Tournoi de Bercy: Mais qui est ce Pepe Imaz, le «gourou» présent aux côtés de Djokovic?

TENNIS Le numéro 1 mondial est venu à Bercy sans ses deux coachs, mais accompagné d'un ami avec qui il travaille sur ses émotions...

A Bercy, Nicolas Camus

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Novak Djokovic au Masters de Bercy, le 1er novembre 2016.
Novak Djokovic au Masters de Bercy, le 1er novembre 2016. — J.E.E/SIPA

On ne sait pas encore si c’est la grande révolution dans l’entourage de Novak Djokovic, mais ce qui se passe à Bercy est plutôt intrigant. Pour la deuxième fois seulement, après Miami en mars, le Serbe, qui attaque son tableau mercredi face à Gilles Muller, n’est pas accompagné par ses deux entraîneurs, Boris Becker et Marian Vajda. « L’équipe est très grande. Les personnes que vous voyez y appartiennent également. Ils viennent avec moi en accord avec tout le monde », a éludé le numéro 1 mondial à son arrivée à Paris.

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On n’en doute pas. Seulement, parmi le staff qui l’accompagne depuis le début de semaine, une tête ressort plus que les autres. Et on doit dire qu’elle pique notre curiosité. Il s’agit de celle de Pepe Imaz, un ancien joueur de tennis qui a créé une académie pour enseigner son sport grâce à « l’Amour et la Paix ». Une sorte de gourou, pour faire court, même si ce terme veut dire tout et son contraire. En tout cas, Djoko est accro. Jusqu’à laisser ce dessin sur une porte de vestiaire lors du tournoi de Madrid en mai.

Quelle que soit sa fonction, c’est la première fois que l’Espagnol est présent de manière si ostentatoire en compétition. La relation entre les deux hommes ne date pourtant pas d’hier. Cet article du quotidien régional espagnol La Rioja publié en 2014 le présente comme « l’homme clé de la préparation de Djokovic au niveau émotionnel ». Et ce depuis deux ans, déjà. Ils se sont rencontrés lorsqu’Imaz a soigné Marko, le frère de Novak tombé en dépression quand il a compris qu’il ne ferait pas carrière.

La relation s’est toutefois intensifiée depuis juin, quand le Serbe a commencé à ressentir une grosse baisse de tension après sa victoire à Roland-Garros. Les deux hommes sont aujourd’hui très proches, le numéro 1 mondial n’hésitant pas à s’afficher aux côtés de son ami lorsqu’il tient des conférences.

Voir évoluer Djokovic et Imaz ensemble à Bercy a quelque chose de mystique. Mardi, lors de l’entraînement du Serbe, on pouvait observer son coach fermer les yeux de très longues secondes et prendre des respirations très prononcées. Avant de faire faire la même chose à son poulain. On n’aura (pour l’instant ?) pas plus de détails sur la méthode. L’Espagnol glissera juste, avant de quitter le court, un « I’m in love with him » (« Je l’aime ») du plus bel effet.

Novak et Pepe en pleine séance.
Novak et Pepe en pleine séance. - Canal +

Ce n’est évidemment pas un hasard. « Amour », « simplicité », « partage », « paix », voilà les mots qui inondent ses discours. « Être heureux, ça commence par s'aimer soi-même et se respecter », assène-t-il dans ses interventions. Sur son site Internet, un slogan: « Nous croyons réellement que l'Amour est est la façon dont il faut vivre sa vie ». Ses grands principes ?

  • Toujours serrer une personne dans ses bras pendant au moins 25 secondes avant de la quitter, « parce que c’est à partir de ce moment-là qu’on se sent une autre personne ».
  • « Profiter du moment présent » plutôt que penser déjà à l’après.
  • « Toujours encourager les enfants ». Doudou à l’appui.

Imaz a publié quelques essais, dont les titres en disent long sur son engagement. L'envie de gagner et l'amour, L'autre chemin, La grande vérité... Autant de manifestes destinés à ceux qui le veulent bien. En plus de celle de sportifs, L'Espagnol aurait l'oreille d'acteurs, d'hommes politiques, de chanteurs. Julio Iglesias est souvent cité. 

« Je ne fais pas de thérapies ou de choses de ce genre, assure-t-il dans le journal ABCdeSevilla, qui lui a consacré un portrait en août. Je partage juste mon expérience et explique ce qui a marché pour moi. » Il parle là de la manière dont il a « trouvé le bonheur » après avoir arrêté sa carrière de joueur à 24 ans, en pleine ascension.

Il aura tout de même eu le temps de disputer un tournoi du Grand Chelem, à Roland-Garros, en 1998. Au premier tour, il bat un Français, Jean-Baptiste Perlant. Ce dernier ne l’a pas oublié, d’autant que leur modeste statut (autour de la 150e place mondiale) les a amenés à se croiser régulièrement.

« Une grosse capacité à ne pas s’énerver » quand il était joueur

« C’était quelqu’un de très positif sur un terrain, qui ne cassait jamais de raquette, dépoussière-t-il. Il semblait capable de pouvoir prendre beaucoup de recul, avec une grosse capacité à ne pas s’énerver ». Vous le voyez venir le futur coach émotionnel ? Eh bien vous avez raison. « Il était aussi très ouvert en dehors du terrain. Les Espagnols, comme les Français d’ailleurs, se déplacent souvent en clan. Lui avait tendance à aller vers les autres ».

On espère qu’il le fera avec nous cette semaine, histoire qu’on en sache un peu plus sur cet étonnant personnage.