Coupe de France: Coup de sang de Mbappé, colère de Neymar, et larmes de Al-Khelaïfi, le PSG a très mal vécu la défaite

FOOTBALL Le Français s’est fait expulser alors que le Brésilien a perdu son calme en tribune avant de critiquer ses coéquipiers

Julien Laloye

— 

Neymar, le 27 avril 2019 au Stade de France.
Neymar, le 27 avril 2019 au Stade de France. — Martin BUREAU / AFP

Au Stade de France,

Merci aux Parisiens de nous laisser le choix pour illustrer leur fin de saison en chute libre, la pire de l’ère QSI avec un seul titre en poche. A ma gauche le mbappétage de plomb de Kylian, à ma droite le manque de self-control de Neymar, qui s’en prend à un idiot en tribunes dans une scène filmée qui n’apportera rien de bon à sa réputation, avant de flinguer ses jeunes équipiers sans raisons.

Mbappé, l’incompréhension

Dans l’ordre, donc, le carton rouge de Kylian Mbappé. Au moins une bonne nouvelle pour le Français, on est fin avril, et il se retrouve en vacances plus tôt qu’un prof de fac. Toujours appréciable de pouvoir partir au soleil avant que les familles nombreuses ne viennent gâcher le paysage. La conséquence de ce geste incompréhensible, une semelle kung-fu sur le genou de Da Silva, qui ne pouvait déboucher sur autre chose qu’un rouge direct, avec la suspension qui va avec. 5 matchs au bas mot, pile ce qui reste à jouer au PSG cette saison.

Le club parisien va prendre une telle marée dans la figure dans les jours à venir que le cas du jeune champion du monde a de petites chances de passer entre les gouttes, d’autant qu’il en a vu d’autres. On n’oubliera pas non plus que le meilleur buteur parisien avait dû quitter l’entraînement de vendredi à cause d’une douleur à un mollet, et qu’il a sans doute disputé la rencontre sans être à 100 %. Mais pour toutes les fois où on en dit du bien, il faut reconnaître qu’il a drôlement salopé la soirée parisienne. Des occasions ratées par wagon, jusqu’à ce plat du pied sur le poteau en prolongation qui aurait pu sauver son match et la fin de saison parisienne. Et puis ce geste, incompréhensible, comme cette réaction de Neymar en montant à la tribune officielle pour recevoir la médaille de consolation.

La drôle d’attitude de Neymar

Alors qu’un gros malin parmi les spectateurs se permet des commentaires pas finauds à chaque joueur parisien qui passe tout en les filmant avec son téléphone, le Brésilien est le seul à réagir, après qu’il a entendu quelque chose comme « apprends à jouer au foot ». S’en suit un très bref échange puis une petite claque du Brésilien. Rien de bien méchant, mais le signe tout de même que Neymar apprend assez peu des leçons que la vie lui enseigne, quelques heures après avoir pris trois matchs de suspension en Ligue des champions à cause d’une insulte contre l’arbitre de Manchester sur les réseaux sociaux.

Autre bizarrerie, l’attaquant parisien est le seul à être venu s’exprimer devant les micros. Uniquement en brésilien, certes, mais cela a duré longtemps (5 minutes, une éternité en zone mixte), et il n’a pas gardé sa langue dans la poche le bougre. On n’a pas tout compris en dehors de quelques phrases rassurantes sur son état de santé après 120 minutes à se faire labourer les chevilles gaiement, mais tous les sites brésiliens ont repris avec appétit ses critiques sur le vestiaire parisien, et notamment les plus jeunes

« Il faut qu’on soit plus unis dans le vestiaire. Certains doivent être plus intelligents, principalement les plus jeunes. Ils doivent montrer plus de respect quand l’entraîneur ou quand les joueurs qui ont un peu plus de bagage et d’expérience parlent. Quand j’étais jeune, j’essayais de respecter les plus anciens, eux doivent faire la même chose ».

De qui veut parler le Brésilien ? Nkunku, peut-être, coupable d’avoir envoyé son penalty plus haut que Sergio Ramos ? Ce serait injuste pour le jeune milieu tricolore qui n’a pas beaucoup compté cette année. Et injuste pour tous les Titis globalement, sachant qu’ils n’étaient pas sur le terrain contre MU, Guingamp, ou Rennes, pour ne parler que des soirées les plus glorieuses de la saison parisienne.

Tuchel montré du doigt ?

Cette sortie déplacée du Ney, dont on espère au moins qu’elle ne visait pas Mbappé, ce serait un comble, dit beaucoup de l’état de nervosité du PSG à tous les étages de l’institution. Si certains ont tenté d’aller saluer des supporters excédés, comme Kimpembé ou Marquinhos, ils se sont vite arrêtés, échaudés par les insultes et les pétards descendant du virage réservé aux parisiens. Tuchel, qui a une nouvelle fois donné la sensation de subir les évènements quand le match s’est compliqué, se contentant de prier très fort pour que le talent du duo Neymar-Mbappé suffise, est apparu assez désemparé en conférence de presse

« C’est dur de dire que nous ne sommes pas fragiles mentalement. A 2-0, on manque un peu de consistance et de conscience pour faire le nécessaire pour aller marquer le troisième et le quatrième but. On n’a pas assez réalisé qu’il y avait 2-1 et pas 3 ou 4-0. On n’est pas cliniques, pas assez tueurs, on n’est pas assez attentifs aux détails. Ma part de responsabilité ? Elle existe bien sûr, mais c’est difficile de réfléchir là tout de suite ».

Quant à l’arlésienne Nasser Al-Khelaïfi, rien à ajouter de plus que d’habitude. Le président parisien, qui a serré les dents en tribune officiel au moment de saluer Ben Arfa et les Rennais n’a pas eu un mot pour les plumitifs. Certains assuraient dans les entrailles du SDF qu’ils l’avaient vu les yeux rougis, et que le staff lui avait déconseillé de renter dans le vestiaire, de peur qu’il ne dise quelque chose de fâcheux. Si c’était pour ordonner à Paredes de retourner en Russie et de rendre l’argent du transfert, il aurait pourtant fallu ouvrir la porte.