VIDEO. Coupe de France: «Une statue ou une place au nom de Julien Stéphan»… Le peuple rennais exulte après le sacre tant attendu

FOOTBALL Des dizaines de milliers de supporters ont acclamé ce dimanche les Rouge et Noir, de retour à Rennes avec la coupe

Manuel Pavard

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Malgré la pluie, des dizaines de milliers de supporters ont accueilli et ovationné les joueurs rennais, ce dimanche, à leur arrivée sur l'esplanade Charles de Gaulle. Lancer le diaporama
Malgré la pluie, des dizaines de milliers de supporters ont accueilli et ovationné les joueurs rennais, ce dimanche, à leur arrivée sur l'esplanade Charles de Gaulle. — M. Pavard / 20 Minutes
  • Les joueurs du Stade Rennais étaient de retour à Rennes ce dimanche, au lendemain de leur victoire en finale de Coupe de France face au PSG.
  • Malgré la pluie, des dizaines de milliers de supporters sont venus acclamer leurs héros.
  • Après 48 ans sans titre, la joie des supporters bretons était à la hauteur de leurs longues années de frustration.

« La pluie ? Ça fait 48 ans qu’on attendait ça, ce ne sont pas quelques gouttes qui allaient nous empêcher de faire la fête aujourd’hui. » Alain, 71 ans, est venu en famille de Mauron (Morbihan) avec sa fille et ses deux petits-fils de 7 et 9 ans, tous en maillot rouge et noir.

« En 1971, j’étais étudiant à Villejean et on avait célébré la victoire en Coupe de France jusqu’au bout de la nuit. Depuis, je n’ai jamais cessé de supporter le club et je désespérais presque de revivre ces moments-là. Je n’aurais loupé ça pour rien au monde », ajoute-t-il, visiblement ému.

« Je n'avais jamais vu mon équipe de cœur remporter le moindre trophée »

Bravant la pluie - le crachin breton, corrigeront les plus chauvins -, des dizaines de milliers de supporters se sont donné rendez-vous sur l’esplanade Charles de Gaulle, puis sur la place de la Mairie, ce dimanche après-midi, pour acclamer les joueurs du Stade Rennais, de retour à Rennes au lendemain de leur succès en finale de Coupe de France face au PSG.

Pour beaucoup, ce titre fait un peu office de récompense après de longues années, voire décennies, de frustration. Ainsi, Patrick, débarqué de Rouen avec son fils, « ne pouvait pas manquer cette fête. J'ai moins de 48 ans, donc je n'avais jamais vu mon équipe de cœur remporter le moindre trophée, souligne-t-il. On tient notre revanche, ça fait trop plaisir. »

« Alors, c’est qui les losers ? »

Alban et Cédric, trentenaires originaires de Rennes mais vivant désormais à Paris, ont, eux, fait le déplacement depuis la capitale après avoir assisté au sacre breton dans les travées du Stade de France. « C’est historique bordel, j’ai plus de voix, j'ai trop crié hier soir », s’exclame le premier nommé, le visage encore cerné par la fête et les excès de houblon de la veille. Il savoure déjà à l'avance les futures piques destinées à ses collègues de travail parisiens, ce lundi matin : « Alors, c'est qui les losers ? »

« Nous qui avons la trentaine, on n’avait jamais vécu de telles émotions avec le club que cette saison, poursuit Cédric. Déjà, la Ligue Europa, le déplacement à Séville, la victoire contre Arsenal chez nous, c’était énorme... Mais alors là, c‘est vraiment la consécration. Il faut dresser une statue pour Julien Stéphan ou renommer une place à son nom ! »

« Après avoir vu ça, on peut mourir tranquille »

Une dizaine de mètres plus loin, Cynthia, 22 ans, et son frère James, 19 ans, ont les yeux encore rougis par l’émotion. Des larmes de joie et de tristesse mêlées. « Cette coupe, on la dédie à notre père qui nous a quittés il y a deux ans, explique la jeune fille. C’était un grand supporter du Stade Rennais et il aurait rêvé de vivre ça. »

Encore légèrement éméchés, Sylvain et sa petite dizaine de potes, qui descendent leur « énième binouze » depuis samedi soir, n’ont toujours pas dormi. Tant pis, si la fatigue commence à se faire sentir, cette liesse générale « vaut bien quelques heures de sommeil en retard », estime l'étudiant en Staps. Les jeunes supporters enchaînent les éloges envers leur « nouveau dieu Julien Stéphan » et tous les héros rouge et noir, avec une mention spéciale pour Ramy Bensebaini que Sylvain qualifie carrément de « Maldini algéro-rennais ».

Et pour conclure ce week-end gravé à jamais dans leur mémoire, son ami Jérémy se rappelle au bon souvenir de Thierry Roland, un certain 12 juillet 1998. « Après avoir vu ça, on peut mourir tranquille », assène-t-il, tandis que la pluie redouble d'intensité. Mais pas de quoi décourager les quelque 60.000 personnes (selon les chiffres de la mairie) massées sur les deux places de la ville ce dimanche... Car comme le dit un fameux proverbe breton, « en Bretagne, il ne pleut que sur les cons » !