Open d’Australie: Djokovic est-il celui qui va aller chercher les 20 titres de Federer ?

TENNIS Le Serbe a détruit Nadal en finale à Melbourne et remporté son quinzième titre du Grand Chelem (6-2, 6-3, 6-3)…

J.L.

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Papa Djokovic et son septième trophée de l'Open d'Australie.
Papa Djokovic et son septième trophée de l'Open d'Australie. — PAUL CROCK / AFP

Promis, plus jamais on ne se moquera des conférences de presse d’après-dérouillée de Richard Gasquet face à Djoko et de son légendaire « on a quand même joué deux heures » un jour à Roland. Parce que même l’immense Rafael Nadal, l’homme qui plierait tous les héros Marvel au bras de fer au peti-déj, a bien failli ne pas tenir deux heures, dimanche en finale de l’Open d’Australie. Alors que le monde entier s’attendait à une bataille de titans entre les deux Transformers du circuit, le pauvre Nadalito s’est fait démembrer sans avoir jamais pu prendre le service du Serbe (6-2, 6-3, 6-3). Un score d’une violence extrême, que l’Espagnol a mis sur le compte de son manque de préparation.

« Il a joué de manière fantastique, mais pour être honnête, je n’ai pas été capable d’avoir ce petit ''extra''. Physiquement, je n’en ai pas été capable. J’ai joué un tennis fantastique durant ces quinze jours, je n’ai pas souffert. Je revenais de cinq mois sans compétition et je n’ai pas pu avoir le petit plus, nécessaire pour être compétitif à ce super haut niveau. A l’entraînement, je n’ai pas pu travailler le jeu défensif autant que je le voulais. Et contre Djokovic, j’avais besoin de ce jeu défensif pour avoir une chance d’être offensif ».

Djokovic détient les trois derniers Grands Chelems

Fort bien Rafa. Mais on passe un peu à côté du sujet qui nous intéresse là. Alors que le petit monde du tennis bruissait de voir l’Espagnol revenir à deux petits Grands Chelems de Federer en cas de succès en Australie (20 pour le Suisse, 17 pour Nadal du coup), voilà que le danger arrive de derrière à tout barzingue. Djokovic, qui était meilleur au yoga que sur un court il y a encore huit mois, vient de claquer Wimbledon, l’Us Open, et l’Open d’Australie, sans perdre un set en finale à chaque fois ! Le Serbe en est à quinze Grands Chelems, désormais c’est le plus jeune du trio, et sans doute le seul à pouvoir gagner aussi bien à Melbourne, qu’à Paris, Londres, ou New-York, quand, pour donner un exemple, Nadal n’a gagné qu’une fois en dehors de Roland-Garros depuis 2013.

Sampras est déjà derrière

Les confrères ont évidemment flairé le poisson, commençant par lui demander ce que ça faisait de dépasser Pete Sampras et ses 14 titres, record qui paraissait hors de portée à la fin des années 90. « Surpasser Sampras, je reste sans voix. Ça motive de faire l’histoire de ce sport ». Et pour ce qui est de la suite Novak, un autre record en vue, genre la barre des 20 peut-être ?

« Combien d’années ai-je encore à jouer ? Je ne sais pas. Je n’ai pas envie de penser trop à l’avance. Je vais juste me concentrer à essayer de faire progresser mon jeu et maintenir mon attitude pour être capable d’être compétitif au plus haut niveau. Et éventuellement m’approcher du record de « Rodgeur ». C’est encore loin ».

C’est encore loin, c’est entendu. Mais Federer n’est pas éternel, il raccrochera grand max après les JO de Tokyo en 2020, et Nadal est plus fragile qu’un verre en baccarat. Surtout, le n°1 mondial a déjà surmonté la phase de dépression du grand champion qui s’interroge sur le sens de la vie après avoir tant gagné il y a deux ans. « Je ne veux pas paraître arrogant, mais j’ai toujours cru en moi. C’est probablement le plus grand secret de mon succès. Se visualiser comme un vainqueur, essayer de rester dans un état d’esprit positif ». L’état d’esprit s’égare un peu, parfois, sur des premiers tours sans intérêt, mais en deuxième semaine, l’homme de fer est de retour. 15 petites fautes directes contre Pouille et Nadal réunis. Il aura donc le droit d’en faire 16 à Roland au printemps pour être raccord.