«On me prend pour un mec instable», quand Monfils s'invite à Bercy pour débriefer toute sa saison

TENNIS Le Français a convoqué la presse lundi soir, et ça a duré très longtemps...

A Bercy, Nicolas Camus

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Gaël Monfils en conférence de presse à Bercy, le 31 octobre 2016.
Gaël Monfils en conférence de presse à Bercy, le 31 octobre 2016. — MIGUEL MEDINA / AFP

Gaël Monfils ne jouera pas cette année à Bercy, la faute à des douleurs aux côtes. Mais ça ne l’a pas empêché de marquer le tournoi de sa présence. Lundi, il a convoqué la presse pour une intervention en début de soirée qui n’était pas prévue. De quoi s’agissait-il, alors ? « Il y a deux-trois points que j’aimerais aborder avec vous, sur ce qui s’est passé cette saison. Il y a eu beaucoup de choses dites, et je tiens à les clarifier ».

Et bim, nous voilà partis pour près d’une heure de débrief avec la Monf', venu avec Bernard Montalvan, le médecin de l’équipe de France - on n’avait jamais vu ça. Car évidemment, il a été beaucoup question de ses blessures. Mais pas que. Gaël avait envie de parler, d’être compris, pour une fois. On tente de résumer ça, en commençant par les choses qui fâchent.

>> Sa blessure au genou juste avant la demi-finale de Coupe Davis face à la Croatie

On se souvient de la polémique autour de lui et sa vraie-fausse blessure au genou, en septembre, et de la colère exprimée par le capitaine Yannick Noah après coup. « Il a deux problèmes, explique le Dr Montalvan. Au genou gauche, une tendinite avec fissures, depuis 2004. Au droit, une rotule bipartite, c’est-à-dire en deux parties qui bougent de temps en temps ». A Zadar, c’est le gauche qui était douloureux, conséquence de l’US Open.

Cela n’explique pas l’imbroglio avec Noah. La communication aurait pu être meilleure, non ? « L’accent a été mis sur le fait que j’avais trébuché, je ne sais pas pourquoi. J’avais mal avant, j’étais blessé, point, assure le joueur. Le capitaine a dû vouloir minimiser. Je prends la faute sur moi, ça aurait pu être plus clair. » Nooooon, faut pas dire ça. Il paraît que ça ira mieux l’année prochaine.

>> Sa blessure ici à Bercy, pour mieux préparer le Masters de Londres ?

Monfils n’a pas aimé que certains le soupçonnent de ne pas être si blessé que ça. Du coup, à force de détails, il a tenu à raconter comment il s’était fait mal en se jetant à terre lors du tournoi de Stockholm, le 20 octobre. « Je n’aurais pas dû », sait-il… En rentrant chez lui, il avait « du mal à respirer », il a appelé le docteur. Résultat des examens, « une déchirure du muscle oblique interne ».

>> Le virus « inexpliqué » à Roland-Garros

Vous vous souvenez du forfait surprise de Monfils pour Roland, à cause d’un virus ? Et qu’on lui en voulait un peu parce qu’il ne voulait pas dire ce que c’était. Et bien c’est parce qu’il n’en savait rien, promis juré. « Il a été hospitalité quatre jours, à partir du 15 mai. On a tout cherché, on n’a rien trouvé, raconte le Doc. Ça peut arriver. » « J’ai quand même perdu mes cheveux », ajoute la Monf', un peu traumatisé.

On vous passera l’histoire de la rechute avant Wimbledon (« j’ai décidé de jouer mais j’étais très faible »), les douleurs à Toronto, l’US Open. Cette heure passée avec Gaël, c’était comme une bonne partie de Docteur Maboule. Malheureusement pour lui.

>> Mais pourquoi TOUT raconter en fait ? 

C’est vrai ça… « J’ai l’impression que souvent, on ne me comprend pas, dit-il. Je trouve ça sympa de dire la vérité. Et puis on me prend pour une tête en l’air, quelqu’un d’instable. Mais je suis un sportif de haut niveau, bien entouré, qui fait des examens quand il faut. »

>> Le Masters de Londres

Ok, on a compris le message. On finira tout de même par le dernier tournoi de cette année, ce Masters qui réunit les huit meilleurs joueurs du monde à Londres à partir du 13 novembre. Ça ira malgré la déchirure aux côtes ? A priori, oui.

« On fait des soins de drainage, on commence la réathlétisation cette semaine et puis le tennis lundi ou mardi prochain », détaille le Docteur Montalvan… Que l’on a envie de croire. Monfils devrait donc pouvoir disputer son tout premier Masters de fin de saison. « Ma mère m’a dit qu’elle ne pensait jamais que je le ferai un jour. C’est comme si elle avait enfin pris conscience que oui, j’étais joueur de tennis, se marre-t-il. C’est comme si j’avais gagné Roland-Garros à ses yeux. » Vraiment, il avait envie de parler.