet la cote en Liga où les deux clubs de Séville – dont le Betis, épaté par le milieu offensif lors de leur confrontation en Ligue Europa – le suivent de près. Et son salaire rennais pèse indéniablement sur les finances du club. Avec 400.000 euros brut par mois, selon L’Equipe, celui-ci serait ainsi nettement supérieur aux rémunérations de ses coéquipiers, Clément Grenier, deuxième plus gros salaire de l’équipe, émargeant par exemple à 280.000 euros brut.

Niang souhaiterait rester

Clément Grenier justement a également retrouvé une seconde jeunesse en Bretagne, à un poste plus reculé au milieu. Et lui aussi a botté en touche au moment d’évoquer son futur, dans une interview à France Football, à quelques jours de la finale. Sous contrat avec le SRFC jusqu’en 2021, l'ex-Lyonnais liait entre les lignes une poursuite de l’aventure rennaise à une éventuelle qualification européenne. La tendance le concernant serait plutôt à l’optimisme, selon certaines sources internes.

Viennent ensuite les situations des deux internationaux sénégalais de l’effectif rouge et noir, tous deux très sollicités. Prêté par le Torino avec option d’achat, Mbaye Niang souhaiterait rester à Rennes, où il « prend du plaisir » et est « épanoui », a-t-il déclaré à Ouest-France. L’intérêt du club est réciproque, mais reste à s’entendre avec le club italien, l’option d’achat de 15 millions d’euros étant jugée trop élevée par le staff breton.

Interrogé sur le sujet en zone mixte, après la finale, le président rennais Olivier Létang a confirmé ces discussions : « Participer à une compétition européenne amène des ressources supplémentaires. On en a déjà parlé avec ses conseillers, Mbaye leur a fait part de sa volonté de rester au Stade Rennais, on va en reparler tranquillement dans les jours qui viennent. »

Un bon de sortie pour Bensebaini

Également très courtisé, son compatriote Ismaïla Sarr, lié au club jusqu’en 2021, plaît beaucoup à l’étranger, notamment en Premier League. Interviewé par L’Equipe avant la finale, il avait laissé planer le mystère : « Si le président me dit "tu pars", je pars. S’il me dit "tu restes", je reste. » La balle semble dans le camp du club, qui doit peser le pour et le contre. Dans un bon jour, le feu follet sénégalais peut dynamiter n'importe quelle défense. Mais Sarr, plus irrégulier ces dernières semaines, représente aussi la plus grosse valeur marchande du Stade Rennais, qui aurait bien du mal à résister à la force de frappe financière des clubs anglais. 

Il faudra enfin gérer les cas des joueurs en fin de contrat, comme Mehdi Zeffane ou Edson Mexer. À 30 ans, le défenseur mozambicain réalise sans doute la plus belle saison de sa carrière et fait partie des révélations de L1 à son poste. Si des discussions ont été entamées en vue d’une prolongation, aucun accord n’a cependant été conclu pour l’instant.

L’idée générale pour le Stade Rennais est donc de conserver le maximum d’éléments en vue de la saison prochaine. Seul le latéral gauche algérien Ramy Bensebaini, encore excellent samedi soir, dispose théoriquement d’un bon de sortie. Olivier Létang l’a rappelé dans une interview au Figaro, indiquant que Bensebaini « aurait la capacité de pouvoir partir » en cas « d’offre intéressante ». Mais la qualif’pour la C3 va-t-elle changer la donne ?

Un gardien ciblé pour le mercato

Quant au recrutement, il est encore trop tôt pour en dévoiler les contours. Si François Pinault a promis ce lundi, sur RTL, de « continuer à investir », Olivier Létang a néanmoins tenu à rester prudent dimanche, dans Téléfoot : « Pour l’année prochaine, il y a des règles à respecter, comme le fair-play financier et la DNCG. Vous ne pouvez pas dépenser l’argent que vous ne générez pas. Donc on ne peut pas faire n’importe quoi », a-t-il prévenu.

On sait toutefois que le staff rennais a ciblé quelques renforts potentiels : un meneur de jeu ou un neuf et demi en cas de départ de Ben Arfa, un ou deux ailiers selon les décisions de Sarr et Niang, et surtout un gardien, Tomas Koubek, malgré sa bonne finale, ne semblant pas avoir donné pleinement satisfaction.

Parmi les noms cités, on a notamment évoqué Benoît Costil – dont le retour à Rennes revient régulièrement sur le tapis – ainsi que le gardien nîmois Paul Bernardoni et, plus étonnant, le portier du grand rival nantais Ciprian Tatarusanu. Mais de ce côté-là, on n’en a pas fini avec les rumeurs…